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 Chasseurs et chassés

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MessageSujet: Chasseurs et chassés   Mar 5 Aoû - 0:53

Le trajet en bateau lui avait parut infernal. De Ionia au Nord-Est de Valoran, plongée dans une immensité bleutée et sans possibilités de s'évader un peu, la renarde avait cru devenir folle. Plus d'une fois, elle avait senti la furieuse envie de voler l'essence de certains marins peu commodes, ou insultants. Ahri ne s'emportait pas souvent par rapport au comportement des hommes ; elle finissait toujours par les manipuler comme il lui plaisait et se vengeait d'eux sans trop de remords, peu importe leur vulgarité ou leurs manières dégoûtantes. Sauf qu'elle avait pris une résolution, pour éviter d'avoir cette insupportable morale qui lui rappelait sans cesse ses actes. Elle ne prendrait plus l'essence vitale de personnes n'ayant fait aucun mal. Et bien que ces marins soient malpropres et trop souvent bourrés, ce n'en était pas pour autant des criminels. L'effort avait été considérable, et elle s'était de nombreuses fois réfugiée à l'avant du bateau, sur une petite poutre où aucun des hommes n'était assez agile pour la suivre. L'air marin lui avait fait le plus grand bien, ainsi que la solitude toute relative de l'endroit.  Le pied posé à terre, il ne lui avait pas fallu plus de cinq minutes pour se réfugier dans la forêt la plus proche. Seulement, un détail crucial avait son importance : les forêts sur le continent de Valoran étaient loin d'être semblables à celle d'Ionia. Plus épaisses et sombres, tortueuses, et même parfois, dévastées. Ahri avait été surprise en contemplant le paysage désolé qui s'étendait aux abords des Cités-Etat. Jamais à Ionia une ville, aussi grande soit-elle, n'aurait autant ravagé l'environnement avoisinant. Mais il lui fallait bien cela, pour se rendre à Piltover. Puisque ses réserves d'essences vitales allaient devenir très limitées, la jeune femme espérait grandement que la technologie Hextech aurait réponse à son problème, ou tout du moins, une piste. Si l'avancée technologique ne lui permettait pas d'y trouver une solution, elle devrait se tourner vers des méthodes plus antiques. Le désert de Shurima et ses cités enfouies, ses vestiges perdus et pourtant épicentre d'origine magique lui paraissait un deuxième choix approprié. Leurs arts magiques, bien que censés être perdus, étaient sans doute bien plus avancés que ne le serait jamais ceux des humains. Peut être qu'un Champion originaire de cet endroit aurait pu l'aider, en souvenir du bon vieux temps. D'ailleurs, si Zilean était aussi vieux qu'il le prétendait, il lui faudrait à tout prix le trouver et l'interroger sur la question.

Perdue dans ses pensées, Ahri avait marché sans réellement faire attention à son cap. Depuis la côte Est, elle avait voyagé fugitivement au gré de ses envies, parfois en errant dans les rares restes naturels, parfois en clandestine pour se reposer. Sur ce dernier point, convaincre les marchands itinérants ou les voyageurs n'avait pas été trop difficile : personne n'avait su résister à ses charmes. Un tendre sourire provocateur se forma sur ses lèvres à ce souvenir. Peut être que le jeu de la séduction lui plaisait bien plus qu'elle ne se l'avouait. D'humeur taquine, elle bondit avec agilité sur un arbre, pour y rebondir vers une branche plus haute. Prendre de la hauteur pour garder son cap. Les montagnes qu'elle devait passer pour arriver à Piltover lui semblaient immensément grandes et pourtant très diversifiées. L'endroit était par moment rocailleux, difficilement praticable et même carrément dangereux, malgré le fait qu'elle soit une Championne confirmée, et d'autres fois plus verdoyants, avec des arbres légèrement penchés et hauts. Ils étaient plus durs et leur bois plus sombre que dans sa forêt natale, comme si l'environnement plus difficile avait eu de nombreuses répercutions sur la flore. Rien d'étonnant. La renarde était prudente sur la faune, se doutant que de nombreux prédateurs devait vivre dans le coin. Elle serait la chasseuse plutôt que la chassée, à coup sûr, mais si elle pouvait éviter des confrontations inutiles pour se rendre directement à destination, cela l'arrangeait grandement. Avec un léger soupir, la jeune femme redescendit quelque peu, fatiguée. Une petite sieste ne lui ferait sans doute pas de mal. Un coin légèrement creux au pied d'un arbre, mousseux, lui parut l'endroit idéal pour récupérer quelques heures. Une ou deux, pas plus... Ses longues queues s'enroulèrent autour de son corps comme une couverture, la protégeant des regards indiscrets des autres habitants et les intimidant. Peu commun était les animaux à neuf queues, et si les animaux d'Ionia étaient impressionnés, ceux d'ici le serait sans doute tout autant...

« Hmmpf...! »

Un long bâillement suivit son étirement opportun, la jeune femme se réveillant avec paresse. Son incomplète humanité avait éveillé en elle des désirs insoupçonnés, tel que la luxure ou justement, la paresse. Ses yeux d'ambre dévisagèrent son environnement avec curiosité, se situant à peu près dans l'espace et dans le temps. Un seul coup d'œil vers le ciel et un léger appel à son odorat furent suffisant pour comprendre qu'elle avait du dormir un peu plus d'une heure et quart. Se redressant rapidement, la renarde ouvrit les yeux pleinement, revigorée mentalement et physiquement. Son sourire se fit plus large et elle reprit sa route. Mais quelque chose, son étrange sixième sens qui l'avait un jour mené jusqu'à un soldat dont la vie s'échappait, lui faisait sentir qu'elle n'était pas seule. Extraire l'essence vitale d'un être lui était possible parce qu'elle la ressentait, quelque part, au plus profond d'elle-même. Et justement, quelque chose en possédait une, non loin. Alléchée par l'idée d'une proie potentielle, ses oreilles se dressèrent, à l'écoute du moindre bruit indiquant la position exacte de celui qu'elle chassait. Le vent soufflait légèrement, et son odorat lui rapporta l'étrange odeur de quelque chose proche d'un Yordle. Elle ne se souvenait pas avoir déjà extrait l'essence vitale d'un de ces petits êtres, principalement parce qu'elle était généralement très faible. Pourtant, cette essence ne correspondait pas à l'odeur de l'espèce. Curieuse, la jeune femme prit appui sur ses jambes et bondit en hauteur, se réceptionnant souplement sur une branche, ne provoquant qu'un léger bruissement de feuilles que le vent aurait lui même pu provoquer.

Il y avait deux règles fondamentales lors d'une chasse. La première, c'était de laisser croire qu'on n'était pas chasseur le plus longtemps possible. Si la proie ne se méfiait pas, l'approcher était plus facile. La deuxième règle, c'était que quand on frappait, il fallait le faire sans hésitation. Approcher une proie une deuxième fois était nettement plus difficile, à moins de l'avoir suffisamment amochée pour la poursuivre aisément. Avec une idée relative de la position de l'inconnu, la femme-renarde s'approcha de manière féline, jusqu'à entrapercevoir une petite silhouette à fourrure. Vu de loin, ça ressemblait plus à un animal... Ses orbites dorées se plissèrent, et il lui fallut plus d'agilité encore pour glisser silencieusement en bas et suivre sa proie à pas de loups. Furtivement, rapidement, elle se rapprochait toujours plus de cette essence délicieuse. Une petite alarme dans sa conscience sembla s'allumer, lui rappelant sa nouvelle résolution, le compromis qu'elle avait accepté. Mais elle le balaya d'un geste, ayant trop faim d'humanité. L'impatience la tuait, et pourtant, aussi rusée qu'elle puisse l'être, elle savait que chaque chose venait en son temps. Sans doute que son humeur jouait pour beaucoup. Renarde, ce genre de choses dépourvue d'une logique froide et imparable ne serait jamais arrivé. Elle se glissa dans le dos de la pauvre bestiole, pour mieux l'observer alors qu'une aura tentatrice s'emparait d'elle, ses yeux virant en une couleur rosée. Son Charme était prêt. En tout point, le petit être à fourrure brune ressemblait à un Yordle, si ce n'était sa longue queue touffue. Avait-il un diadème sur sa tête...? Rares étaient ceux qui portaient des bijoux... Son aura se dissipa lentement, alors qu'elle se rendait compte qu'une si petite créature n'aurait pas dû avoir tant d'essence vitale. Il... Il faisait quoi là ? Il chassait ? Ahri se stoppa dans ses gestes, puis fit remarquer d'un ton narquois :

« Tu devrais surveiller tes arrières, petit. »

Repassés à une couleur plus claire, ses yeux fixaient avec allégresse l'être stoppé dans ses occupations. Elle n'avait pas la prétention d'être parfaite dans ce domaine, mais son passé d'assassine dans la Faille lui avait été particulièrement utile pour se dissimuler avec plus d'aisance. Les bras croisés et ses neuf queues étalées comme on étalerait sa puissance, elle le regardait avec une attitude aussi douce qu'arrogante. Peut être qu'elle en tirerait quelque chose d'amusant...


Dernière édition par Ahri le Mar 5 Aoû - 3:03, édité 1 fois
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Hiroyuki Bihukaï
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mar 5 Aoû - 2:14

Le trajet avait été épuisant depuis le centre de Valoran. Il n'aimait pas se déplacer ainsi, mais il était prêt à tous les sacrifices pour son peuple. Il avait encore une douleur cuisante dans le dos. Les marques s'étaient sûrement agrandies. La fatigue qui l'accompagnait le taraudait, mais il ne pouvait pas dormir pour l'instant. Son ventre gargouillait terriblement. Heureusement, il pourrait prendre un peu de repos après la chasse. Il banda ses muscles et évalua la zone du regard. Son corps était encore légèrement tremblant alors qu'il analysait l'environnement. Les montagnes que les humains nommaient Ironspike étaient immenses. Non seulement recouvertes de rocaille, mais pour le plus grand bonheur d'Hiroyuki, de forêts. Les odeurs naturelles de cet endroit lui plaisaient. Ce n'était pas aussi vivifiant que sa terre natale, néanmoins. Des arbres d'une taille approchant celle du ciel parsemaient l'endroit de manière hasardeuse. Quelques énormes rochers jonchaient le milieu, couvert de mousse ou cassés. La vie était partout, il le sentait. La beauté visuelle de la nature ne lui apparut pas aujourd'hui. Le Doskai n'avait plus l'esprit voué à la contemplation. Il n'en avait plus les moyens. Son estomac lui rappela sa condition avec un bruit caractéristique. Ses pattes nues contre la terre finement moussue bougèrent. Il se permit d'avancer silencieusement, sa cape remuant doucement. Ses oreilles se levèrent instantanément à l'écoute d'un bruissement dans un fourré proche. Il ne fit plus aucun mouvement. Il fallait rester statique pour ne pas effrayer le petit gibier. Les animaux monstrueux que le Gouverneur chassait d'ordinaire avec ses frères ne demandaient pas tant de précaution. C'était souvent eux qui se jetaient sur eux, appâtés par leur petite taille. Hiroyuki se prépara  bondir et au moment où il s'élança, son corps fut secoué d'un spasme. Le petit bonhomme se retrouva à terre d'un seul coup. Le lapin à la fourrure brune s'échappa sans attendre, apeuré. Le visage du Doskai se figea en un masque de douleur. Il se mit à genoux lentement, retrouvant ses forces petit à petit. Son corps fut de nouveau secoué par un spasme violent. Il cracha du sang qui vint teindre la mousse en une jolie couleur écarlate. Réprimant un grondement de souffrance, il s'essuya la bouche. Quelle faiblesse. Il secoua la tête, refusant d'abandonner la partie. Il fit ce que Kat aurait fait. Il s'obligea à se lever.

Les oiseaux qui gazouillaient près d'ici s'envolèrent brusquement. Ce détail sembla lui échapper, car il ne tourna même pas la tête dans leur direction. Hiroyuki se força à respirer lentement, calmant son rythme cardiaque. Il toucha la pierre de son pendentif pour se donner du courage et avança. Il fallait trouver une autre proie, quoiqu'il lui en coûte. Essayant de reprendre ses vieilles habitudes de chasse, malheureusement aux mouvements rouillés et grinçant, il se camoufla derrière un tronc d'arbre mort. Posté en embuscade, il espérait entendre un son appétissant. Il ferma les yeux un bref instant puis fut soudain à l'affût. Il y avait eu un craquement. Un petit animal. Non. Deux. Il suffisait d'un petit bond au-dessus de cette petite bûche de rien du tout et il pourrait se restaurer. Il s'élança, sautant au mieux. Il fit face un instant aux deux lapins qui réagirent beaucoup trop vite pour lui. Ils détalèrent aussi vite que possible. Il les coursa mais se rendit compte bien vite qu'il n'y parviendrait pas. Il resta debout, les bras ballants, analysant les multiples douleurs que son corps lui pointait. Devrait-il se contenter de racines et de plantes comme depuis deux jours ? Il en avait bien peur. Il plaça une main sur son front. S'il utilisait ça maintenant, il allait s'endormir comme une masse. Il ne fallait pas. Il devait rester fort. Il souffla un grand coup et releva la tête.

« Tu devrais surveiller tes arrières, petit. »

La voix provenait de derrière lui. Le Gouverneur ne put que ressentir une honte encore plus grande que ce que ses piètres capacités actuelles lui faisaient rater. La remarque narquoise lui cingla les oreilles et il se retourna, le visage prêt à affronter son agresseur. Qui se trouvait être la femme la plus belle qu'il ait jamais vu. Des queues par centaine, par millier, par million. Elles débordaient de vie et chatoyaient de beauté alors que sa queue était terne. L'expression plus douce que menaçante qu'adoptait la femme acheva sa méfiance. Était-ce...une réincarnation d'Isaka ? Il resta bouche-bée, la dévisageant avec attention. Sa faim s'était évanouie, sa douleur était passée au second plan. Il esquissa un mouvement pour avancer vers elle mais se ravisa. Dans tous les cas, il ne fallait pas faire ça. Il secoua la tête pour reprendre ses esprits. Chassant sa fatigue, il exécuta un rituel insolite. Il plaça ses deux paumes en direction du ciel et les rapprocha de son abdomen. Il fit un mouvement d'ouverture, écartant ses deux mains du centre de son corps et les ramenant sur ses côtes, toujours les paumes en l'air. Il inclina ensuite légèrement la tête et ramena ses bras le long du corps. Il attendit une réaction de la part de la femme-renarde, mais elle sembla plus surprise qu'autre chose. Il fallait l'énoncer clairement pour être compris à Valoran. Il fit claquer sa langue dans sa mâchoire et articula tant bien que mal quelques mots.

«Aidez-moi...» fit-il avec une voix trop rauque.

Il toussa à la suite, mais cette fois ci, il ne cracha pas de sang. C'était tout ce qu'il avait trouvé pour traduire ce geste ancestral. Il espérait qu'elle avait compris. Il espérait qu'elle ferait quelque chose. Gardant au maximum son aplomb, il ordonna à son corps d'arrêter de trembler. Fermement campé sur ses pattes, il attendait la réponse de l'étrangère, bien que fort jolie, inconnue.
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mar 5 Aoû - 3:26

La petite boule de poil eut un geste absolument étrange et incompris de la renarde. Pourtant, elle était loin d'être bête, et l'idée même de ne pas savoir ce qu'il voulait l'irrita au plus haut point. Enfin, sa voix rauque lui demandait de l'aide, comme suppliante. La jeune femme haussa un sourcil, peu encline à fournir de l'aide à quelqu'un par pure bonté. Entièrement renarde, elle ne l'aurait sûrement aidé qu'après avoir posé de lourdes conditions et être sûre que cela ne se retournerait pas contre elle. Mais à moitié humaine, une voix lui réclamait de l'aider, de le sauver, de ne pas le laisser mourir là et prendre son essence vitale. Comme si son conflit intérieur se répercutait sur son corps, ses jolies queues s'agitèrent. Soupirante, elle fini par trancher la question de l'animal parlant. Soit. Elle l'aiderait.

« Que puis-je pour toi ? Je suis loin d'être une experte concernant les maladies, petit. »

Car il avait l'air malade, à tousser de la sorte. Elle jeta un œil aux alentours, tentant de retracer le parcours de l'autre. S'il chassait, il devait avoir faim, chercher une proie. Bien piètre chasseur, vu son état. Cela n'enchantait pas plus que cela Ahri de devoir prendre part à une partie de chasse improvisée, d'autant qu'elle n'avait aucune information sur celui qui la suppliait tant... En même temps, il lui serait redevable. Elle pourrait sûrement en tirer un service, une faveur. Plusieurs plans s'échafaudait déjà dans son esprit rusé. C'est donc avec un sourire dix fois trop tendre qu'elle porta son index à ses lèvres pour intimer le silence au petit.  Suite à cela, elle ferma les yeux. Autour d'elle, la forêt. Autrement dit, la vie. Il lui fallait se souvenir des sensations extrêmes de la Faille, où ses adversaires courraient librement dans la jungle. Ses oreilles s'agitaient légèrement, tentant de percevoir le moindre son. Ses neuf queues cessèrent toutes activités, la réduisant à une immobilité presque totale. Même sa respiration était plus faible, comme si elle la retenait légèrement. Plusieurs cibles semblaient probables, mais il lui en fallait une assez proche... Ahri rouvrit les yeux. D'un bond prodigieux, elle se dirigea droit sur un pauvre lapin, posté au mauvais endroit. Son orbe apparut avec violence, se dirigeant tout droit sur l'animal qui ne put que contempler la mort en face. L'orbe bleutée revint vers Ahri en traversant une dernière fois l'animal, absorbant son essence vitale. La jeune femme arracha l'énergie récupérée à l'orbe, qui se fondit en son propre corps. Pas grand chose, mais déjà mieux que rien. Elle ramassa le corps de l'animal sans vie et l'apporta au petit être poilu, lui qui avait si faim. Même elle avait entendu son estomac gargouiller lors de sa brève chasse. Maintenant, la contrepartie...

« Tiens. On entend ton estomac à l'autre bout de la forêt. Mange-le comme tu le préfères. Une fois restauré, j'aurais bien quelques questions à te poser, si tu n'y vois pas d'inconvénients. »

Et quoi qu'il arrive il n'y verrait pas d'inconvénient, ça, non. La renarde savait être persuasive quand cela l'arrangeait. Elle s'adossa simplement à l'arbre mort et se laissa glisser pour s'asseoir, ses queues venant naturellement l'entourer. L'une d'entre elle masquait désormais le bas de son visage, laissant ses yeux ambres à l'inquiétante lueur dévisager le presque Yordle. Affamé, hein... Perdue dans ses songes, Ahri se demandait bien comment un aussi petit bonhomme en aussi mauvais état avait pu survivre cinq minutes dans la nature. Pour elle, tout semblait si simple. Elle en venait, s'y fondait comme dans sa propre maison, et s'y faisait accepter. Lui aussi était très animal, il devait sans doute pouvoir en faire de même ; alors pourquoi ce n'était pas le cas ? Relevant les yeux vers la petite boule, elle lui fit un sourire amusé, taquin et presque... mauvais. Qui avait dit que la chasse était uniquement un sport physique ? Sa deuxième chasse commençait maintenant, avec les mêmes règles que la précédente. La différence, c'est qu'elle ne chassait plus pour se nourrir, mais qu'elle chassait l'information. Quand elle désirait se renseigner, les hommes qu'elle séduisait faisait une formidable mine d'informations en tout genre, confiant tous leurs secrets à leur amante mortelle. Une petite créature ne serait probablement pas dans les mêmes conditions, mais il existait bien des manières de s'occuper de quelqu'un pour savoir, la jeune femme le savait.

« Alors petit ? Rassasié ? Maintenant que tu es un peu plus en état, peut être pourras-tu m'expliquer pourquoi un être si petit se promène dans une forêt relativement dangereuse sans savoir y survivre ? »

Sa voix était doucereuse à un point presque ironique. Son sourire s'agrandit encore, alors que ses yeux dorés se plantaient dans ceux bleutés de la créature. Ses queues s'étendirent un peu plus, alors que ses bras enlaçaient son genou droit. Prête à utiliser son Charme à tout moment, Ahri attendit d'en savoir un peu plus sur sa tendre proie.
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Hiroyuki Bihukaï
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mar 5 Aoû - 10:53

La jeune femme-renarde était magnifique et bonne, de surcroît. Elle avait accepté de l'aider. Elle devait avoir compris son geste, après tout. C'est avec émotion qu'il sentit un soulagement traverser son corps frêle et trop maigre. Cette beauté n'était pas une des réincarnations d'Isaka, néanmoins, elle devait être envoyée par le ciel pour apparaître à ce moment de faiblesse intense. Il s'assit à même le sol, impatient de prendre un peu de repos.

«Je suis loin d'être une experte concernant les maladies, petit.»

Insinuait-elle qu'il fût malade ? Fadaises. Il fut pris d'une quinte de toux, secouant tout son corps douloureux. Le Gouverneur n'avait pas le droit de tomber malade. Ce n'était qu'un effet secondaire, un malaise passager. Fermer les yeux rien qu'un instant lui ferait du bien. Il se retint tout de même, ne voulant pas paraître impoli face à sa sauveuse. Cette dernière porta l'un de ses doigts à ses lèvres, dans un geste universel représentant le silence. Hiroyuki hocha la tête et se tut. Tremblant, il l'observa chasser à mouvements agiles, enviant son aisance. Sa façon de se battre était étrange, cela dit. Alors qu'elle sautait sur un lapin, un orbe était apparu. Elle lança l'objet magique dans la direction de l'infortuné et lui arracha la vie. C'était impressionnant comme technique. Cela ressemblait légèrement à la façon de se battre du Gouverneur de la Distorsion, mais il chassa cette idée. La chasseuse lui apporta sa proie et lui offrit. Le Doskai ne put que la remercier avec toute la chaleur qui lui restait. Il allait faire honneur à cette nourriture qu'il ne méritait pas. Son estomac s'agita d'excitation, n'attendant qu'une chose : pouvoir digérer le repas au plus vite. Hiroyuki se mit à genoux et toucha son pendentif du bout du doigt. Il intima une très légère pression sur le sol et soudainement une petite flamme d'origine magique apparut. Il prit le lapin par les oreilles et se concentra. Il devait simplement retirer le pelage avant de le faire rôtir. Le Gouverneur toucha la pierre de son diadème et effleura le lapin. En quelques secondes, la surface de sa fourrure gela. Cassant d'un coup sec la couche qu'il avait ajoutée, il révéla la chair nue. Il n'y avait aucuns poils restant et aucuns morceaux de viande laissés dans la fourrure. Au moins, si ses réflexes n'étaient pas au point, son esprit fonctionnait toujours avec facilité. Il se retint de croquer directement la bête entre ses mains et préféra l'accrocher pour le cuire. En attendant la cuisson, il joignit ses mains et ferma les yeux. Il pria pour sa sauveuse et pour ses frères, qui l'avaient encore aidé, même d'aussi loin. La femme-renarde l'observait, il le savait, mais elle ne pipa mot. Enfin à point, il dévora sans plus aucune retenue le gibier. Il détacha sa cuisse d'une pression ferme et brève. Quel délice. Quel fumet. Il plantait ses crocs dans la chair avec un enthousiasme non feint, révélant son côté le plus bestial. Il avait envie de survivre, plus que tout, il le devait. Il acheva le repas, n'ayant laissé que les os. Pas un morceau de viande ni de gras ne lui avait échappé. Il avait volontairement laissé de côté certains abats qu'il ne goûtait pas, comme le cœur et les reins. Il espéra que cela n'offusquerait pas la chasseuse. Cette dernière était farouchement plaisante aux yeux. Adossée à un tronc d'arbre, ses queues s'étalant avec grâce tout autour. Avec une queue dansant proche de son visage, elle lui lança un sourire étrange. Hiroyuki ne trouva pas le mot qui convenait à la description de cette expression insolite. La femme-renarde prit la parole.

« Alors petit ? Rassasié ? Maintenant que tu es un peu plus en état, peut être pourras-tu m'expliquer pourquoi un être si petit se promène dans une forêt relativement dangereuse sans savoir y survivre ? »

Honteux de sa faiblesse et de sa dépendance passagère, il baissa la tête. Les marques dans son dos le brûlèrent légèrement. Il n'en montra rien, gardant le peu de dignité qu'il lui restait. Le Doskai savait se déplacer dans la forêt, savait chasser, savait survivre. Il connaissait les codes inhérents à son habitat, s'appliquant dans le monde entier. Être faible au mauvais moment n'était qu'une des nombreuses façons de mourir chez son peuple. C'était bien parce qu'il désirait survivre qu'il avait remis sa vie entre les mains de la femme-renarde. Les Doskai s'entraidaient sans cesse, bien que rarement d'une façon aussi unilatéral. Parfois, nous avions juste besoin de quelqu'un pour nous sortir la tête de l'eau. Sans contrepartie, simplement par bonté et foi. La gratitude qu'Hiroyuki éprouvait envers l'étrange humaine était très élevée. La sensation d'un ventre plein était l'une des meilleures, par chez lui.

«Je vous suis reconnaissant.»

Il se tut un instant et se força à sourire. Sa sauveuse méritait le plus grand respect, de par son apparence et ses actes. Il trouva un moyen poli et déférent pour lui expliquer sa situation. Il venait du centre de Runeterra, un endroit à présent ravagé que l'on nommait "Institut de la Guerre". Hiroyuki cherchait des plantes médicinales de la région, comme décrit dans un des livres de la grande bibliothèque des invocateurs. Il n'avait pas eu l'autorisation de sortir les connaissances du bâtiment démesuré - et il le regrettait à présent. Il ne se fiait donc qu'à ses souvenirs et ses sens aiguisés. En aucun cas le Gouverneur ne tenta de justifier sa faiblesse. Son erreur était son seul fait et l'état de son corps était à l'effigie des soins qu'il lui apportait. Il n'avait donc rien à en dire et accepta honteusement son sort. Seuls les forts triomphaient et survivaient. Ces derniers devaient protéger, au possible, les plus faibles méritant, mais abandonnaient sans vergogne les chétifs maladroits. Le Doskai regarda sa sauveuse dans les yeux. Il ne lui posa aucunes questions. Il n'en avait pas le droit. La contrepartie de la digestion commençait à se faire sentir. Une sieste commençait à devenir inévitable. Une heure...ou bien plus. Il avait besoin de dormir mais garda les yeux ouverts. Si la femme-renarde avait la moindre question, Hiroyuki devait y répondre avant de lui demander sa protection pour son repos. En tant que Gouverneur, c'était très souvent lui qui était dans la position dominante. A présent, il ressentait la position d'une personne dominée. De la honte. Ne pas pouvoir subvenir à ses besoins seuls était...indescriptible. Il avait aidé tous ces gens, il les avait sauvé et enseigné son art. Mais lorsqu'ils se présentaient aux portes du Temple en détresse, ils devaient ressentir la même chose que lui en ce moment. Inoubliable. Il baissa finalement la tête, attendant patiemment la suite des événements.
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mar 5 Aoû - 11:43

La simple phrase polie qu'il eut à son égard suffit à faire comprendre à Ahri que le petit bonhomme devait avoir des traditions toutes particulières. A Ionia aussi, les gens avaient des comportements très traditionnels, alors à force d'en voir, la renarde n'avait aucun mal à les différencier des comportements plus légers, ouverts. Le ton et la manière de dire sa phrase, ainsi que ses gestes plus tôt, cela devait correspondre à un mode de communication du peuple du petit, ou de l'endroit dans lequel il avait grandit. Tout cela avait donc une signification particulière et lourde de sens, et vu la manière avec laquelle il répondait à sa question sans jamais mentionner quoi que ce soit concernant son faible état, c'était que ce n'était pas nécessaire. Que lui avait-elle promis exactement, en acceptant de l'aider ? Son côté renard lui cria qu'elle aurait dû l'écouter, et pas l'humaine naissante en elle. L'Institut de la Guerre, hein ? Cela lui ramena quelques souvenirs. Depuis que la League s'était dissoute, les choses avaient bien changées, là-bas. Mais après tout, c'était encore un lieu de connaissance. L'esprit rusé d'Ahri se mit à réfléchir plus vite. Une si petite créature qui ne justifiait ni son état, ni sa faiblesse, mais qui s'entêtait pourtant à chercher des plantes médicinales vues dans un livre au centre de Runeterra, donc depuis une trotte, de mémoire. Autant dire que c'était très imprécis. Ce gars-là avait une raison grave, urgente. Il cherchait un remède. Un remède composé de plantes qui ne se trouvaient qu'ici, pour soigner quelqu'un qui lui était cher. Une histoire niaise et pleines de bons sentiments – de quoi l'en écœurer. La boule de poils avait l'air plus débrouillarde que prévu, et sa facilité à générer un feu ou de la glace était une capacité intéressante... Brillants de malice, les yeux d'Ahri se posèrent plus longuement sur son obligé, la tête baissée. Aucune intention d'en partir, mais vu ses manières, il semblait évident à la jeune femme qu'il lui faudrait changer de tactique. Se mêler à son jeu, ou l'orienter dans le sien ? Tout était encore à définir.

« Des plantes médicinales ? Ce n'est vraiment pas mon domaine, ne compte pas sur moi pour cela. En revanche, j'avoue être intriguée par tes pierres magiques. »

Loin d'être de simple pierres précieuses. La rouge de son pendentif avait produit du feu sans difficultés, pour cuire le lapin. Peut être était-ce là d'où venait cette essence vitale grandissante... Mais jamais elle n'avait vu de pierres magiques en dégager. Enfin, en même temps, elle n'avait jamais vu de pierres magiques si puissantes. En trouver naturellement était rare, même exceptionnel. Les personnes qui en possédaient l'était encore plus. Même de faible intensité, elles étaient très convoitées. Les siennes étaient assez imposantes, puissantes, quelque chose que n'importe quel voleur en ville tenterait sans hésitation. La prédatrice fixa sa cible avec intensité, pour enchaîner :

« Il se dégage quelque chose de très important, de ces pierres. Ton essence vitale en est grandement augmentée... J'aimerais en connaître l'origine. »

S'il y avait la moindre chance pour qu'elle puisse obtenir de l'essence vitale par des pierres, sa conscience ne la tourmenterait plus jamais. Rien n'était sûr, et à moins d'avoir un contact direct avec l'objet de sa convoitise, elle ne pouvait deviner si c'en était bien l'origine. Mais rien ne l'empêchait non plus de le supposer. La renarde se doutait qu'avancer une main serait déjà de trop, ne restait donc plus qu'à demander. S'il refusait de coopérer, eh bien... Son Charme ne différenciait pas les êtres, qu'ils soient humains ou bestiaux. Pour ce petit, ce serait sans doute d'autant plus efficace qu'il n'avait pas hésité à lui porter un grand respect. Arracher son pendentif pendant la brève période où il n'aurait d'yeux que pour elle était une option viable. Son sourire se fit adorable, irrésistible, alors qu'elle demandait avec une hésitation légère et mesurée :

« Je pourrais examiner l'une d'entre elle de plus près ? »

Comme toute grande manipulatrice, Ahri savait que la principale qualité d'une personne souhaitant jouer avec quelqu'un était l'expressivité. Il s'agissait de ne montrer que ce qu'il était intéressant de montrer, de choisir ses mots avec soins et d'encourager l'autre à croire. Bien souvent, il était plus simple de se faire passer pour plus bête ou inférieur que celui à qui l'on s'adressait, mais Ahri avait déjà la posture de dominante dans cette situation. La femme avait déjà prouvé ses capacités, aussi, le petit ne croirait pas en sa bêtise. De plus, s'il était comme les Ioniens, très traditionnel et peu coutumier de ceux qui ne l'étaient pas, son éducation influencerait tout le reste. Les maîtres de temple et les gardiens d'Ionia avait une morale – presque, quand on savait jouer de certains charmes – sans faille. Ils étaient droits, incorruptibles et armés de bonnes intentions. Tant et si bien qu'il savait déceler la perfidie et la convoitise d'un regard, mais leur bonté les poussait toujours à laisser une deuxième chance. Les batailles n'en étaient pas moins sanglantes. Amusant qu'une contrée qui désire si ardemment la paix et la prône au dessus de tout le reste ait laissée un bataillon mort dans une forêt. Pas si pacifiste que cela, en fin de compte. La boule de poils ne devait pas être différente. Peu importe ses mœurs, elle serait sans doute pourvue d'une bonté égalant celle des plus grands maîtres. Et vu la rareté de ce genre de pierres, il devait être important.

« Ma dernière question pour l'instant : qui es-tu ? »

Ce dernier point l'intriguait avant tout non pas pour des raisons pratiques, mais pour des fins personnelles. Si son peuple avait d'autres pierres de ce genre, un petit tour pour en récupérer ne serait pas de trop, sans le moindre doute. Son séjour à Piltover attendrait peut être un peu, finalement. Ses plans changeaient grandement, pour le meilleur. Tout du moins, l'espérait-elle.
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Hiroyuki Bihukaï
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mar 5 Aoû - 13:47

De l'essence vitale ? Etait-ce un moyen détourné de désigner la magie, pour elle ? En tout cas, la jeune femme-renarde s'intéressait de beaucoup trop près aux pierres d'esprits. Ce n'était pas la première à vouloir "l'examiner" de la sorte. A l'Institut de la Guerre, nombre d'invocateurs avaient insisté pour les étudier. Sur son voyage jusqu'à Valoran également, les humains avaient cherché à lui arracher par la force ou la ruse. La première fois qu'il avait failli être roulé, il avait activé la pierre d'esprit et punit ce menteur d'une façon propre à une rédemption rapide. Hiroyuki revécut la scène dans sa tête. L'homme lui avait promis de l'héberger et de le nourrir pour la nuit, le temps que le Doskai récupère de son déplacement. Naïf, il avait accepté. Il avait accepté et s'était déshabillé comme d'ordinaire après sa prière. Complètement nu, sa cape et ses bijoux posés non loin sur ce que les humains appelaient une table de chevet, il s'était endormi avec confiance. Il se souvenait de l'odeur écœurante des draps et de l'humidité qu'il régnait dans ce lieu. Le barbu s'était approché, faisant grincer le parquet de manière désagréable avec la lourdeur de ses pas. La discrétion incarnée avait une haleine puant le rhum ce soir-là. Sa main calleuse s'empara du pendentif, le bijou le plus brillant et magnifique. L'humain avait contemplé l'objet un long moment, le sentant vibrer entre ses doigts. Hiroyuki l'avait observé, du coin de l'œil. Son hôte n'avait pas demandé à les toucher, mais, il lui devait le repas de ce soir. Ce n'est que lorsque l'homme rangea la pierre d'esprit dans la poche de son pantalon sale qu'il avait compris. Il ne voulait pas simplement observer et découvrir comme un enfant Doskai. Il souhaitait s'en emparer, purement et simplement. Sûrement pour cet "argent" qu'il lui avait demandé plus tôt dans la soirée.

Trahir la confiance d'un Doskai avait deux conséquences principales. La première était la création d'un conflit entre les deux familles opposées. L'entraide qui existait entre elles étaient suspendue jusqu'à la résolution de ce dernier. La seconde, et non la moindre, était la perte de son honneur face à tout le peuple. Si le fautif avait trahi une fois, pourquoi pas plusieurs ? La plupart des familles liées pouvaient simplement refuser d'entretenir des relations amicales. La conséquence d'un acte pareille était gigantesque. Il fallait rapidement assainir la situation, où le fautif vouait sa famille à sa perte. Ce genre de mésaventures restait rare et isolées. Chacune de ces histoires finissaient mal. Soit par la mort du traître, abandonné à lui-même et rejeté. Soit par la voie de la rédemption, s'excusant platement, assurant que c'était une erreur et demandait le plus humblement et sincèrement possible la clémence de la famille trahie. Les Doskai ne pouvaient mentir lors de leurs échanges main dans la main. Les sentiments qu'ils faisaient transiter par ce lien magique et silencieux étaient l'une des bases de la création de la confiance ou, en l'occurrence, de la reconstruction de la confiance.

Cet homme venait de faire cette erreur terrible. Quelque chose mourut dans le cœur d'Hiroyuki. Les humains brisaient donc si vite les liens qu'ils tissaient ? Il se leva sous le regard de l'homme. Il allait lui laisser une seconde chance. Tout le monde avait droit à l'erreur. Le barbu ne savait pas ce qu'il faisait. Le Gouverneur lui avait intimé très poliment et  avec un sourire de reposer le bijou à sa place. Mais son sourire s'effaça bien vite alors que le barbu sortait un couteau de sa ceinture. Hiroyuki n'avait plus qu'une chose à faire. Il fit un mouvement du bras et sauta en arrière. Le pendentif de Kasaïji rougeoya dans la poche du voleur et l'habit prit feu. L'humain complètement désarçonné par cette magie, tomba à terre. Il se frappait frénétiquement les vêtements pour éteindre les flammes. Par réflexe, l'homme implora la pitié du Doskai. Ce dernier récupéra son diadème et arrêta les flammes. Il tendit la main à la victime à terre et lui offrit un sourire engageant. Tout allait bien se passer à présent. Il devait avoir compris qu'il ne fallait pas toucher aux pierres. Mais les humains ne sont définitivement pas des enfants ignorants. Celui-là était mauvais et fourbe. Il tenta de planter son arme blanche dans le buste nu du Gouverneur qui ne l'esquiva que de justesse. Cela ne laissait plus le choix ni l'espace au doute. Il n'était pas le bienvenu. Il avait été piégé. Hiroyuki lui envoya un bloc de glace sur le poignet alors qu'il se relevait, le désarmant. Ralentit comme par magie, l'humain ne put que marcher vers lui à la place de courir. Cela laissa tout le temps voulu pour lui lancer le prochain sort. Une vague de froid gela le sol, partant des pieds d'Hiroyuki jusqu'à ceux de son agresseur, à présent immobilisé. L'agile petit bonhomme le contourna largement et récupéra le pendentif de son frère. Alors que l'homme grognait et jurait pour se libérer, le Doskai replaça sa cape et son bracelet et s'enfuit au plus vite.
La femme-renarde l'avait aidé, tout comme cet homme-là. Ne voulait-elle que s'emparer des pierres d'esprits également ? Il en avait bien peur. Malgré son allure, sa voix, ses gestes...sa confiance en les humains s'était effritée tout au long de son voyage. Leur avidité était sans limite et son allure gringalet le désignait chez eux comme une cible facile. Mais ses pierres étaient plus importantes que sa vie. Il devait refuser respectueusement.

«Je suis désolé. Je ne peux accéder à votre requête.»

Il espérait qu'elle comprendrait rapidement. Elle n'avait pas l'air idiote. Néanmoins, il accepta volontiers de se présenter.

«Je me nomme Hiroyuki Bihukaï. Je suis le Gouverneur de la Glace et de la Guérison auprès de mon peuple les Doskai, dans un endroit que les humains nomment "les Jungles Pestiférées".» fit-il, solennel.

Cela faisait pompeux et arrogant, déclaré de la sorte. Il n'aimait pas ça, préférant la franchise aux ronds de jambes de certains protocoles familiaux. Les battements de son cœur avaient ralenti et son corps ne tremblait pratiquement plus. Il se sentait mieux. Beaucoup mieux. Mais cette fatigue tentait de l'attirer dans le sommeil, inexorablement. Il résista à l'envie de se coucher à même le sol sur le champ. Il leva la tête vers la femme-renarde. Ses yeux étaient d'une couleur qu'il appréciait beaucoup. Pourtant, il n'avait jamais vu une créature aussi extraordinaire. Pourrait-elle...? Après tout, pourquoi pas ? Les humains le faisaient inconsciemment, mais elle semblait hybride, différente. Son orbe magique de tout à l'heure prouvait que c'était une utilisatrice douée et expérimentée. Il se leva prudemment. Le Gouverneur réduisit la distance entre sa sauveuse et lui de quelques pas. Il tendit lentement la main vers celle de la jeune femme.

«Puis-je connaître l'identité de mon sauveur, sauf votre respect ?» demanda-t-il avec beaucoup de calme.

Comme elle ne répondit pas tout de suite, Hiroyuki prit son silence comme un accord. Il toucha ses doigts fins et fut saisi. Il passa par deux émotions bien distinctes. L'une était négative : une frustration l'habitait. L'autre était positive : elle semblait avoir l'espoir. Mais de quoi au juste ? Les signaux transmis par le lien étaient incomplet, comme...bâtard. De son côté, il choisit de lui transmettre sa gratitude, sa curiosité innocente, ses douleurs et sa fatigue. Les dernières émotions n'étaient pas voulues mais étaient trop fortes pour être ignorées. Ce contact ne dura pas plus de deux secondes, les informations s'échangeant à la vitesse de la lumière. Hiroyuki retira sa main, cherchant à comprendre d'où pouvait venir cette frustration. Il recula un instant puis s'assit en face d'elle, qui affichait un visage troublé.
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mar 5 Aoû - 23:41

Frustrée. Ahri était terriblement frustrée que le petit être lui refuse de pouvoir enfin savoir si c'était bien ces pierres qui lui augmentait drastiquement son essence vitale. Sa partie humaine retint son charme le plus possible, mais une légère aura enchantée et suave s'échappa tout de même d'elle, alors que ses yeux tournait en une teinte orangée pâle, tirant sur le rose. Son sourire se crispa, tandis que si l'on y prêtait attention, il devenait possible de deviner ses petites canines qui étaient prêtes à sortir, menaçantes. Mais son humanité lui imposa de rester calme et d'attendre, de ne pas s'emparer de sa convoitise, car justement, s'il y tenait tant que cela, c'est qu'effectivement, ces pierres étaient spéciales. Rien n'était perdu, au contraire. S'accrochant fermement à ce mince espoir, Ahri retrouva quelque peu contenance en entendant le petit décliner son identité. D'ailleurs, pour un être de cette taille, cela faisait bien des titres. Par contre, elle ne savait pas ce qu'était un Doskai. Ce petit être à longue queue ressemblait définitivement à un Yordle. Étaient-ils parents d'une quelconque façon ? Sa curiosité resta sans réponse. De la glace... et de la guérison...? Cela confirmait son hypothèse précédente. Il n'était pas ici pour rien, loin de là. Par contre, son étonnement fut le plus total lorsqu'il exprima le fait qu'il vienne des jungles pestiférées. Ce petit truc ? Cette boule de poil au potentiel de charme plus grand que de chasseur ? Impossible ! D'ailleurs, depuis quand y avait-il la moindre forme de vie dans les jungles pestiférées ? Si, bien sûr, il y avait les singes, ceux de la famille de Wukong. … Attendez une minute. Son cerveau se mit à réfléchir à vive allure. Des pierres magiques ici des jungles pestiférées ? Wukong n'avait-il justement pas parlé de l'origine de son peuple grâce à une pierre magique justement ? Certes, elle avait été détruite à sa naissance... Mais les pierres du Doskai lui prouvait qu'ils en existait à foison, prête à être utilisées ! Elle avait donné la vie à nombre de singes de son espèce, et lui était le plus puissant. Aucun doute qu'elle pourrait trouver suffisamment d'essence vitale là-bas ! Son enthousiasme et ses espoirs venait de grimper en flèche, rehaussant son sourire devenu pauvre.

Un contact bref et léger mit cependant un terme à ses pensées riches. Il ne dura qu'un temps trop court, mais la confusion qu'il provoqua dans l'esprit de la renarde fut phénoménal. Elle avait senti quelque chose, comme si ce petit avait touché la membrane de son esprit. Cette sensation étrange et pas désagréable, mais... Bizarre... Le chaos s'intensifia d'autant plus quand elle fut heurté par d'autres émotions, des émotions qu'elle ne ressentait pas. Ce n'était pas elle. C'était plus fort qu'elle, comme imposé. La grande sensation de fatigue qui s'était diffusée dans son corps durant le contact... Avait-il pompé d'une quelconque façon son énergie ? Non, sinon elle n'aurait pas pu la récupérer si vite... Alors qu'est-ce que c'était ? Consciente que le petit attendait une réponse de sa part, la renarde s'efforça de retrouver un visage calme, aussi impassible que possible.

« Je me nomme Ahri. Je viens des forêts au sud d'Ionia, et, il y a encore peu de temps, j'étais une Championne à la League, connue comme le Renard à Neuf Queues. »

Surnom plutôt évident. Cette drôle de manie qu'avait les Invocateurs de l'appeler ainsi ne lui avait jamais fait ni chaud ni froid. Une légère hésitation suivit sa petite présentation, et après un long moment d'hésitation, elle ajouta :

« … Je suis également une artiste musicale. »

Elle se garda bien d'en préciser davantage, trop penchée sur l'explication des sensations ressenties plus tôt. Il n'y avait pas seulement eu de la fatigue, mais, comme... Un sentiment étrange, qu'elle ne connaissait pas vraiment... Quelque chose de doux... emplie d'une certaine niaiserie, ou gentillesse... De la reconnaissance ? Pourtant, la seule explication qui parvenait à se poser dans sa tête... C'était que ça provenait de lui, pas d'elle ! Mais Ahri n'avait jamais été empathe. Pourquoi aujourd'hui ? Le contact. Il ne l'avait pas touché longtemps, mais c'était uniquement durant ce laps de temps qu'elle l'avait senti. Donc, c'était lui le responsable. Ce type-là pouvait imposer des émotions ? C'était tellement étrange... Tellement inhabituel. Avec une légère appréhension, elle demanda à... Comment s'appelait-il déjà ? Ah oui, Hiroyuki. Drôle de nom, en passant.

« Hiroyuki. Est-ce que tout à l'heure.. Tu as... »

Elle inspira profondément. C'était ridicule de sa part d'appréhender la réponse d'un pauvre demi-Yordle.

« Aurais-tu influencé d'une quelconque façon mes émotions ? »

Si tel était le cas... La grande fatigue devait être celle de la boule de poils. Il ne lui serait plus d'aucune utilité de toutes façons, maintenant. Sa nouvelle destination était établie : les jungles pestiférées. Lui n'avait plus aucune forme d'importance. Elle filerait dès que possible. Ne restait plus qu'à créer une occasion. Rien de plus facile.

« Tu étais fatigué. Tu n'as qu'à te reposer, petit. »

Elle lui adressa un sourire aimable et laissa ses queues choir au sol, en prenant une pose plus décontractée. D'un geste, elle lui signifia qu'il serait tranquille et n'avait à s'inquiéter de rien. Qu'il meure ou reste en vie, cela lui importait peu ; elle avait à faire, et qu'importe si cela devait détruire les jungles. Les formes de vie là-bas ne survivaient que difficilement, la flore était redoutable et ne méritait aucune pitié ; Zyra ne lui avait jamais laissé un souvenir très agréable, de toutes façons. Qu'importe si la flore devrait se mourir en même temps que la faune ; le monde était bien assez vaste pour abriter des espèces, et moins dangereuses que celles de là-bas !  Sa morale n'aurait rien à y redire et elle serait enfin complète ! La renarde sourit, sans vraiment le vouloir. Un sourire sincère et heureux. Son but était proche. Si proche. Rien ne se mettrait en travers de sa route !



Dernière édition par Ahri le Mer 6 Aoû - 17:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mer 6 Aoû - 13:59

La jeune femme recomposa l'expression de son visage. Son trouble passager avait disparu de ses traits. Elle se présenta comme Ahri, une ancienne championne à l'Institut de la Guerre. C'était un nom qui sonnait agréablement dans l'oreille du Doskai. Ce dernier ne savait pas du tout ce que pouvait être Ionia, par contre. En tout cas, il avait soudainement l'envie de visiter cette contrée. Si des créatures aussi extraordinairement belles y vivaient, il fallait à tout prix y faire un pèlerinage. Avec des étoiles dans les yeux, Hiroyuki rêva un instant d'un endroit qui devait ressembler à un paradis. Ce n'est seulement qu'à l'écoute de la voix d'Ahri que le Gouverneur revint à lui. Une artiste ? Que de qualités en une seule personne ! Il se souvint soudainement de prières sacrées qu'il avait appris à chanter durant son enfance. Si la femme-renarde était une chanteuse, elle se rapprochait énormément du rôle de Second. Une place très honorable et importante pour le cœur du peuple. Plus il apprenait de choses sur elle et plus il tombait sous le charme. La queue du Gouverneur dansa un instant. Il observait Ahri réfléchir en silence. Il n'osa pas l'interrompre dans ses pensées en lui demandant de chanter. Elle hésita légèrement à ouvrir la bouche puis commença une question. Elle s'interrompit en plein milieu pour prendre une grande inspiration. Hiroyuki inclina la tête à gauche, ne comprenant pas la raison de son appréhension. Il avait pourtant exprimé clairement qu'il ne représentait aucun danger.

« Aurais-tu influencé d'une quelconque façon mes émotions ? »

Influencer ses émotions ? Il cligna des yeux plusieurs fois pour bien assimiler la question. La réponse le frappa rapidement. Ahri n'avait jamais communiqué de cette manière auparavant. Elle ne savait pas ce qu'était ce lien, silencieux mais chargé de sens, existant entre chaque être. De plus, les émotions qu'il avait ressenties étaient clairement tronquées. Le lien n'était pas net en elle; n'allait pas droit au cœur. La jeune femme n'avait pas dû percevoir correctement les émotions ou les sentir comme envahissantes. Sans réfléchir, il déclara à haute voix :

« Vous êtes...incomplète... »

Il la regarda un moment dans les yeux, ne sachant pas s'il avait vu juste ou non. En tout cas, il le ressentait ainsi. Un lien bâtard, difforme, encore à travailler. Des choses rares mais qui arrivaient de temps à autre chez les enfants né trop tôt. Chez un adulte, cela était impossible. Le lien avait toujours trouvé un moyen de se reformer. Comment cela avait-il pu arriver ? N'avait-elle eu personne dans sa vie pour l'aider à récupérer cette partie si importante d'elle-même ? Le Gouverneur inclina sa tête à gauche, inquiet. Ahri avait besoin d'aide pour retrouver ce contact naturel. Réfléchissant furieusement, le Doskai revint sur son apparence. Elle était à moitié humaine, visiblement. Les humains étaient estropiés et ne se servaient pas du lien - il le savait. Se pourrait-il qu'elle est développée naturellement ce don, sans pouvoir l'utiliser au milieu d'eux ? C'était l'hypothèse la plus probable. Que la vie devait lui sembler dénué de sens...Pour le Doskai, avoir ce contact avec des gens de son espèce lui manquait terriblement. Cela ne faisait que quelques mois qu'il avait quitté les jungles. Si Ahri avait eu ce don à la naissance sans jamais l'avoir compris...Il n'imagina pas la solitude qu'elle devait ressentir. Il lui fit un sourire chaleureux.

« Je pourrais peut-être vous aider. »

Hiroyuki ne put réprimer un bâillement, réaction à sa fatigue et à son repas récent. La femme-renarde lui indiqua avec un sourire aimable qu'il pouvait dormir en toute sécurité. Elle étala ses magnifiques queues sur le sol et prit une position plus décontractée. D'un geste supplémentaire, elle finit de persuader Hiroyuki de prendre place. Ayant confiance en la personne qui l'avait sauvé, il s'avança. Il garderait ses bijoux en place, le pendentif contre son cœur. Il hésita un petit instant, se demandant s'il n'avait pas mal interprété les gestes de la femme. La perspective d'une sieste de rêve après un repas consistant ne pouvait être plus séduisante à cet instant. Le Gouverneur s'installa alors sur la fourrure douce et si agréable au toucher. Elles étaient vraiment soignées et exhalaient des émotions. Elles étaient pour la plupart positives, d'un seul coup. La frustration était portée disparue. Après lui avoir transmis sa gratitude à nouveau et son plaisir sans fin à se trouver là, Il n'y prêta plus attention. Il ferma la porte au lien pour s'endormir, interrompant le bref échange qu'ils avaient de nouveau eu. Lors de son sommeil, s'il y avait un danger et que l'un des deux le repérait, ils se réveilleraient. Elle ne pourrait pas le laisser là sans qu'il s'en aperçoive. Se sentant protégé, il ferma les yeux et se roula en boule, le museau dans la queue. Que ce soit la sienne ou celle d'Ahri n'avait plus d'importance.
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mer 6 Aoû - 17:18

Deux choses imprévues venaient de gravement chambouler la renarde. La première, la réponse du presque Yordle. Incomplète. Bien sûr, elle se savait incomplète. C'était justement pour ça qu'elle travaillait à récupérer l'essence vitale. En revanche, qu'un autre lui signale avec une telle surprise signifiait clairement qu'il lui était évident que son imperfection était anormale. Or, si elle était anormale, elle devait pouvoir être corrigée facilement. Et vraisemblablement, à la remarque qui suivit, il lui parut évident que malgré son plan presque parfait de voler des pierre magiques dans un endroit qu'elle connaissait mal, il avait peut être une solution encore meilleure et plus simple à proposer. Sa curiosité désormais piquée au vif, plusieurs questions s'agglutinèrent dans sa tête, sa morale humaine au plus haut point, soulagée de tout ce qui se passait. Voler de l'essence à de pauvres et simples mortels lui paraissait bien loin maintenant. Cette rencontre était une opportunité intéressante et presque un cadeau du ciel. La femme-renarde ne croyait cependant pas vraiment en les Dieux des Ioniens. Les temples qui vénéraient des créateurs antiques ou des protecteurs semblables au soleil, très peu pour elle. Ahri n'était qu'une renarde, un renarde toute particulière qui avait grandi avec la nature et fait preuve de cruauté, en observant celle des humains. Le concept même lui était inconnu avant d'être un peu plus humaine. De la même manière qu'ils désignaient la bonté et la gentillesse, ils avaient un concept équivalent pour quiconque en était dépourvu : la cruauté. Mais en tant qu'animal, si Ahri avait fait preuve de cruauté, c'était avant tout par nécessité de survivre. L'échelle de valeur et de morale humaine avait un sens presque dérisoire devant les vastes connaissances de la jeune femme. Leurs idées de placer les choses à des niveaux différents étaient ridicules. Mais une partie de cette morale l'habitait désormais, et si certains concept lui apparaissait comme clairs, d'autres restaient néanmoins plus obscurs.

Elle sursauta en sentant le Doskai se placer sur l'une de ses queues. Comme une réaction à l'agression, les autres ses dressèrent, peu habituées à ce contact. Mais une nouvelle fois, l'étrange confusion de sentiments se planta en elle, distinguant un certain plaisir. Incapable de ne pas sourire à cette sensation, elle soupira, comme si elle comprenait la chose. Les autres queues se détendirent, et se placèrent comme un cocon protecteur autour du Doskai. Deux d'entre elles prirent cependant place du côté libre de la jeune femme, comme pour la rassurer. Un petit renard effrayé. Voilà de quoi elle aurait eu l'air si on lui avait demandé pourquoi ce contact à la fois désagréable et curieusement inconnu avait provoqué en elle tant de changements. Il était maintenant admis qu'elle ne pourrait fausser compagnie au petit sans le réveiller. Si cela ne lui posait sans doute pas vraiment de problèmes, elle céda et prit la décision de rester rien que pour l'aide qu'il pouvait lui apporter. Elle même se détendit et ferma les yeux.

Le vent soufflait dans les hauts arbres des montagnes. Les feuilles pliaient légèrement, émettant un bruit agréable et printanier. Sous ses pieds, la terre s'agitait, en proie à des conflits de territoires terribles qui ne la concernait nullement. Elle distinguait l'odeur d'un ours, et de deux loups. Une bataille féroce s'annoncerait dans peu de temps, sans merci pour quiconque viendrait les déranger dans leur lutte sanguinaire. Ses oreilles se dressèrent puis se rabattirent, comme pour écouter avec plus de discrétion. La bataille... Elle aurait lieu non loin d'ici. Les odeurs se confortaient dans une zone dégagée dans le bois, non loin d'ici. Elle soupira et rouvrit les yeux. Avec une grâce et une délicatesse sans pareille, les queues sur lesquels dormaient le petit le soulevèrent, tandis qu'elle bondissait vers une zone plus sûre. Dans le cocon, il ne devait pas sentir ni le vent qui fouettait le visage fin d'Ahri, ni les odeurs boisés qui se renforçaient à mesure qu'elle s'enfonçait. Peut être un léger ballotement, tout au plus. Jetant un œil autour d'elle, la renarde jugea la configuration du nouvel endroit plus adéquat. Sa course avait duré quelques minutes, mais le petit n'était pas aussi léger qu'il n'en avait l'air, même pour elle. Un instant, ses yeux brillèrent en songeant à utiliser son orbe pour récupérer son essence. La lueur dorée se fit malsaine et presque ravie, mais se tassa néanmoins rapidement. Posée sur un petit rocher en équilibre, elle effectua un dernier bond pour se caler le long d'une pente assez raide, libérant légèrement le cocon afin de voir si Hiroyuki réagissait à sa course. Ne lui restait plus qu'à attendre son réveil.
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Hiroyuki Bihukaï
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mer 6 Aoû - 21:57

Calme et paix. Le petit bonhomme n'avait rien ressenti du changement de zone. Rien ne pouvait le réveiller autre que l'émotion d'un danger imminent. Sensation qui ne vint pas, pour son plus grand bonheur. Il se réveilla, une queue entre les mains. Il s'assit avec lenteur, se frottant l'arrière du crâne en regardant le sol, les yeux encore ensommeillés. Il bâilla sans retenu. Hiroyuki s'étira alors qu'il sentait les bonnes odeurs du lieu dans lequel ils se trouvaient. Tiens, la zone avait changée. Le vent frais vint caresser son visage d'ors et déjà souriant. Il était revigoré. Cela n'était pas dû qu'à la longue sieste dans la fourrure des queues d'Ahri. Avoir eu un contact naturel partagé, et non à sens unique comme avec les humains, lui avait redonné une force énorme. Il lissa les poils de ses oreilles d'un mouvement machinal et leva la tête vers sa gardienne si gentille. Il lui offrit un sourire sincère et affectueux. Sans son arrivée prodigieuse et son aide, il se serait contenté de racines au goût infâme et d'une courte sieste dangereuse. Même la sensation de brûlure dans son dos s'était grandement atténuée. Secouant la tête, il quitta le nid douillet que formaient les atouts de la femme-renarde. Le Gouverneur observa les alentours, d'un œil appréciateur. Un arbre creux abritait de jeunes oiseaux bruyants. Les écureuils récupéraient tout ce qu'ils pouvaient pour se nourrir. Tous ces petits animaux mignons ne représentaient aucun danger. Même les plantes étaient amicales à Valoran. Il était loin des jungles où le danger rôdait à chaque pas. C'était vraiment reposant et magnifique. Hiroyuki aimait les paysages si vivants et si paisibles. Ce genre d'endroit était si rare chez lui. Les seuls lieux sécurisés restaient les Temples d'Isaka ou cette merveilleuse cascade où il avait rencontré Kat. Le Doskai ne sut pas pourquoi ce souvenir revint au premier plan dans sa mémoire. Mais il revint et s'imposa à lui, comme pour trouver une analogie. Son ventre plein, ses forces fraîches, ces odeurs,...et un contact naturel. Il toucha son pendentif - le bijou qu'étrangement, il appréciait le plus. Sa famille lui manquait. Elle lui manquait atrocement. Le chemin pour les retrouver était encore long et tortueux. Il ne fallait pas perdre courage si tôt dans le voyage. Le rubis brilla légèrement et le Gouverneur ferma les yeux doucement. Il prit une grande inspiration et se retourna vers Ahri. Tout sourire, il inclina la tête à gauche.

"Je vais explorer cette partie." dit-il simplement.

Il décrivit ensuite à haute voix l'allure de la plante qu'il avait vu dessiné dans l'herbier de l'Institut de la Guerre. Elle avait en général six feuilles d'une couleur rosée. En forme de bulbe, la fleur éclose ressemblait à un petit œuf blanc comme neige. D'après les informations qu'il avait, cette plante était aussi grande qu'un coquelicot. Il alla la chercher, laissant la femme-renarde décider de l'aider ou non. Cette dernière avait parfaitement le droit de refuser : elle ne lui devait rien. Il s'éloigna quelque peu et chercha la teinte pâle et claire dans ces couleurs vertes et brunes qui couvraient toute la forêt. D'un pas prudent et léger, il avançait en faisant le moins de bruit possible. Il était à des lieux de la piètre prestation de chasse de tout à l'heure. Il effrayait les petits animaux à son approche mais n'y prenait pas garde. Il n'avait plus faim. Soudain, il la trouva. Il aperçut un petit reflet rosé qu'il associa directement à l'objet de sa convoitise. Avec une exclamation de joie et oubliant sa discrétion, il alla la cueillir. Délicatement, il la coupa avec une de ses griffes rétractables. Il porta la fleur jusqu'à son museau pour la sentir. Aucune odeur. C'était bien la fleur qu'il recherchait. Faisant très attention à ne pas l'abîmer, il la glissa entre son bracelet et son poignet. Hiroyuki en avait besoin d'autres. Il tourna autour de l'arbre pour vérifier la présence de fleurs comparables. Malheureusement, rien d'intéressant ne s'y trouvait encore. C'était bien une espèce rare. Rien que d'en avoir trouvé une suffisait à lui redonner espoir. Magnifique journée. Le Doskai regarda le ciel à travers les feuillages et envoya une brève prière à sa déesse. Il retourna ensuite dans ses recherches. Il analysait chaque plante qu'il croisait. D'après l'ouvrage, la présence des Kozurus datait d'il y a quelques siècles seulement. De plus, c'était exclusivement dans la chaîne de montagne Ironspike que les humains l'avaient découvert. Il devait y en vivre d'autres. C'était forcé. A pas lents et avec les yeux concentrés, il avançait. Les pierres et les glissements de terrain ne l’effrayaient pas. Il sauta sur un arbre et y grimpa en plantant généreusement ses griffes dans le tronc. A mi-hauteur, il se donnait une vue d'ensemble, tentant de repérer la teinte rosée. Avec une petite grimace déçue, il retrouva la terre ferme. Il fallait explorer un peu plus loin. Hiroyuki se retourna soudainement pour vérifier qu'Ahri était toujours dans son champ de vision, malgré la distance qu'il avait parcourue. Il fut étonné de ne plus la voir. Il inclina sa tête à gauche et haussa les épaules. Il prierait pour elle ce soir, quoiqu'il arrive. Puis, il ne s'inquiétait pas. Elle avait l'air bien assez forte pour survivre dans les forêts de Valoran. Elle l'avait prouvé. Hiroyuki continua alors ses recherches assidues, l'espoir débordant de lui.
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Ven 8 Aoû - 16:26

Ahri dû se retenir de ne pas prendre une expression outrée. Pour qui la prenait-il ? Une jardinière ? Une pauvre femme dépourvue de capacités ? Misérable demi-Yordle...! Son explication concernant la fleur qu'il cherchait s'achevant, elle resta sur place, le regardant s'éloigner. Sa curiosité était forte, mais jamais elle ne s'abaisserait à cueillir gentiment de petites fleurs très rares dans la forêt. Hors de question. Tant pis. Elle en revenait à son plan de départ, envahir les jungles pestiférées. Furieuse, elle s'échappa rapidement à l'aide de quelques bonds. Faire route vers Piltover manquait de sens, désormais. Peut être devrait-elle se diriger directement vers les jungles ? La renarde réfléchit. Elle ne savait pratiquement rien de cet endroit. Se renseigner avant paraissait être une meilleure idée. Piltover, donc. Dans tous les cas, quelques informations supplémentaires sur l'essence vitale ne devraient pas être de trop. Dans un long soupir, la jeune femme se remit en route. Et que le Doskai cherche une bonne partie de la journée ses petites fleurs, le plus longtemps possible même ! Maudite boule de poils.

Pour dire vrai, la jeune femme ne s'expliquait pas sa colère. Plus le temps passait, plus ses pensées mauvaises envers Hiroyuki augmentaient. C'était peut être bien la première fois qu'elle n'obtenait pas exactement ce qu'elle voulait. Oh, ce n'était qu'une question de temps, bien sûr. Elle finissait toujours par arriver à ses fins. Tout était une question de patience et d'attente. Mais le petit semblait nettement moins enclin à lui permettre d'obtenir ce qu'elle voulait tel qu'elle le voulait. Il semblait posséder une étrange faculté, qui lui permettait de communiquer des émotions par le toucher. Et une partie de son esprit s'en inquiétait. Ahri avait toujours parfaitement lu lire dans les autres. Leurs envies, leurs désirs profonds... C'était ces faiblesses qu'elle exploitait pour obtenir ce que elle, elle voulait. Elle était effrayée à l'idée qu'un inconnu ait pu lire en elle ses désirs. Sa marche était devenue automatique, plongée dans ses pensées. Une vision soudaine d'une partie de la forêt qui lui était inconnue la tira de ses sombres pensées, observant les alentours. Il y faisait plus sombre, tout était plus dense. Elle devait sans doute être descendue un peu, d'où l'épaisseur nouvelle des arbres. De grands arbres foncés, aux branches tortueuses et entrelacées les unes les autres. L'herbe poussait avec plus d'ampleur également, ce qui la fit frissonner en la sentant lui caresser les mollets. En un saut, elle se hissa sur un petit rocher penché, qui tenait dans un équilibre miraculeux. Ses oreilles se firent attentives alors que son nez cherchait une odeur familière, pour la remettre dans le droit chemin.

Et elle la vit. Une petite fleur à six feuilles, rosée. Le bulbe, la forme, tout était correct avec la description fit plus tôt par son compagnon opportun. Sa main glissa le long de la tige puis effleura les feuilles douces de la plante. Ses yeux d'ambres perdus dans le vide, elle se demanda un instant si elle n'aurait pas dû cueillir la fleur. Une pensée furieuse la traversa, et avec agressivité, s'apprêta à l'écraser vivement. Mais son geste n'atteignit jamais son but. Agacée, elle fit claquer sa langue et arracha la fleur au sol, puis se remit à avancer. Voilà qu'elle faiblissait. Et qu'elle faiblissait prodigieusement, même. La fleur toujours en main, elle la fit tourner pour l'observer sous tous ses angles. Même elle voyait de la beauté en une si petite fleur. Fragile, douce, d'un rose pâle rare pour quelque chose de naturel, et dont la forme évoquait l'incarnation même la grâce. Elle n'aurait trop su dire s'il s'agissait de grâce d'âme ou de corps. Finalement, elle noua la tige à sa ceinture, la petite plante se balançant désormais au gré de ses mouvements.

Le soir arrivait sur l'endroit. Finalement, traverser cette fichue montagne avait été plus compliqué que prévu. Le soleil se dérobait derrière l'horizon alors que la femme-renarde fatiguait. Son impression d'avoir parcouru des lieues sans avancer persistait d'autant plus que tous les endroits se ressemblaient. Elle était capable de les distinguer à l'odeur, aux bruits, ou même aux branches des arbres, mais cet endroit était bien trop vaste à son goût. Elle poussa un large soupir. Un parfum familier lui parvint, et elle faillit jurer en se tassant contre l'arbre le plus proche. Ce sale presque-Yordle traînait toujours dans les parages, et pire même ; il était à deux pas d'elle. Un murmure sombre s'échappa de ses lèvres :

« Petit effronté. Était-il vraiment obligé de passer sa journée ici...? »

Elle grogna et porta aussitôt ses mains à son visage. Se faire repérer par un petit animal était bien la dernière chose à faire. Elle l'entendait d'ici, donc il ne faisait aucun doute que lui aussi l'avait entendu. En prise à un terrible conflit intérieur avec sa morale, la renarde soupira et se laissa glisser contre le tronc de l'arbre. Elle entendait ses pas. Tant pis. Rabattant ses genoux contre sa poitrine, Ahri soupira encore en regardant d'un œil distrait la petite fleur qui touchait terre, toujours accrochée. Sa fatigue la rattrapa rapidement cependant, aussi, perdue dans sa douce contemplation, sa transition avec le rêve passa complètement inaperçue à ses sens. Mais dans le monde bien réel, la tête d'une jeune femme fatiguée était posée sur ses genoux, ses bras fins entourant ces derniers. Ses neuf queues se répartirent équitablement autour d'elle, les plus proches du sol cachant le bas de ses jambes. Son air était paisible, presque doux.
Si Ahri avait été humaine, peut être qu'il lui aurait été plus naturel de prendre cette expression simple et agréable, témoignant d'un rare instant de paix.
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Hiroyuki Bihukaï
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Ven 8 Aoû - 20:48

Hiroyuki avait traversé des coins de plus en plus enfoncé dans la forêt. La montagne se révélait en tout point accueillante à ses yeux. Des hautes herbes lui permettaient de se cacher à n'importe quel moment au cas où une bête trop grosse n'eut l'idée de passer par là. Mais il doutait très sérieusement de bêtes du genre dans les montagnes de Valoran. Tous les animaux étaient mignons, petits et paisibles. Les plantes ne l'attaquaient pas, les arbres étaient faciles à monter et aucune pluie acide ne semblait être tombée dans le coin. Il n'avait trouvé aucunes autres fleurs de Kozurus malgré les bonnes conditions dans lesquelles il évoluait. Cette fleur était trop rare. Ne perdant pas espoir de mettre la main sur d'autres, il continua ses recherches, observant le décor. Les marques dans son dos le brûlaient encore et la fatigue se faisait de plus en plus sentir, mais les odeurs, les sons et les couleurs qui composaient cette forêt le revigoraient. Il dormirait bien cette nuit. Nuit qui ne tarda pas à tomber doucement. La soirée répandait un air frais et des insectes firent joyeusement leur apparition. C'est alors que le soleil commençait de disparaître de l'autre côté de la montagne qu'Hiroyuki décida de stopper ses explorations. Le gibier allait bientôt dormir dans les terriers. Il fallait commencer la chasse tardive dès à présent s'il ne voulait pas se contenter de racines. Cette fois-ci, il ne se ridiculiserait pas.

Le Gouverneur de la Glace resta immobile, à l'affût. Les oreilles levées, il écoutait les petits craquements que produisaient les mignonnes créatures appétissantes de Valoran. Son bras se leva instinctivement, sa magie prête. Il fit apparaître un bloc de glace qui se lança rapidement dans la direction d'un autre infortuné lapin. Le projectile se brisa sur l'échine de la cible, gelant momentanément ses mouvements. Ses bonds lents et paniqués ne purent mettre la distance nécessaire à sa survie. Hiroyuki l'attrapa par les oreilles et ne fit pas durer le plaisir. Il brisa le cou de la proie avec une torsion experte. Après avoir goûté à ses congénères, il n'attendait qu'une chose : le faire rôtir. Les petites bêtes qui habitaient les montagnes Ironspike avaient du goût et ne possédaient pas de toxine dans les chairs. Magnifiquement simple. Le cadavre encore entre ses doigts, il cherchait des yeux une autre victime. S'il en capturait un autre, il n'aurait pas besoin de chasser demain soir. En effet, il avait les pouvoirs de conserver la viande fraîche et saine pendant quelques temps. Regrettant de ne pas avoir emporté sa ceinture du temps où il était cueilleur, il garda sa proie en main, tentant de flairer une autre piste. Il se déplaçait lentement, à pas prudent et silencieux. D'un coup, d'un seul, il envoya un bloc de glace dans un fourrée qu'il avait vu remuer. La victime poussa un petit cri et rejoignit bientôt son compagnon dans l'autre monde. Décidément, cette zone était très propice à la chasse, fraîche, revigorante et peu dangereuse. N'importe quel Doskai aurait rêvé de cet endroit pour élever leurs enfants en sécurité. Alors qu'il se réjouissait d'une telle abondance, il sentit une odeur familière. Même, une voix familière. Il tourna la tête vers le tronc d'arbre qui semblait avoir parlé avec curiosité. Hiroyuki s'approcha doucement. Ce qu'il découvrit dans la luminosité mourante du soir lui coupa le souffle. C'était encore cette merveilleuse et délicieuse femme-renarde ! Elle semblait toutefois quelque peu assoupie. Reconnaissant d l'avoir tiré d'affaire à un point critique, le Gouverneur se décida à la protéger de quelconque danger pouvant troubler son sommeil. Sans faire trop de bruit, il déposa le produit de sa chasse à terre. Il rassembla les quelques branches mortes qui traînaient à terre non loin de là pour créer un feu plus consistant. Il récupéra ensuite un rondin de bois presque aussi grand que lui. Le Gouverneur toucha alors le pendentif de son frère qui brilla à son contact. De la même façon que plus tôt dans la journée, il créa une flamme. La nature magique du feu changea bientôt pour une allure plus naturelle alors que les branches prenaient feu. Une fois ceci fait, il glissa le rondin à l'intérieur du foyer neuf. Hiroyuki fit geler les pelages des deux proies et les dénuda d'un petit coup sec. Finalement, il devrait chasser encore demain matin. La chair des deux lapins mise à nue, il les fit rôtir avec une étincelle gourmande dans les yeux. Le fumet qui se dégageait du plat chatouilla agréablement le museau du petit bonhomme. Visiblement, les narines d'Ahri repérèrent également le fumet. Avec un grand sourire, Hiroyuki souhaita une bonne soirée à la femme-renarde. Il pointa ensuite du doigt le gibier qui cuisait paisiblement.

"Avez-vous faim, Ahri ?" demanda-t-il avec candeur.

Personne ne pouvait douter des intentions amicales du petit bonhomme à cet instant. Son envie de partager avec son sauveur un repas qu'il avait préparé était sincère. Ils auraient sûrement l'occasion de discuter. La laissant se réveiller à sa manière, il s'occupa de vérifier la cuisson des lapins.

"Peut-être pourriez-vous me parler de cette magnifique contrée d'où vous venez ? Ionia, si je me souviens bien."

D'une curiosité assez rare sur la terre natale d'une créature aussi merveilleuse, il n'avait pas hésité longtemps à lui poser la question. Il retira la viande du feu et tendit l'une des proies à la jeune femme, tout sourire. Il lui offrait avec plaisir et gratitude. Accepterait-elle le présent près du feu réconfortant du Doskai ou déciderait-elle de disparaître dans la nuit fraîche ?
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Ven 8 Aoû - 23:28

Un doux fumet tendre réveilla la chasseuse. Ses yeux encore ensommeillés, il lui fallut un petit moment avant de parvenir à analyser clairement son environnement. Son premier mouvement fut un étirement très féminin, ses longues queues suivant le mouvement. Elle cligna des yeux deux, trois fois, avant de dévisager la boule de poils qui lui souriait en lui souhaitant une bonne soirée. Ah... Levant les yeux au ciel, la renarde contempla le ciel étoilé. Ionia lui manquait. Même le ciel était différent ici. Jamais elle n'aurait cru s'attacher ainsi à sa contrée natale. Devant elle, le feu dansait en léchant avidement les proies du Doskai. Alors finalement, il savait chasser. La lueur rougeoyante avait un teint délicieux sur la fourrure du presque Yordle, ainsi que sur ses douces queues d'ordinaire blanches. D'une démarche féline, elle se rapprocha du feu à quatre pattes, ses instincts primaires prenant le dessus. Son sourire presque provocateur, ses yeux ambrés se tournèrent vers la boule de poils, alors qu'elle hochait la tête à l'idée d'un repas. Il ne lui fallut que peu de temps pour dévorer le pauvre lapin, ses neuf queues s'agitant de plaisir dans son dos. Une expression enfantine se peignit sur son visage, toute heureuse de se remplir la panse. Une fois cela fait, elle soupira d'aise. Elle appréciait le repas, sans nul doute. Mais les douces saveurs sucrées dont elle avait l'habitude restaient meilleures. La question qu'il avait posé lui fit prendre un air perplexe. Ionia, hein...? Elle s'était contenté de manger, mais maintenant rassasiée, la question prenait du sens.

« C'est une terre calme et paisible, où l'on privilégie l'élévation spirituelle. De nombreux temples peuplent ses terres, et l'on y privilégie la paix avant tout, pour le meilleur, comme pour le pire. C'est également, et paradoxalement, l'un des meilleurs endroits pour perfectionner son art du combat. La nature, la beauté de chaque chose est une valeur d'Ionia. Être un renard à forme humaine n'a jamais interloqué personne là-bas, tant chaque chose mérite sa place. C'est un peuple neutre et refusant le conflit. En apparence. »

Ahri savait que le conflit était inévitable. Des assassins, des meurtriers, des complots tenus secrets étaient le résultat d'une paix artificielle. Elle se souvenait bien du conflit qui déchiraient l'Ordre Kinkou et Zed, et bien d'autres secrets. Ionia était calme uniquement en apparence. Tout se jouait sur les secrets et les traditions.

« Disons que certains s'arrangent pour que les traditions collent à leurs désirs. »

Et c'était terriblement lourd de sens. Peut être bien qu'elle aussi en avait profité, durant de longues années. A se fondre dans la masse, à voler la vie et devenir un peu plus humaine chaque jour. Ce lien ténu qui l'unissait malgré elle à la magie lui rappelait sans cesse qu'elle était incomplète. Comme il l'avait décrit. D'un geste elle attrapa la petite tige nouée à son vêtement, et l'en détacha, pour la tendre à la boule de poil. Ce n'était pas parce qu'elle cherchait pour lui. Après tout, elle l'avait trouvé par hasard. Elle baissa la tête, se sentant quelque part honteuse. Jamais elle n'aurait dû être si tendre avec quelqu'un. Le monde était bien trop cruel pour ça. Elle observa la masse de fourrure. Rabattant une mèche de cheveux derrière son cou, ses yeux ambrés se posèrent sur le feu vacillant. Avec une voix calme mais néanmoins sérieuse, elle lui demanda :

« Plus tôt, tu a dis que j'étais incomplète. C'est une évidence qui m'a frappé il y a bien longtemps. En revanche, personne ne m'en avait jamais fais part. Comment aurais-tu pu le deviner ? As-tu un quelconque moyen de me permettre d'être complète ? »

Ses yeux perçants se fixèrent sur lui, dans la douce obscurité. Sa silhouette, bien que relativement bien éclairée d'une lueur orangée et rougeoyante par endroit, restait tout de même légèrement dévorée par les ténèbres. Mais ses yeux brillaient, félins, alors que ses neuf queues imposantes étaient tantôt illuminés par les flammes, tantôt par la lune, à un rythme régulier dans leurs déplacements. Elle attendait. Avec patience et sagacité, la demoiselle attendait d'en savoir plus sur ses rêves et ses espoirs.
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Hiroyuki Bihukaï
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Sam 9 Aoû - 0:31

La jeune femme avait honoré la chasse d'Hiroyuki sous son regard joyeux. Elle avait eu l'air d'apprécier, d'ailleurs, comme l'indiquait son petit soupir d'aise. Le Doskai avait mangé avec moins d'avidité qu'en milieu de journée, mais n'eut aucun mal à terminer son propre lapin. Oui, le goût était vraiment délicieux. Après, ce n'était pas tout à fait comme si le Doskai adorait manger, tout simplement, mais presque. Il écoutait avec attention les mots d'Ahri sur Ionia. Une contrée où des temples fleurissaient, calme et paisible ? Magnifique. Merveilleux. Sans doute l'un des meilleurs endroits pour un Doskai. Quand le Gouverneur pensait que dans les jungles, ils n'avaient réussi à construire que huit temples à la gloire d'Isaka, l'idée que d'autres peuples aient réussi à rendre hommage à leurs dieux de manière plus criante le rendait heureux. Le visage souriant, il plongea dans les souvenirs des chants sacrés matinaux que les choeurs d'enfants parvenaient à réciter. Mais quelque chose l'interpella. Elle avait annoncé que son apparence n'avait pas choqué les Ioniens. Il demanda si elle était la seule créature avec cet aspect physique, très intrigué mais courtois. En tout cas, la philosophie Ionienne se rapprochait beaucoup de celle des Doskai : tout le monde méritait sa place dans ce monde, tant qu'il savait se débrouiller seul, bien sûr. Lorsque la femme-renarde déclara que la paix de ce pays n'était qu'une illusion, Hiroyuki inclina la tête à gauche, lui demandant silencieusement des précisions. Ahri se fit un plaisir de lui en apporter, mais de manière détournée. Le Gouverneur baissa la tête. Visiblement, elle avait été témoin de certains événements. Pourquoi les humains se compliquaient-ils la vie, déjà si difficile ?

"Ne peuvent-ils pas simplement s'aimer et s'entraider pour leurs enfants et les enfants d'après ?" déclara le Doskai avec un petit pincement au coeur.

Cela sonnait niais. Tout simplement parce que c'était niais. Mais c'était comme ça qu'il voyait la vie : faites de bonheurs simples, d'entraide et de bons sentiments. Pour comprendre quelqu'un en colère, quelqu'un de déchiré, quelqu'un endeuillé...il suffisait d'avoir un contact avec lui, d'être animé de la volonté de faire le bien et donner la force à l'autre de se relever et de retrouver la voie de la paix. Il avait déjà fait ça. La foi en Isaka aidait énormément les personnes perdues ou seules. Alors qu'il était dans ses pensées, Ahri lui tendit une fleur de Kozuru. Elle bredouilla qu'elle était tombée dessus par hasard et que ce n'était pas du tout pour rendre service au Gouverneur. Elle baissa la tête d'une manière qui faillit faire pouffer le Doskai. Cette femme-renarde était gentille mais refusait de se l'avouer. Tout comme son frère, Kasaïji. Il récupéra la plante et lui transmis ses sincères remerciements en effleurant ses doigts. Faisant tourner la fleur entre ses doigts, il souriait, heureux. Un autre Kozuru. C'était magnifique. Il la rangea à côté de sa compère, sous le bracelet de Shiruji. Ici, elles étaient invulnérables. Le Doskai lissa sa queue, contemplant les flammes. Il se rapprochait de son but. Un dernier Kozuru, et il en aurait assez pour les transformer en un onguent. Onguent qui était l'une des multiples parties du remède qu'il avait imaginé. La voix de la femme le sortit de ses pensées. Les réponses lui semblaient évidentes. D'un ton doux, il lui répondit :

"Je l'ai senti à la seconde où j'ai rompu le premier lien que nous avons partagés. Votre lien est déformé, encore à travailler. Cela arrive parfois aux enfants nés trop tôt. Pour les soigner, nous n'hésitons jamais à le faire travailler via ses contacts. Alors, le lien revient progressivement à sa forme habituelle. A l'âge adulte, il n'y a aucun cas recensé. Ou alors, ils ne sont pas passés par mon Temple. Si vous le désirez, je peux essayer de vous aider de cette manière."

Mais il ne garantissait rien. Les liens d'une personne ayant terminé sa croissance ne s'altéraient que très rarement. Ce dernier point, il le garda pour lui, néanmoins. Vivre sans espoir était bien pire que la mort. Si elle désirait aller mieux, alors elle se donnerait à fond. Le potentiel qui dormait en elle n'attendait qu'à être sollicité pour se guérir lui-même. Les neuf queues dansaient dans la luminosité et l'obscurité d'une façon divine. Ses yeux ambrés le regardait à présent.

"Vous m'avez offert une chance, aujourd'hui. Vous m'avez offert un Kozuru. J'aimerais sincèrement vous aider. Si vous souhaitez vraiment guérir, alors prenez ma main et commençons le lent processus de régénération ensemble."

La pierre du diadème s'alluma fugitivement. Cela aurait put être pris pour un reflet de la lune. Avec un sourire engageant, des mots sincères et une gentillesse non feinte, Hiroyuki lui tendit la main.


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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Sam 9 Aoû - 15:32

Elle ne put s'empêcher un ricanement devant la naïveté du jeune presque Yordle. Le Doskai semblait être pourvu de qualités rares mais aussi dangereuses. La gentillesse, la bonté, et plus que tout, un côté idéaliste qui risquait bien de le perdre un jour. Même elle connaissait ces choses-là, mais n'en faisait preuve que rarement. Après tout, la vertu était une chose bien rare dans le monde des hommes. Les vies, les valeurs, tout cela s'effaçait devant la cupidité et l'égoïsme sans fin. Mais la pauvre boule de poils ne semblait pas s'en rendre compte. Sa vision des choses était semblable à celle d'un enfant. Rafraîchissante dans un sens, mais dénuée de toute possible réalité. Résultat d'une société plus nécessitante sur l'entraide, sans doute. Le vaste monde humain devait lui paraître semblable à une route semée de pièges bien trop grand pour un si petit être. Avec une point de sarcasme, elle lui pointa son erreur :

« Petit, c'est naïf de ta part de penser que les hommes sont ainsi. Bien que pourvu d'une morale, certains n'ont aucun mal à l'ignorer. Certains, trop nombreux à Ionia, cherchent la puissance et la protection d'un dieu tout puissant. Et ils sont prêt à tout pour y parvenir. Rares sont ceux qui n'ont pas les mains tâchées de sang là bas. Car chaque acte entraîne des conséquences, visibles ou non. »

Combien de vies avait-elle détruites par ses actes ? Fut un temps où cette question lui importait peu. Elle avait changé, au plus profond d'elle. Et à vrai dire, la renarde était incapable de dire si elle regrettait l'affinement de sa morale ou non. Toutes ces choses, ces contraintes qu'elle voyait sans jamais comprendre. Ce monde si vaste qu'elle percevait et sentait pourtant, mais qui lui restait, d'une certaine manière, fermée. Sa compréhension du monde était loin d'être erronée cependant, elle en était persuadée. Mais elle ignorait tout de ce qui la bloquait, ce qui l'empêchait de comprendre les hommes. Leurs désirs et secrets n'étaient rien pour elle ; mais sa tendre morale la gênait plus qu'autre chose. Comment diable faisait-il pour vivre avec ? Ces questions restaient sans réponse pour la renarde. Puis, avec un soupir, elle poursuivit :

« En ce qui concerne mon apparence, je ne suis qu'une renarde. Bien que j'ai la particularité d'avoir neuf queues. Mais au fond de moi-même, j'ai toujours senti un lien avec le monde magique. Toujours incomplet. Ma transformation l'a aidé à me compléter, mais c'est toujours imparfait. »

Ahri se contenta d'acquiescer en écoutant les conseils du petit. Ça se travaillait, hein...? Il avait l'air d'avoir des solutions complètement différentes de ce qu'elle avait toujours cru. L'absorption de la vie d'autrui avait toujours été plus ou moins efficace, mais elle restait incomplète malgré toutes celles qu'elle avait prise. En son fort intérieur, elle fut heureuse d'avoir eu cette stupide impulsion pour ramasser la fleur, si désormais il l'aidait. Il avait tendu sa petite main avec un air serein. Pourtant, la femme-renarde hésita. Ce lien incomplet, que deviendrait-il une fois complet ? Il lui semblait que le diadème de la boule de poils était un peu différent. Il ne lui mentirait pas. Pas avec cette tendre sincérité qui brillait dans ses yeux. La renarde savait reconnaître les différentes idées qui passaient dans le regard. Sa longue expérience des êtres humains et plus particulièrement des hommes lui avait appris à décrypter tout cela. Après tout, pour répondre à leurs demandes avant qu'elles soient posées, il lui fallait les deviner. La jeune femme prit un air sérieux, et conclut sur une voix presque susurrée :

« C'est d'accord. »

Alors la douce main d'Ahri rejoignit la petite menotte à fourrure du Doskai. Travailler le lien, hein...? Elle ferma les yeux et se concentra, tout en suivant les instructions du presque Yordle. Cette nuit, dans la douce clarté lunaire, elle restaurerait son lien d'une manière ou d'une autre.  Il le fallait.
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Dim 10 Aoû - 14:14

La femme-renarde lia leurs mains. Instantanément, Hiroyuki choisit avec précision de lui transmettre une seule et unique émotion : le bien-être. Il bloqua toutes les émotions qui venaient d'Ahri : lui n'avait pas besoin de ressentir ce qu'elle envoyait. Lorsqu'il faisait travailler le lien des enfants, il commençait toujours par des émotions très positives. L'enfant assimilait alors l'exercice à un moment de partage très agréable entre eux. Il expliqua de manière bienveillante à la jeune femme le but de la première étape. Elle devait citer l'émotion qu'elle ressentait via son lien avec lui. Elle devait l'isoler et la reconnaître comme ne venant pas d'elle. Le Gouverneur, n'ayant ajouté aucunes nuances, ne tarda pas à avoir la bonne réponse. Sans rompre leur contact, il remplaça le bien-être par l'impression de satiété - une nuance de l'émotion précédente. Puis il continua de tourner sur les nuances du bien-être. La chaleur du feu, être en bonne compagnie, être assis confortablement,...Toutes ses nuances étaient déjà bien plus compliquées que l'émotion seule du départ. Toutes ses manipulations de lien ne lui coûtaient rien en énergie, trop habitué à s'en servir chaque jour. Par contre, il doutait qu'Ahri puisse tenir la cadence longtemps. Le Gouverneur allait lentement, toutefois - pour lui. Il laissait l'émotion germer doucement et la femme-renarde en prendre tranquillement conscience. Elle devait tenter d'isoler l'émotion, l'analyser et la reconnaître. Plus l'exercice durait, plus Ahri affirmait son lien. Enfin, Hiroyuki acheva ce moment en lui transmettant un concept, et non plus une émotion : l'espoir. Elle ne comprendrait peut-être directement ce qu'elle ressentirait, mais au fur et à mesure, les enfants assimilaient ça quotidiennement. Ils gardaient ainsi l'espoir de réussir et d'être un vrai Doskai, complet. Lorsque l'on maîtrisait parfaitement le lien, l'on pouvait transmettre de l'amour et de la joie ou de la colère et de la tristesse. C'était un tout. Un contact naturel qui permettait à tous les Doskai de mieux se comprendre, de mieux réagir, de s'aider et de s'aimer. C'était une philosophie entière basée sur la confiance. Les Doskai ne pouvaient inventer des émotions qu'ils ne ressentaient pas et les faire transiter par le lien. Bien que les plus doués puissent moduler à leur guise ce qu'ils donnaient aux autres - le cas de tous les Gouverneurs. Ces réflexions silencieuses l'accompagnèrent tout au long du dernier échange.

Le Gouverneur lâcha sa main doucement. Il décocha un sourire à la femme-renarde, la félicitant pour ses bonnes réponses et l'assurant que les moins bonnes lui apparaîtraient évidentes bientôt. L'exercice n'avait pas du durer plus longtemps qu'une heure - ce qui était tout de même très long pour une première fois. Hiroyuki raviva les flammes maigres en ajoutant un peu de bois sec. Il observa les flammes avec l'air distrait, laissant le temps à Ahri de revenir totalement à ses sens. Il s'allongea finalement par terre, les yeux tournés vers le ciel. Il pensa mélancoliquement à sa famille pendant un instant. Le Doskai donna un coup d'œil aux Kozurus. Le Gouverneur se mit soudainement à genoux. Il allait prier. Joignant ses mains, il pria pour son peuple, ses frères, ses amis et la femme-renarde. Qu'elle puisse un jour avoir son âme en paix et se sentir enfin complète. Toutes ses pensées pleines de bonne foi envoyées, il s'assit de manière plus classique. Lissant de nouveau les poils de sa queue, il se prépara à dormir. Sans aucune gêne, il demanda à la jeune femme s'il pouvait dormir de nouveau dans ses magnifiques queues revigorantes. Son sourire à l'idée de dormir si confortablement à nouveau était plus visible dans ses yeux que sur ses lèvres. Il se roulerait en une petite boule d'innocence et ne la gênerait pas. Espérant qu'elle accepte, il attendit sa réponse.


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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mer 13 Aoû - 2:20

L'exercice lui parut long et difficile. Si le Doskai se contentait de n'envoyer qu'une seule émotion, démêler les choses lui paraissaient compliquées. Comme si elle ressentait bien mieux ses propres émotions. Tout lui apparaissait comme évident, mais dans le même temps, faire le tri devenait plus dur. Se concentrant davantage encore, la jeune femme entreprit de trouver ce que lui insufflait le Doskai. Il lui semblait qu'il se contentait d'émotions positives, ce qui n'était pas plus mal, ses propres émotions déjà difficiles à gérer. Mais Hiroyuki ne semblait pas perturbé. Question d'habitude, sans doute... Elle pouvait presque toucher du doigt l'étrange lien magique qui se faufilait dans l'air, autour d'eux. Bientôt, l'atmosphère et le lieu n'eurent plus d'importance. Il n'y avait plus que ces émotions, ces sensations vibrantes et grisantes qui se modifiaient comme l'on change de note. Comme s'il ne s'agissait que de modifier de légères nuances, Ahri avançait dans un monde de douceur et de sensations psychiques. Un plaisir qu'elle n'avait que rarement connu, son cœur aveuglé par de puissants désirs. Des désirs passionnés et sans fin, qui la menait plus loin et la rendait plus humaine. Mais son humanité tenait-elle dans l'apparence ou dans le cœur ? La question n'effleura qu'un bref instant la renarde, qui sentit que le lien était coupé. Hiroyuki avait terminé. Prête à en demander plus, la jeune femme releva ses yeux ambrés vers le Doskai, mais un étourdissement la prit. D'accord. Peut être pas plus, en fait. Les douces sensations agréables envolées, une profonde fatigue et un épuisement moral l'avait envahie. Elle soupira, et porta sa main gauche à son front. La chaleur du feu la fit frissonner alors que ses sens se réveillaient. Les odeurs boisés, la fraîcheur et le silence secret de la nuit...

Ses neuf queues n'en demandèrent pas plus pour l'enrouler alors qu'elle s'allongeait au sol dans un geste fluide et gracieux. Un bâillement fut relâché alors qu'elle ramenait ses jambes près d'elle, pour se rouler en boule. Ses bras se tassaient contre sa poitrine et son visage parut se détendre. Elle ne jeta qu'un regard lent au petit qui demandait asile dans son pelage. La jeune femme lâcha un dernier soupir, avant d'ouvrir un petit coin dans ses queues, pour accueillir le presque Yordle. Naturellement, elle le ramena plus proche d'elle, cherchant une source de chaleur supplémentaire. La jeune femme s'endormit rapidement, peu anxieuse d'une quelconque menace. Personne ne viendrait embêter un renard à neuf queues sans craindre pour sa vie, et leurs petits chasses dans la journée avait dû prévenir les plus réticents qu'ils n'étaient pas des proies, mais des prédateurs. Le silence se fit, les rêves prirent place face à la réalité. Bien que les mots tournaient encore dans la tête de la renarde, bientôt, ces mots devinrent des images tangibles. De grands immeubles et d'immense routes pavées, des odeurs familières d'encens et légèrement cendrées lui parvenait. Les toits aux tuiles en vague, les poutres en hauteur, voies royales des assassins où elle aimait s'asseoir pour contempler le ciel nocturne. Rares étaient ses plaisirs qui avait droit à un temps indéfini. Celui là en était un, ainsi que sa chasse quotidienne de victimes des plaisirs de la chair. Elle savait les faire vibrer et danser au creux de sa main, sans jamais devenir vulgaire. Il suffisait parfois d'une épaule dénudée, une retombée de cheveux ou un air si innocent qu'il en devenait tentant. Ses souvenirs s'emmêlaient et s'entremêlaient, dans son inconscient. Ses rêves lui parurent longs, très longs, mais à peine ses yeux s'entrouvrirent qu'ils s'envolèrent avec le voile de la nuit.

Il fallut encore de longues minutes à Ahri pour se décider à les ouvrir réellement. Le feu était éteint, les braises froides, sans aucune trace de fumée. Le soleil pointait doucement dans le ciel, encore assez bas. Il était tôt. Elle s'étira paresseusement, certaines de ses queues se replaçant. Un truc assez lourd sembla bouger sur l'une de ses queues. La jeune femme se contenta de tourner la tête, pas encore suffisamment réveillée pour que les souvenirs de la longue journée d'hier lui reviennent en tête. La frimousse du presque Yordle ranima ses espoirs, et elle sourit bien malgré elle. Dans un sens, sa façon de faire fonctionnait... Mais elle n'allait sûrement pas le suivre gentiment jusqu'à ce que le problème se résorbe. Que devait-elle faire, alors ? Elle frotta son index contre la joue endormie du petit être. Hmm... Piltover, les jungles, ou le suivre...? Combien de temps prendrait son processus ? Fonctionnerait-il seulement bien en fin de compte ? Roulant sur le dos, la renarde contempla le ciel clair. Un bleu doux, celui du matin, à l'ambiance encore fraîche et rosée. Bon. Elle déposa sur le sol le petit et se releva. Ses yeux d'ambre le fixèrent longuement, pour le juger sévèrement. Elle risqua une main vers le pendentif qu'il avait autour du cou. Le contact fut désagréable. Douloureux, même. La jeune femme se força à le prolonger quelques secondes, juste le temps de l'examiner. Dès que ce fut fait, elle retira sa main et l'enroula dans l'une de ses queues. Cela ressemblait grandement à l'essence qu'elle cherchait, mais en même temps, c'était un peu différent. Pourrait-elle seulement l'exploiter...?

« En fin de compte, ça pourrait ne pas m'aider, hein... »

La renarde soupira. Sa main lui faisait mal. Attentive, elle chercha la source d'eau la plus proche, pour bondir rapidement en sa direction. Elle y trempa sa main longuement. Ça brûlait. Dans un soupir, elle sortit une petite gourde en verre, qu'elle remplit sans demander son reste, et retourna au campement. Cette fois ci, le petit semblait bien réveillé. Sans un mot, elle tendit la gourde au presque Yordle, pour bondir de nouveau vers un arbre plus haut. Ses sens à l'affût, elle eut tôt fait de repérer une proie alléchante. Une pauvre volaille – d'ailleurs elle-même n'était pas certaine de savoir ce que c'était exactement – était occupée à une recherche de nourriture sans se soucier du reste. Son sort fut scellé dès l'instant où le feu ardent de ses Lucioles touchèrent leur cible. Elle l'attrapa par les pattes et le proposa à Hiroyuki. Ses yeux ambrés se concentrèrent sur son repas avec avidité. Finalement, elle releva les yeux pour croiser ceux du Doskai.

« Et maintenant, que comptes-tu faire, petit ? »

La question n'était pas anodine. Elle même déterminerait sans doute ses plans grâce à la réponse. Ionia lui manquait déjà. Peut être aurait-elle dû se contenter de l'essence vitale de pauvres voyous.


HRP - Si ça cloche par rapport au pendentif, MP
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Hiroyuki Bihukaï
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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mer 13 Aoû - 15:44

Avec un bâillement magistral, le Doskai ouvrit les yeux. Il aurait adoré rester dans les queues d'Ahri plus longtemps. Un peu de douceur et de tendresse lui mettait du baume au cœur, lui qui pensait si souvent à sa famille. Il se frotta l'arrière de la tête et leva le museau vers le ciel. Les odeurs étaient bonnes et fraîches. Soudain, un petit battement se fit sentir contre sa poitrine. Hiroyuki attrapa le pendentif et le tint devant lui un instant, observant le magnifique rubis enchâssé dans le cercle d'or. La pierre d'esprit réagissait étrangement ce matin. Il porta la pierre jusqu'à son front et l'y déposa un bref instant. Kasaïji, merci. Un coup d'oeil vers son poignet lui indiqua que les Kozurus étaient toujours présent. Le Gouverneur se leva enfin. La renarde ne semblait plus dans les alentours. Quoiqu'il venait d'entendre un bruit étrange. Les oreilles dressées, il se dirigea vers un petit cours d'eau proche. Les neufs merveilles de Ionia lui souhaitèrent la bienvenue en remuant paisiblement. La femme se tourna vers lui et lui tendit la gourde sans un mot. D'un bond agile elle partit chasser. Le Doskai ne put qu'accepter l'eau claire. Une bonne gorgée plus tard, il soupira d'aise. Tout était parfait dans les forêts de Valoran. Hiroyuki retourna tranquillement à l'endroit du dernier campement. Les fourrures des lapins d'hier étaient toujours dans un coin, prêtes à être utilisées. Le Doskai les attrapa et retira le peu de givre qui restait encore. Les époussetant de la main, il jaugea très simplement la taille des deux. Il savait ce dont il avait besoin. Récupérant un os proche du tas de cendres , il se leva. Cela pourrait suffire. Se rendant près d'un arbre, il l'entailla généreusement. La sève commença à couler sans peine, sous l'écorce ébréchée. Pour la récupérer, l'os creux du lapin serait idéal. Patient, il récupéra la quantité nécessaire. Le Gouverneur s'assit contre l'arbre et commença à lier les deux peaux. Le fluide faisait une colle excellente naturellement. La petite sacoche qu'il créait était sommaire mais suffirait. L'esprit très pratique, il regretta l'absence de lianes épaisses comme dans sa terre natale. Comment allait-il faire une ceinture...? Une main sous le menton, Hiroyuki réfléchissait. La voix de la femme-renarde le sortit de ses pensées. Son visage s'illumina à l'idée de faire rôtir le volatile. Il posa volontiers sa sacoche des plus imparfaites à terre pour saisir l'animal. Il remercia chaleureusement la renarde avec un sourire désarmant. Puis, le Gouverneur se mit à plumer la proie sans plus de politesse. A mouvements experts, les plumes tombaient rapidement. Ahri engagea une conversation, attendant patiemment qu'il termine de préparer la bête.

"C'est très simple. Je vais chercher au moins un autre Kozuru avant de quitter cette zone. Ensuite, je m'env...je me dirigerai vers les Marais Hurlants. Un champignon nommé Etron Chantant me serait utile. Après ça...je continuerais à réunir les ingrédients dont j'ai besoin. Et vous, Ahri ? Qu'allez-vous faire ?"

Il posa la question avec un intérêt non feint. Il savait parfaitement les dangers qui l'attendaient sur le chemin du remède, il y était préparé. Mais il ne savait pas ce que poursuivait la femme-renarde. Le volatile prêt à être cuit, Hiroyuki effleura le pendentif de deux doigts. Il raviva les flammes à l'emplacement des cendres, redonnant vie à quelques braises. Le Doskai leva le museau vers sa compagne, demandant de lui passer du bois. Le feu prit une allure beaucoup plus vaillante. Il fit rôtir la volaille avec une lueur gourmande, se léchant déjà les lèvres. La viande ne serait pas prête avant un long moment - cette bête était plus grasse. Le Gouverneur ne perdit pas une seconde et reprit tranquillement le confectionnement de sa sacoche. Il se servit surtout des petits os de lapins pour combler les trous des fourrures, piquant et repiquant la peau. Ses petits doigts agiles savaient ce qu'ils faisaient. Il n'y avait plus que de faibles jours dans le nouvel accessoire finalisé, en plus de l'ouverture constante du haut. Hiroyuki, fier de lui, pratiqua une petite encoche sur le dessus, permettant plus tard de l'accrocher à une future ceinture. Ceinture dont il n'avait aucune idée de la façon de créer rapidement. Tournant la tête dans toutes les directions pour espérer poser les yeux sur un objet qui l'inspirerait, il oublia quelque peu la cuisson de la proie. Mais le fumet trop agréable le gêna. C'était prêt à être dégusté. Laissant de côtés ses questions pratiques, le Doskai s'empara d'un pilon en invitant Ahri à faire de même. Le sourire jusqu'aux oreilles, il mangea avec un appétit et un plaisir sincères. La chair était tendre et chaude, un vrai régal. Par politesse et par respect, il laissa les meilleurs morceaux à la chasseuse. Repu, il s'accorda un petit temps de repos. Ce que vivre ici pouvait être plaisant ! Pas trop de prédateurs, de bonnes proies, de quoi faire la sieste tranquillement et un air vivifiant...une destination de rêve ! Mais il n'était pas là pour visiter la région sans but. Le Gouverneur fit un effort de volonté et se leva. Il s'approcha des grandes feuilles d'arbres et se demanda si elles lui offriraient, roulées, la ceinture qu'il souhaitait. Décidant de tenter l'aventure, il grimpa au tronc et s'empara des plus belles feuilles. Retombant à terre, il les roula sommairement et récupéra à nouveau de la sève. Aussi sommaire et fonctionnelle que sa sacoche, il avait à présent de quoi entourer sa taille. Hiroyuki serra le nouvel accessoire avec plaisir. Il y accrocha un os de volaille sur un coin, le fixant avec toute la sève qui lui restait et y pendit son petit sac. Cela semblait tenir. Le Gouverneur força un peu et rien ne s'écroula. L'allure fragile n'était pas feinte, pourtant. Toutefois, cela lui conviendrait temporairement. Avec un petit sourire, il rangea les Kozurus dedans. Il était de nouveau prêt à reprendre sa cueillette de fleurs.

"Peut-être vous offenserais-je en vous demandant de me porter assistance ?" dit-il avec douceur.

Quelle que soit la réponse d'Ahri, il ne pouvait pas retarder à l'infini ses recherches. Les fleurs allaient faner et perdre leur pouvoir s'il ne les transformait pas en un onguent rapidement. Il patienta tout de même, lui étant reconnaissant du repas qu'elle lui avait offert.


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MessageSujet: Re: Chasseurs et chassés   Mer 27 Aoû - 20:17

Le presque-Yordle n'avait d'yeux que pour son remède, et au final, la présence de la jeune femme n'avait aucun impact sur sa prise de décision. Pour dire vrai, la jeune femme était très largement intéressée par les soins qu'il essayait de lui apporter, mais se refusait à suivre docilement un si petit être juste pour cela, tout en consentant à l'aider dans sa quête. Ce n'était pas dans ses intérêts, et elle aurait sans doute des moyens détournés pour arriver aux mêmes fins sans pour autant devoir arpenter des forêts des jours et des jours. Non pas que la forêt la dérangeait, mais l'essence vitale s'y montrait assez maigre. Elle pesa lourdement ses options et trancha. Piltover d'abord. Elle dévora le repas une vitesse hallucinante, et prit en compte les questions du jeune Doskai. Le contemplant sévèrement, la renarde lui adressa un regard plein de questions et pourtant assez froid. Elle plissa des yeux, et répondit sur un ton neutre :

« Je pense me rendre à Piltover. Peut être que la technologie aura une réponse à mon problème. »

Elle se redressa et s'épousseta, regardant les alentours et tentant de percer les bruits environnants, tout en réfléchissant encore longuement à la proposition de son camarade de fortune. Non, elle ne le suivrait pas. Sur le même ton doux qu'il lui adressa, elle conclut :

« Tu ne m'offenses guère, petit, mais il est important que je m'occupe de certaines affaires au plus vite. Néanmoins, je serais ravie de pouvoir t'aider à l'avenir. Si jamais tu dois faire un détour par Ionia, arrête toi dans ses forêts les plus au sud, tu m'y trouveras sûrement. Sur ce, puisses-tu parvenir à trouver cette fleur si rare. »

Ahri lui adressa un signe de tête poli et bondit jusqu'à l'arbre le plus proche, qu'elle grimpa avec habileté. Intérieurement, elle songea que garantir son aide ainsi ne lui ressemblait pas. Cependant, elle n'avait rien de particulier à reprocher au petit, ni même à lui envier, et il l'avait aidé sans aucune malice ni fourberies. Dire qu'un presque-Yordle avait bien plus de grandeur d'âmes que certains Ioniens qui consacraient leurs vies à des temples ou des ordres la fit presque rire. Peut être bien qu'au fond, elle l'appréciait. Il ressemblait un peu à Wukong : franc et plein de volonté. Les animaux étaient définitivement les mieux placés pour comprendre la renarde. Sa morale humaine lui avait appris beaucoup de choses, et elle s'était d'ailleurs peut être bien radoucie à cause de cela. Qu'importe. Elle devrait vivre avec pour le restant de ses jours. Bien que la question du temps qu'il lui restait n'avait jamais été un souci pour la renarde, elle se surprit à s'inquiéter de son espérance de vie. Ses neufs longues queues témoignaient de la longévité de son espèce en temps normal, mais moitié humaine comme elle l'était, qu'adviendrait-il d'elle ? Sa morale humaine frappait encore, comme toujours. Chassant ces pensées rapidement, elle s'élança au travers de la forêt de montagne, épineuse et chaotique. Elle était presque sûre de son cap, en regardant le ciel, et ne put s'empêcher de sourire devant le soleil puissant qui réchauffait sa peau. Un beau jour. Mais la route était encore longue jusqu'à la cité du progrès. La jeune femme songea à s'infiltrer comme à l'aller dans des charrettes de marchandises, aussi, elle se rapprocha de la route à grands bonds et observa les alentours. Sa cible trouvée, elle s'installa avec discrétion à l'arrière et se replia silencieusement. Elle observa les bords de la forêt qui s'effaçaient, se demandant si le petit être avait trouvé les plantes qu'il cherchait. Voilà qu'elle s'inquiétait, maintenant. Ahri fronça les sourcils, et se jura que la prochaine fois, elle pourrait le quitter sans avoir une seule pensée à son égard.
Fichue partie humaine.


HRP - Terminé de mon côté !
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Chasseurs et chassés

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