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 La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit

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Tharja
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MessageSujet: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Mar 14 Avr - 3:23


Encore un peu. La jeune femme y était presque, et pouvait y parvenir, elle en était persuadée. Ses muscles engourdis lui faisaient mal, tirant, trop lourds, et son équilibre se faisait de plus en plus instable, mais elle voulait à tout prix parvenir à dépasser la ligne qu’elle s’était fixée, dans ce couloir sombre des catacombes, ou personne ne s’aventurait pour venir la déranger.  

Aie !

Elle s’assit par terre, et remonta son genou écorché et en sang contre sa poitrine. Une douleur lancinante la traversait, de son membre râpé contre le sol de marbre inégal. Si une ancre jetée d’un bateau, heurtant les fonds marins et trainée un moment contre ces derniers avait pu avoir des sensations, ç’aurait sans doute été la même que celle que Thysia , au moment où elle était violemment retombée contre le sol, emportée par sa propre vitesse, et par le poids de ses ailes trop lourdes, et trop peu entrainées à voler.  Il faut dire que quelques minutes passées dans des souterrains, même si elles étaient régulières, étaient loin d’être suffisantes. Résultat, elle passait beaucoup de temps à se donner une impulsion, ce qui avait beaucoup développé les muscles spécialisés, et lui permettait de créer des bourrasques violentes, mais peu à maintenir un vol, et à entretenir les parties des ailes qui y servaient.

Durant quelques instants, une légère lueur bleue illumina l’obscurité, venant du saphir bleu qu’elle portait à son cou, tandis que sa paume effleurait la blessure de son genou, interrompant le saignement. Ce n’était pas du grand art, mais elle était loin d’être une maitresse dans l’art de la magie. Pas bien puissante, pas bien douée, mais elle parvenait à se débrouiller. Une mage de bas niveau, mais une mage quand-même. « Seuls les humains peuvent être des mages », pensa-t-elle en imitant la voix nasillarde de son mentor. « Tu n’es qu’à moitié humaine, alors ne t’attends pas à être un jour plus qu’une moitié de mage ». En plus, ce n’était même pas vrai, car les Yordles pouvaient être sorciers, eux aussi. Mais elle s’était bien gardée d’en faire la remarque. Elle n’était pas à moitié Yordle, non plus, alors l’argument n’était pas valable.

Avec un léger soupir, la jeune fille effleura du bout de ses doigts fins et graciles l’endroit où sa robe avait été déchirée par sa chute, la reformant par ce simple contact. Voilà au moins un type de magie qu’elle maitrisait bien, et qui n’était pas à la portée du premier venu, de loin. Ses talents de métamorphe, et de modifier tout ce qui faisait partie de son corps, à sa guise. Comme cette robe, qui n’était qu’un duvet de plume déguisé, pour maquiller ce qu’elle était. Pour le moment, elle était aussi noire que ces souterrains, tout comme sa longue chevelure lisse, et que les plumes de ses longues et lourdes ailes, qu’elle rétracta dans son dos dans un souffle d’air, jusqu’à les faire disparaitre. Ainsi, si quelqu’un avait l’idée de s’aventurer par ici et de la surprendre, elle n’aurait pas de mal à se dissimuler dans les ombres.

Elle s’était fait mal, et était fatiguée, aussi, ce serait bien suffisant pour aujourd’hui. Boitillant légèrement, elle remonta le long des couloirs retournant vers les souterrains plus classiques, l’écho de ses pas résonnant autour d’elle, tandis que les quelques torches disposées, de plus en plus fréquentes, sur les murs, renvoyaient de grandes ombres sur son passage. Dans cette semi pénombre, quiconque aurait croisé son regard, dont l’un des yeux, noir, absorbait toute la lumière, tandis que l’autre, bleu, la reflétait, l’aurait sans doute trouvé particulièrement inquiétant. Mais peu de gens s’aventuraient par là.
Finalement, après une dernière vérification pour s’assurer que son apparence était tout ce qu’il y avait de plus humaine, elle déboucha dans une ruelle souterraine, dans un quartier reculé, mais qui au moins, sortait des catacombes.

De là, elle traversa rapidement les pavés, gardant la tête basse, pour ne pas attirer l’attention sur elle, vers les quartiers les plus riches de Noxus. Passant un grand portail rouge, finement ouvragé, elle quitta rapidement l’allée principale qui menait au grand bâtiment, pour se diriger vers une petite porte, sur la gauche du manoir. Une petite aile, privée, d’une quinzaine de mètres carrés à peine, ou elle vivait depuis bien des années, sous la tutelle du propriétaire des lieux. Malgré ça, rien de bien personnel ici, les murs étaient blancs, si ce n’est quelques dessins punaisés ci et là. Un lit étroit, aux draps de bonne qualité, un petit poêle ou elle pouvait faire la cuisine, et une petite pièce carrelée qui lui servait de salle de bain. Elle avait le droit d’accéder au reste du bâtiment quand elle en avait besoin, mais l’homme ne l’appréciait guère et lui faisait savoir, aussi, elle l’évitait autant qu’elle pouvait.

Elle allait néanmoins avoir besoin de s’y aventurer, pour trouve de quoi désinfecter sa blessure. Même si elle avait commencé à la soigner magiquement, les catacombes étaient à peine au-dessus des égouts des bas-fonds de Noxus question hygiène, et elle préférait éviter le risque de voir la plaie s’aggraver à cause de saleté. Ecartant le rideau devant la baie vitrée coulissante qui donnait accès au petit salon du manoir, elle s’introduisit silencieusement dans celui-ci, essayant d’éviter d’attirer l’attention. Son mentor était assis devant une table basse, une bouteille de vin ainsi que deux verres, pour lui et son invité, dans cette même pièce. Par chance, une armoire à pharmacie était accrochée à l’opposé, sur le mur d’en face, et elle n’aurait pas à s’aventurer loin pour trouver ce qu’elle cherchait. A pas souples et silencieux sur les épais tapis aux motifs brodés complexes, dont chaque pièce valait sûrement plus que l’appartement qu’on lui octroyait, elle traversa rapidement le salon. Les hommes avaient l’air de ne pas l’avoir remarqué, ou en tout cas, ne lui prêtaient pas attention, continuant leur discussion, dont quelques bribes attirèrent l’attention de Thysia, qui se figea, cachée par une grande armoire en chêne, pour les écouter quelques instants.

- Vous êtes certain qu’elle ne l’a pas repéré ?
- Absolument. A ma connaissance, elle ne doute pas de ma loyauté, et si elle m’avait surpris dans ses réserves d’eau, je ne serai sans doute plus ici pour en parler

Thysia avait l’habitude au sein de la rose noire, d’entendre parler, ou d’assister à des manipulations et abus de confiance en tout genre, et n’en faisait que peu cure. Fouillant dans l’armoire pour trouver un bandage et de l’alcool à désinfecter, elle entreprit de faire le chemin inverse jusqu’à son appartement.

- J’espère que vous vous souviendrez d’à qui va votre loyauté, Lord Alshiel. Ce n’est plus qu’une question d’heures avant que la présidente ne soit plus, désormais.
- Si ce n’est pas déjà fait. N’ayez aucune crainte mon ami. Une fois la présidente empoisonnée…

L’homme s’interrompit soudainement, et Thysia senti un regard sur elle. Mimant de l’ignorer, elle continua simplement à avancer, le cœur battant légèrement plus vite. Visiblement, elle avait interrompu une discussion qu’elle n’avait pas due.

- Ne vous en faites pas pour cette gamine, grogna son mentor. Une simple apprentie, et une … semi humaine, qui plus est.
Il avait craché ce mot avec dégout et mépris, comme confronté à un rat mort sur son paillasson. Même si elle en avait l’habitude, la jeune femme se crispa à ces mots, continuant d’avancer.

- Elle ne comprends pas de quoi on parle.

Thysia ouvrit rapidement la baie vitrée, et se glissa derrière, la refermant. Contrairement à ce que l’homme qui l’éduquait prétendait, elle avait parfaitement compris de quoi il en retournait.
S’il n’avait s’agit que d’une affaire classique de la rose noire, il n’y aurait pas eu de problème à ce qu’elle l’entende. Après tout, elle en avait l’habitude, d’être aux premières loges pour assister à tout, puisqu’elle se chargeait des oiseaux messagers. Mais cette fois, il apparaissait clairement que cette discussion n’était pas destinée aux membres de la Rose… Ou pas tous. Ils avaient parlé de loyauté, de réserve d’eau, de la présidente empoisonnée… Se pouvait-il que… ?

Ses pensées se dirigèrent un instant vers la dirigeante de l’organisation de mages qui l’avait pris sous son aile, et accueilli. Emilia LeBlanc. Elle n’avait que peu de fois eu l’occasion de la croiser en personne, si ce n’était lors d’une période ou ses talents d’interprète avaient été demandés en sa présence, plusieurs fois de suite. Mais Thysia savait que c’était à elle qu’elle devait sa place ici, et donc, sa vie. Sans ça, jamais l’hybride qu’elle était n’aurait survécu, avant d’être capable de dissimuler son apparence. Si sa loyauté allait à quelqu’un, c’était sans doute bien plus à la présidente de la Rose elle-même, qu’au tuteur qu’on lui avait attribué et qui la méprisait. D’autant plus si ce dernier voulait attenter à la vie de sa supérieure.

Elle devait agir. Elle devait agir vite. Si, comme elle l’avait compris, ils avaient déjà empoisonné son eau, chaque minute comptait, peut-être même était-il déjà trop tard. Abandonnant son matériel de soin pour sa blessure sur son lit, Thysia s’éclipsa rapidement par la petite porte, reprenant le sens inverse dans les jardins, pour sortir. Cette fois, sa direction était bien différente, cependant : elle filait tout droit vers la demeure de la présidente de la Rose Noire, le manoir Lonoran.

Elle courrait presque sur les pavés. Le plus vite qu’elle pouvait, sans attirer trop l’attention sur elle, et en espérant que son mentor n’ait pas remarqué son départ si rapide, ou n’ait pas fait le lien. Dans tous les cas, elle devait se dépêcher, car la vie de LeBlanc reposait peut-être sur ses frêles épaules. Heureusement, à force d’y errer sans trop pouvoir remonter à la surface, la jeune fille connaissait les souterrains par cœur, et n’eut aucun mal à trouver sa destination. Se présentant devant les immenses portes, impressionnantes, elle leva un bras hésitant. Elle n’était pas supposée entrer là-dedans. Une hybride comme elle n’avait pas sa place dans les bâtiments de la noblesse, alors la demeure de la présidente de la Rose elle-même !

Mais sa vie en dépendant peut-être. Sûrement, même, si ce n’était pas trop tard. Prenant une grande inspiration, elle frappa trois grands coups.

----------------------------------------------------

– Elle nous a entendus. Mieux vaut ne pas prendre de risque… Et puis, sa disparition passera inaperçu, personne ne se soucie d’elle, alors à côté de la mort de la présidente…
Lord Alshiel acquiesça, et son hôte se releva, lui demandant quelques minutes de patience. S’emparant d’un poignard finement gravé, suspendu au mur comme une véritable pièce de collection, il le dissimula dans sa manche, avant de se diriger vers la baie vitrée ou la jeune fille hybride avait disparu quelques instants plus tôt.
Moins d’une minute plus tard, il ressortit, en jurant.

- Elle a filé.

Si cette peste avait compris leur discussion, elle était peut-être partie prévenir la présidente, ce qui pourrait tout faire capoter, et les conduire à leur mort si elle y parvenait. Inutile de compter lui courir après : la jeune fille était rapide, et les distancerait vite. La seule chose à faire était de faire en sorte que la présidente, si c’est chez elle qu’elle se rendait, ne la croit pas. Après tout, elle ne pouvait pas en avoir entendu assez pour donner d’informations précises, et LeBlanc, il le savait, avait confiance en lui. Qu’il désigne cette gamine comme une traitresse, et avec un peu de chance, elle se ferait tuer avant même d’avoir pu ouvrir la bouche. S’excusant une nouvelle fois auprès de son invité, l’homme se dirigea vers une autre pièce, ou se trouvait un étrange appareil magique, permettant de communiquer à distance. Le temps pressait, il devait parvenir à contacter LeBlanc avant cette gamine, et trouver un mensonge crédible.
Un instant, en l’absence de réponse de la présidente, il eut l’espoir qu’elle soit déjà morte. Vite réduit à néant en parvenant à rentrer en communication avec elle, à son grand désarroi.

- Présidente LeBlanc ? Pardonnez-moi de vous déranger à une heure aussi tardive, mais il s’agit d’une affaire urgente. Il s’agit de la petite pupille, l’hybride, que vous aviez fait accueillir par la Rose il y a des années…


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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Mer 15 Avr - 1:50


Deeper in the night
Even the demons want to sleep…



La nuit pouvait parfois être longue quand on ne trouvait pas le sommeil.

Pour la matrone de la Rose Noire, les nuits étaient souvent longue. Elle devait penser à tellement de choses en même temps qu’elle n’avait pas autant de temps pour elle qu’elle l’aimerait, la faisant parfois veiller dans son lit sans trouver le sommeil. Les questions de la journée tournant sans cesse dans sa tête, comme si une réponse allait surgir comme cela, par miracle. Hélas, les choses ne se passaient jamais aussi facilement et elle le savait. Pourtant le savoir ne l’aidait pas à trouver le sommeil, bien au contraire, cela ne faisait qu’ajouter à ses pensées et à sa frustration de ne pouvoir dormir. Finalement, fermant les yeux elle commença à se sentir glisser…

… jusqu’à entendre quelqu’un frapper faiblement à la porte.

« Quoi ?
- Excusez-moi Madame, mais quelqu’un veut entrer en communication avec vous. Voulez-vous que je lui dise de vous contacter plus tard ?

Cette voix… pas de doute, c’était Amaria. Emilia poussa un profond soupir avant d’écarter les couvertures de son corps. Vêtue d’une nuisette noire en dentelle à moitié transparente, la noble était très loin du style qu’elle abhorrait habituellement, normal vous me direz pour quelqu’un cherchant le sommeil. Force était pourtant de constater que malgré tout cela, la Manipulatrice ne perdait pas en charme, et prouvait encore qu’elle ne ramenait pas le sexy à la mode : elle ne l’avait juste jamais autorisé à partir. Ses pieds nus vinrent lécher le marbre froid de la pièce alors qu’elle prenait une grande inspiration, se redonnant sa contenance habituelle.

- Non, ça ira, je m’en occupe.

Se levant, Leblanc prit tout juste le temps d’enfiler sa coiffe habituelle et de se coiffer à la va-vite avant de sortir de sa chambre dans cette petite tenue. Les dalles couleurs ivoire et saphirs étaient fraiche à ses pieds, néanmoins l’air ambiant était encore agréable. On l’attendait dans l’une des pièces attenante. Avec un peu de chance, ce serait pour une petite affaire qui ne prendrait que quelques minutes et la laisserait libre d’aller se recoucher juste après. Avec un peu de chance…

« Présidente LeBlanc ? Pardonnez-moi de vous déranger à une heure aussi tardive, mais il s’agit d’une affaire urgente. Il s’agit de la petite pupille, l’hybride, que vous aviez fait accueillir par la Rose il y a des années…
- Oui, et donc, venez en aux faits…

Raté. C’était quelque chose d’autrement plus sérieux qu’une petite affaire sans importance. Bien entendu, je vais calmer de suite les ardeurs des plus excité d’entre vous : la personne avec qui LeBlanc était en train de communiquer ne pouvait bien évidement voir que son visage. Pour en revenir au sujet donc, il s’agissait d’une histoire de trahison concernant une personne, une hybride que LeBlanc avait fait rentrer dans la Rose Noire. Apparemment, la petite viendrait pour prendre des documents dans sa bibliothèque sous faux couvert de donner des informations capitales à LeBlanc. Et qui plus est, elle n’allait pas tarder à arriver chez elle ! La nuit s’annonçait donc longue et loin d’être des plus palpitantes…

La discussion en elle-même avait déjà pris pratiquement une vingtaine de minute, et ce même si LeBlanc avait demandé à en venir directement aux faits. Certains nobles avaient une de ces passions pour les mondanités que ça en devenait blasant. Autant en général elle trouvait cela intéressant voir utile car cela lui permettait d’endormir les esprits et de flatter les gens sans qu’ils s’en rendent compte tout en vérifiant le terrain, autant là, c’était juste une perte de temps. Ce n’était que de la langue de bois sans intérêt, tout juste avait-elle eu l’impression de voir de la gêne pointer dans la voix de son interlocuteur. Sans doute la peur d’une sanction car il avait échoué à sa tache qu’était d’éduquer l’hybride en question, supposa LeBlanc…

« Amaria, trouvez moi ce rat et envoyez le moi quand ça sera fait.

Amaria opina de la tête avant d’aller se placer dans le grand hall, vérifiant le tranchant de ses épées. Elle n’eut cependant pas à attendre bien longtemps avant que quelqu’un ne frappe à la porte. Trois coup, net mais semblant hésiter. L’air autour de la Furie Sanglante se rafraichit alors qu’elle se rapprochait de la porte. Par endroit, on pouvait voir un peu de glace se condenser sur les murs et les miroirs de la pièce. Lorsqu’elle ouvrit la porte pour accueillir la personne qui avait frappé, un courant d’air froid se déversa depuis l’intérieur de la maison vers l’extérieur.

C’était une adolescente, une enfant presque aux yeux de la combattante. Son regard se porta sur elle, la jaugeant et l’analysant. Il n’y avait cependant aucune malice dans les yeux de la guerrière blonde, pas plus qu’il n’y avait d’amitié ou d’amour en fait. Elle se contentait de la jauger là, impartiale et sans animosité d’aucune sorte. La personne en face d’elle n’était pas armée, mais on n’était jamais suffisamment prudent. Sa main se porta à la garde d’une de ses lames tandis que sa voix s’abattait telle un couperet.

« Qui êtes-vous ?

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Tharja
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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Mer 15 Avr - 17:09

Debout devant les grandes portes, Thysia attendait, se balançant lentement d’un pied sur l’autre, avec nervosité. C’était osé de sa part de se présenter ainsi, elle, personne sans importance dont la vue avait tendance à irriter la noblesse de par sa nature même, chez la plus haute personnalité de la Rose Noire. S’il n’avait pas s’agit d’une question de vie ou de mort, elle n’aurait jamais osé une telle audace. Elle ne lui avait jamais adressé la parole en face, ni même récolté un regard, intimée de rester la plus discrète et effacée possible en sa présence lorsqu’elle avait eu l’occasion de la croiser.

Lorsque les grandes portes s’ouvrirent finalement, la jeune fille se senti transit sur place. L’idée de s’être trompée la frappa soudainement. Peut-être avait-elle mal interprété les paroles de ces hommes ? Peut-être parlaient-ils de complètement autre chose, et n’allait-elle juste que faire perdre du temps inutilement à la présidente ? Elle était glacée à cette pensée, mais était-ce cette peur la seule en cause pour expliquer cette sensation ? Comme pour y répondre, il lui semblait que les portes s’étaient ouvertes vers un une tempête d’hiver, venue de l’intérieur. Un froid mordant, qui lui fouettait la peau, tandis qu’une grande femme aux yeux bleus comme la glace, et aux cheveux clairs, se tenait devant elle.

De ce que la jeune mage pouvait sentir, son attitude était clairement agressive et méfiante envers elle, lui donnant envie de s’enfuir Mais elle ne devait pas. Quitte à prendre le risque de s’être trompée et d’être vivement réprimandée, elle ne pouvait prendre le risque de laisser la présidente de la Rose Noire se faire assassiner sans rien faire, si elle avait bien compris de quoi il retournait.
Qui était cette femme ? Thysia ne l’avais jamais vue, mais elle ne s’attendait de toute façon pas à être accueillie par la présidente en personne. Peut-être même pourrait-elle lui éviter d’avoir à la déranger et se contenter de faire passer le message à sa place? Si la jeune fille avait bien compris ce qu’elle avait entendu, son mentor avait lui-même empoisonné l’eau, ce qui laissait penser que les employés du manoir Lanoran n’étaient pas impliqués dans une traitrise. Mais pouvait-elle pour autant  en être certaine ?

Elle avala difficilement sa salive, en s’inclinant face à l’étrange femme armée, tout son corps dégageant de légères ondes magiques apaisantes, et destinées à montrer qu’elle n’avait rien d’agressif. Le poing sur le cœur, comme le voulait les mœurs Noxiennes, il n’était cependant pas entièrement fermé, mais son pouce et son index formaient un cercle. Par ce geste, elle communiquait son appartenance à l’organisation.

" Je m’appelle Thysia ", dit-elle d’une voix douce. " J’ai une information très urgente à transmettre à dame LeBlanc. "

Il y avait une certaine froideur dans l’air. Thysia hésitait. Devait-elle demander à la femme de lui transmettre le message de sa part ? Si elle était digne de confiance, cela lui éviterait de devoir imposer sa présence à quelqu’un d’aussi important que LeBlanc, tout en la mettant à bonne distance dans le cas où elle se serait trompée. Mais c’était prendre le risque qu’elle fasse partie d’un complot, ou ne la prenne pas au sérieux. Si elle se contentait de prévenir la femme qui était venu lui ouvrir, et apprenait plus tard la mort de la présidente, elle ne pourrait jamais se le pardonner, d’avoir pris ce risque par pure couardise.

Mais insister pour la rencontrer en personne était malvenu. Peut-être n’était-ce que des idées qu’elle se faisait. Peut-être avait-elle raison, mais la présidente pouvait s’en être déjà aperçue, et avoir pris des mesures nécessaire. Mais mieux valait passer pour impolie, acharnée et trop audacieuse, quitte à en payer les conséquences, que de prendre le moindre risque de mettre la vie d’Emilia LeBlanc en jeu par peur. Inspirant profondément, elle ajouta

" Pourrais-je m’entretenir avec elle ? "


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Emilia LeBlanc
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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Jeu 4 Juin - 2:05


Welcome back,
Oh, wait, you’re not really ‘’Welcome‘’…


L’espace d’un instant, Amaria douta que la personne en face d’elle fut l’espionne qu’elle devait attraper. Néanmoins, elle y correspondait tout à fait, jusqu’au nom même. C’était en soit quelque chose de particulier que de venir espionner une personne que vous connaissez mais n’êtes pas sensé voir en passant par la grande porte. Pour un soldat émérite comme elle, elle ne savait pas si elle devait considérer ça comme de la stupidité, de l’inconscience, une grande confiance en soit ou simplement une erreur dans les informations qui leur avaient été communiquée.

Toujours est-il que d’après ce que lui avait dit Leblanc, cette personne était potentiellement un danger pour Madame, et qu’Amaria envisagea sincèrement de lui ouvrir le ventre séance tenante d’un coup d’épée bien placée. Sa nature froide et pragmatique n’aurait pas été incommodée une seule seconde de répandre les tripes de ce qui semblait être une enfant à ses yeux sur le parvis du Manoir. Certes, les domestiques, eux, auraient sans doute moins appréciée la surprise, mais on ne les payaient pas pour montrer du mécontentement. Néanmoins, les ordres de Madame étaient les ordres et on lui avait demandé de lui ramener cette personne, alors c’était ce qu’Amaria allait faire.

« Suivez-moi.

Peu de mot, pourtant tant de chose étaient passée dedans alors qu’elle rengainait sa lame dans son fourreau. L’air était froid à l’intérieur du manoir comme il l’était dans ses mots. Amaria avait cette capacité à refroidir les choses, que ça soit par la magie ou par la parole. Et même si il n’y avait aucune agressivité dans le ton de sa voix, il aurait été difficile d’y trouver une quelconque trace d’amitié. En fait, elle se contentait simplement d’être d’une neutralité et d’une absence d’émotion presque affligeante malgré tout ce qu’elle pouvait ressentir à l’intérieur d’elle-même.

Guidant Thysia au milieu de l’exposition de richesses et d’ornementation qu’était le manoir Lonoran, Amaria se mouvait d’une grâce féline. Et si elle ne semblait pas porter un œil envers l’hybride, ses sens étaient on ne peut plus aux aguets pour vérifier que la petite ne tentait rien de stupide, comme de s’éclipser ou d’agir à son encontre. Au fur et à mesure qu’elles avançaient dans le manoir, la température semblait cependant étrangement remonter et revenir à la normale, non que ce soit un phénomène naturel, mais Amaria ne voulait pas amener un tel froid à porter jusqu’à Madame sans raison. Finalement, Amaria finit par ouvrir une porte et inviter Thysia à passer devant elle…

A l’intérieur attendait une Leblanc en nuisette de dentelle assise sur une simple chaise. Son regard se porta sur Thysia, puis sur Amaria qui refermait la porte derrière elles. Aucun autre siège ne semblait être prévu pour accueillir l’invité impromptue, les quelques uns présents dans la pièce étant rangés sous des tables ou dans des recoins obscurs de l’endroit. De toute évidence, Leblanc attendait que Tharja fasse le premier pas et se présente d’elle-même, ou quelque chose du genre, mais ne semblait pas vraiment d’humeur à l’accueillir comme une amie ou comme une personne qui serait acceptée ici. Elle ne semblait cependant pas méprisante, juste… extrêmement distante et avec un manque total d’avenance.



Dernière édition par Emilia LeBlanc le Mar 9 Juin - 0:54, édité 1 fois
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Tharja
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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Jeu 4 Juin - 3:09

Pourquoi tant de froideur et de glace ? Même si son visage n'exprimait rien, Thysia n'avait aucun mal à sentir ce que la femme à l'allure si droite face à elle ressentait. Si le regard pouvait tuer, elle aurait déjà été clouée sur place. Instinctivement, elle eut un mouvement de recul, ses yeux jetant des regards inquiets... Tout ça ne lui disait rien qui vaille. Pourquoi était-elle ici, et pas ailleurs ? Ici, elle n'était pas la bienvenue. S'en aller, sans poser de problème, ne pas déranger... Ne pas exister. Voilà ce qu'on attendait d'elle, en somme. Pourquoi lui avoir permis de vivre, si elle ne devait pas exister? Elle ne savait même plus qui elle était, aujourd'hui.

Grâce à elle. C'était elle qui était en danger. Elle devait l'aider, elle devait la prévenir... Même si on la méprisait. Ce n'était pas grave, l'important était qu'elle remplisse cette mission. Sa vie n'avait pas cette même importance, après tout. Le monde se porterait même sans doute mieux sans elle, et la sombre cruauté incontrôlable qu'elle sentait gagner en force en elle, un peu plus chaque jour.

L'air était si glacial, elle en tremblait, en traversant la somptueuse demeure, ou elle avait l'impression d'être en permanence surveillée. Celle qui la guidait se méfiait d'elle, oh que oui, elle se méfiait. On aurait dit qu'elle avait affaire à une meurtrière. Mais tu es une meurtrière, susurra une petite voix en elle, qui lui fit baisser les yeux. Elle ne le voulait pas, mais elle ne pouvait le nier. Simplement, elle devait écarter cette pensée de son esprit, si elle ne voulait sombrer dans la folie.
L'air était moins froid, au fur et à mesure qu'elles se rapprochaient. Et puis, finalement, l'entrée de LA pièce... Elle se trouvait là. Dans un endroit ou elle n'état pas la bienvenue, elle pouvait le sentir de chaque particule dans l'air. Au moins, il n'était pas trop tard. Cette simple constatation la soulagea grandement. Elle était arrivée à temps.

Mentalement, elle répétait en boucle les mots qu'elle devrait prononcer, se préparant à braver l'intimidation. Elle n'aurait jamais pensé oser se présenter ainsi, la déranger ainsi... Non, elle le devait. Question de vie ou de mort. Ou du moins, elle le pensait. Comme un oiseau qui voudrait sortir d'une cage devenu trop petite pour lui, elle peinait à le retenir, à se détacher de cette corruption infâme, le cancer de son esprit, qui l'asphyxiait de plus en plus. Etait-ce pour cette raison, qu'on la haïssait ? Il lui semblait que les yeux perçants de LeBlanc pouvaient lire en elle, derrière les apparences de la gentillesse dont elle tentait de faire preuve pour compenser les tourments qui l'habitaient. Et elle se méfiait. Son visage était des plus impassible, tout comme son attitude. Mais Thysia pouvait ressentir ce qui venait d'elle, à son encontre. Mefiance, antipathique... Elle avait envie de tourner les talons, de s'enfuir. De retourner se blottir dans son lit, de se cacher dans le cocon de ses ailes, et d'oublier ce moment. De se dire qu'elle rêvait, ou cauchemardait, qu'elle allait se réveiller.

"Je..." Sa bouche était sèche, et son coeur battait. Le moment n'était pas à être intimidée. Elle devait délivrer son message. Peut-être, après, pourrait-elle juste partir, aller dormir. Elle se souvint soudainement qu'elle avait oublié les formalités, et effectué un salut Noxien, de la même façon qu'elle l'avait fait devant Amaria, le pouce et l'index formant un cercle pour montrer son appartenance à la Rose Noire. Pour ne plus oser relever la tête vers Leblanc. Comment pouvait-elle ainsi se permettre d'apparaitre devant elle ? Non, il le fallait.

" Je suis venue vous prévenir... Je crois... Peut-être... Qu'on pourrait tenter d'attenter à votre vie... En ce moment même "

Elle déglutit, difficilement, si intimidée qu'elle aurait pu disparaître dans le sol. Elle avait d'ailleurs, sans même s'en apercevoir, fait adopter la couleur du mur le plus proche à ses cheveux et à sa robe, comme pour s'évanouir dans le décor. Elle devait le dire. Elle devait délivrer le message, ce qu'elle savait. Ignorer cette sensation de lourdeur et de danger qui planait dans l'air, et faire ce que son coeur lui dictait... Tant que celui-ci n'était pas encore complètement corrompu par sa nature.

" J'ai entendu qu'on avait empoisonné vos réserves d'eau "

Contrairement au début de son discours, qui trainait, hésitant, ces derniers mots avaient été prononcés d'une traite, rapidement. Elle ferma les yeux, attendant la suite, tentant de contenir l'angoisse qui l'habitait, et qui menaçait de s'échapper sous forme de tremblements. Elle était si intimidée de se retrouver face à Leblanc, elle qui n'était qu'une hybride ne méritant même pas la considération. Une demi mage, une incapable. Il lui fallait se calmer. Respirer lentement. Tout allait bien aller... Elle était prévenue désormais.


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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Dim 7 Juin - 15:27


Break the silence
A single voice rise in the air.


LeBlanc écoutait avec une attention et une impatience certaine les propos de Thysia. Le cliquettement de ses ongles sur le bois du siège rythmant les mots qui sortaient de la bouche de l’hybride. Tenant sa tête du poing, la femme semblait ressentir une forme d’ennuie à l’attention de la personne qui venait la voir. De l’attention et de l’amitié ? Ces deux émotions n’avaient aucune présence en ce lieu et en ce temps. Lorsque la petite fille eut finit sa déclaration, un silence pesant se mit en place dans la pièce. Le temps s’égrenait et les secondes passaient sans qu’une quelconque réaction ne se fasse voir sur le visage ou dans l’attitude de Leblanc.

Elle réfléchissait, calculait, envisageait les possibilités. Malgré les apparences, et ce que Thysia pouvait savoir, Leblanc la connaissait et la suivait depuis un certains temps déjà. Elle savait que la petite avait du potentiel et si elle venait pour la trahir, il n’y avait qu’une seule sentence à accorder. Néanmoins, une sentence trop rapide pourrait lui être préjudiciable, d’autant plus si la vérité était masquée. D’un coté elle venait à elle de but en blanc et ne semblait elle-même pas réellement à l’aise avec ce qu’elle venait de dire, comme devant chercher le courage d’affronter son regard, de l’autre elle accordait quand même une bonne confiance à celui qui l’éduquait, un ancien membre de la Rose qui avait sut montrer ses talents. C’était une accusation grave qui était portée là par Thysia, encore restait-il beaucoup de points à éclaircir sur le pourquoi du comment…

Son regard croisa l’espace d’un instant celui d’Amaria. Derrière Thysia, cette dernière effectua un salut poli avant de s’éclipser de la pièce dans un cliquettement d’armure. Fermant la porte avec délicatesse, elle était désormais seule avec son invité et les temps sombres allaient pouvoir commencer.

S’appuyant sur ses accoudoirs, la Manipulatrice se leva de son siège. Le mouvement était gracieux et le geste empreint de la noblesse des princes. Elle ne se pressait pas et ne cherchait pas à l’être. Dans le silence du manoir, l’air lui-même semblait retenir son souffle tandis que le monde entier attendait en silence, tel l’accusé sur l’échafaud attendait la seconde où la lame tomberait. D’un geste, elle désigna le siège à Tharja, comme une invitation déguisée. Un léger sourire maculait les lèvres de l’hôte de la maison, un étrange sourire où il était difficile de discerner la politesse de la méfiance. La femme était fatale et se savait en position de dominance lorsqu’elle prit finalement la parole.

« Assieds-toi.

Malgré tout le miel que recelait la tonalité suave de sa voix, cela n’avait rien d’une invitation. C’était un ordre qui était donné à Thysia, un ordre qui n’acceptait aucune opposition. Aussi lorsqu’elle s’exécuta et s’assit au milieu de la pièce, Leblanc passa derrière elle, sa main caressant l’épaule de l’adolescente en face d’elle. Posant ses mains sur les épaules de Thysia, Leblanc commença à masser légèrement ces dernières, ses longs ongles venant griffer ses chairs n’aidant pas à rendre la chose agréable.

- Tu sais que c’est une accusation extrêmement grave que tu fais là, Thysia. Peut-être devrais-tu y réfléchir avant de dire de telles choses. Qui donc aurait donc ainsi put empoisonner mes réserves d’eau, et comment ? Prends ton temps pour réfléchir et répondre si tu le veux…

Elle disait cela, mais le massage insistant qu’elle lui prodiguait n’indiquait pas à croire que sa patience était illimitée, surtout à une heure aussi avancée de la soirée. La pression dans l’air était palpable et le calme de ses mots n’aidait pas à croire que tout allait se passer pour le mieux dans le meilleur des mondes et que les choses allaient se faire aussi simplement que l’hybride aurait put l’espérer…

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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Dim 7 Juin - 16:39

« Très bien, c’est noté. Tu peux y aller. »

Les yeux fixés sur le sol, si tendue qu’elle en était presque tremblante, Thysia passait nerveusement en appui d’une jambe sur l’autre en attendant d’entendre ces mots s’échapper des lèvres de l’impressionnante présidente de la Rose Noire, dont elle n’avait jamais osé croiser le regard. Non pas qu’elle manquait de courage, mais son statut de créature inférieure était si bien ancrée en elle qu’elle craignait de lui manquer de respect en se permettant de la regarder dans les yeux. Mais malgré son attente, seul un silence pesant régnait dans la large pièce, ou chaque seconde semblait battre un tempo si lent qu’elle aurait pu s’y perdre. Hors du temps, hors de l’espace. Que faisait-elle ici ? Elle avait parfaitement conscience de ne pas être à sa place. De se mêler de ce qui ne la regardait pas. Seuls les battements frénétiques de son cœur cognant furieusement dans sa poitrine lui étaient perceptibles, ainsi que son souffle, trop bruyant, trop dérangeant à son goût, dans ce silence de mort qu’elle se sentait coupable de briser, au point qu’elle s’en morde la lèvre pour retenir sa respiration.

Finalement, la femme qui l’avait guidée jusqu’ici quitta la pièce. Calmement, la présidente se leva, avec des gestes lents, et d’une redoutable grâce et précision. Thysia avait la sensation de se retrouver face à un félin, prédateur dangereux pour l’oiseau qu’elle était. Non, tu es humaine. Non, tu ne l’es pas. A moitié seulement. Même pas à moitié, tu n’es qu’un monstre, rien d’autre.
Une créature inférieure, née dans la faute, dont le cœur était peu à peu rongé par la corruption abominable qui la poussait vers les abysses de la folie à laquelle sa vie était condamnée, hurlement silencieux que personne ne semblait percevoir.

Prononcez juste ces mots. Dites-moi que vous allez vérifier, et que je peux rentrer. Plus l’attente était longue, moins elle était soutenable, tiraillant en elle, comme cherchant à séparer en deux son esprit qui ne tenait qu’à peine. Caresser une écorchure.

« Assieds-toi »

Raté.
Déglutissant avec difficulté, elle obéit, avançant lentement, les yeux rivés sur le sol, pour aller s’asseoir. Le contact physique de Leblanc effleurant son épaule la fit frémir, mais relever des yeux, légèrement étonnée. Elle ne se serait pas imaginée cette femme si noble et si supérieure s’abaisser à toucher quelqu’un comme elle.
Ce geste n’avait cependant rien d’avenant, elle le sentait bien. Plutôt un moyen d’asseoir son autorité sur elle, se glissant dans son dos, laissant comprendre par ses gestes faussement sympathiques, qu’elle l’avait entièrement en son pouvoir. Thysia avait le sentiment d’être l’accusée, paraissant devant son jugement final. Accusée d’exister, crime dont elle répondait coupable depuis le tout début. Au final, cette légère pression sur ses épaules tendues n’était pas si désagréable, même si elle lui donnait le sentiment que Leblanc cherchait avant tout à la posséder en l’effectuant. Il avait l’avantage indéniable de soulever légèrement à chaque impulsion les muscles de ses ailes, ce qui était à la fois agréable, et gênant.

Elle fut d’autant plus surprise de constater que Leblanc l’appelait par son prénom. Connaissait son prénom. S’en souvenait… Elle n’avait pourtant jamais eu l’occasion de lui adresser la parole auparavant, et se considérait comme bien trop insignifiante pour ce genre de détail. Mais il était vrai que la mémoire de la présidente de la Rose Noire était sans doute infaillible.
Ces accusations étaient extrêmement graves. Elle n’avait pas pensé à ça. C’était vrai, pourtant… Mais elle n’avait accusé personne. Elle voulait simplement s’assurer qu’il n’y ait pas de conséquences dramatiques. Sauvegarder des vies… Qui, comment ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Enfin, si, un peu… Il lui semblait avoir entendu son tuteur parler d’être lui-même passé effectuer ce geste, mais avait-elle bien tout entendu ? Tout pouvait-il n’être qu’un malentendu ? Oui, elle avait pensé à cette possibilité, et de l’avoir dérangée pour rien. C’était un risque qu’elle avait choisi de prendre.

Elle voulait répondre, réfléchir à des mots adaptés à la situation, mais ses oreilles bourdonnaient. La jeune mage avait le sentiment que quelque chose s’était introduit à l’intérieur de sa tête, et lui grattait de l’ongle l’intérieur de son crâne, au même rythme que ceux de Leblanc s’enfonçaient dans la chair de ses épaules, picotant douloureusement.

- J’ai… j…des…

Ironiquement, c’est sans doute cette légère douleur qu’elle lui causait, et qui distrayait son esprit, qui put empêcher le pire à ce moment-là. Même si ses pensées étaient embrouillées et qu’elle ne parvenait pas à formuler une réponse, au moins, elle parvint à rester maitresse d’elle-même, sans doute au grand damn des personnes tentant de corrompre son esprit pour l’empêcher de parler. Elle grimaça légèrement en sentant la pression des ongles de la manipulatrice se faire plus fort sur la peau nue de ses épaules, pénétrant sa chair. Enfin, comme si elle avait soudainement sorti de la tête de l’eau, la sensation étourdissante dans son esprit cessa, même si l’oppression qu’assurait Leblanc était-elle, bien toujours présente, allant de mal en pis.

- Je n’accuse personne je… voulais simplement ne pas prendre de risque. Peut-être que je me trompe, je suis désolée. Je… Dois sûrement me tromper, mon tuteur est un homme juste et loyal, et je ne suis rien…


A ce moment, Thysia réalisa que non, il n’y avait que bien peu de chance qu’elle puisse tranquillement rentrer là-bas ce soir. Elle referma les yeux, luttant contre la panique, la folie coupable qui la rongeait. Non, elle ne pourrait plus y retourner. Si elle avait raison, elle serait en danger. Si elle avait tort, elle l’aurait accusé à tort, et n’en serait que plus méprisable, être inférieur se permettant de remettre en cause la loyauté de ceux qui lui étaient si supérieurs… Pitoyable créature. Combien de temps pourrait-elle encore survivre ainsi ?
Elle déglutit, se rendant compte qu'elle n'avait absolument pas répondu à la question de Leblanc, et murmura d’une voix à peine audible.

- J’ai juste entendu une conversation étrange… Entre lui, et un invité. Ils parlaient d'eau empoisonnée, de loyauté, et de vous. Une conversation que je n'étais pas supposée entendre...


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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Lun 8 Juin - 0:25


Spellflux
You Shall Not Pass!


Leblanc continuait à masser Thysia avec ce que l’on pourrait appeler une certaine forme d’amour, attendant que cette dernière s’exprime sur le sujet lorsque quelque chose la dérangea. Elle pouvait sentir très clairement la magie circuler dans son manoir et en connaissait les moindres flux qui le parcouraient. Ces derniers, elle les avait conçu au fil des ans afin qu’aucune magie ne puisse passer inaperçue et qu’il soit presque impossible pour un non averti d’utiliser ses sorts ici sans conséquences. Aussi, lorsqu’elle perçut cette influence extérieure s’infiltrer, elle fronça les sourcils, intensifiant légèrement son massage sur l’hybride autour de laquelle la magie semblait vouloir tournoyer avant de fermer les yeux.

Un flux parcourut le manoir, pulsant, vibrant à son propre tempo. Au travers de toutes les pièces, la magie se déversa, se compulsant pour rejeter et renvoyer l’intrus de là où il venait. Par endroit, de petits altars irradièrent d’une légère lueur bleutée, signe manifeste d’une puissance à l’œuvre. Quelques instants suffirent à ce que tout ce qui était venu ne veuille plus rester et s’échappe au plus vite de ce piège mortel pour tout être magique. Rouvrant les yeux, elle continuait son massage, regardant Thysia. Il y avait définitivement quelque chose d’étrange qui semblait se passer ici, et Leblanc comptait bien avoir les réponses qu’elle voulait.

La petite se montra bien plus loquace d’ailleurs une fois les flux magiques stabilisés. Néanmoins, les nouvelles qu’elle apportait étaient des plus perturbantes. En temps normal, la femme aux milles visages n’aurait sans doute pas crut l’hybride, néanmoins, sa manière de venir raconter des choses, son tuteur qui demande à lui parler magiquement, paniqué, aussi tard dans la nuit, et maintenant cette présence magique ne faisait que l’inciter à la plus grande des prudences. Elle avait là une bien drôle d’affaire sur les bras et n’aurait sans doute pas l’occasion de prendre son temps sur le reste des choses pour l’élucider. Poussant un soupir, elle finit par dire :

« Ne te pose pas de question sur tes considérations morales ou sur si tu pourrais te tromper, ça sera à moi de juger de cela, Thysia. Expliques moi donc en détails ce qu’était ces choses que tu n’aurais pas dut entendre. Et n’oublie pas l’implication de ce que cela peut avoir… pour moi.

Elle n’avait pas cesser le massage alors qu’elle posait sa question, mais ce dernier s’était peut-être légèrement adoucie, comme pour l’inciter à continuer dans ce sens et à en dire plus sur ce qu’elle savait. Pour l’instant, elle était la seule personne que Leblanc avait sous la main à interroger, aussi elle n’allait pas manquer de chercher à en comprendre un maximum sur ce qui s’était dit et sur ce qui s’était fait dans son dos suivant Thysia. Peut-être qu’elle avait eu une hallucination, mais l’ensemble était trop grave pour qu’elle prenne les choses tranquillement et sans y donner un deuxième coup d’œil. Attendant que la jeune fille s’exprime, la Manipulatrice réfléchissait. Plans et idées tournaient dans sa tête pour essayer d’envisager l’ensemble des possibles concernant les tenants et aboutissant de ce qui était en train de se passer en cette soirée…

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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Lun 8 Juin - 1:07

Thysia ferma les yeux, écoutant comme une douce mélodie les mots de Leblanc, qui la gagnaient, transperçant son corps et son coeur, comme si elle n'était faite que de brume éparse. Accompagné de ses gestes appuyés sur les muscles de ses épaules, qui s'étaient légèrement radoucis, elle peinait à croire dans quelle situation elle se trouvait. La présidente de la Rose venait-elle vraiment de lui faire comprendre une sorte... d'approbation, quant à sa venue ? Du moins, si elle avait raison, et ne s'était pas trompée. Ce qui risquait de se passer dans le cas contraire, ce dont elle promettait de juger elle même... A cette idée, Thysia sentit accélérer les battements de son coeur, tandis qu'une vague d'anxiété la traversait. Et soudainement, c'est comme si toute une ébullition grimpait en elle, menaçant d'exploser à tout moment.

Pas maintenant

Ses dents se refermèrent d'un geste ferme sur l'intérieur de sa joue droite, assez pour qu'un léger gout métallique de sang se répande sur sa langue. Elle devait se contrôler. Même si chaque jour qui passait rendait la lutte plus difficile et plus instable, le moment était mal choisi, très mal choisi. Elle était ici pour tenter de protéger Leblanc d'une éventuelle menace, pas la mettre en danger elle-même.

Et ce massage qui tiraillait les muscles de ses ailes... Thysia se tortilla avec une certaine nervosité, cherchant à empêcher ce contact qui bien qu'agréable, ne l'aidait pas à conserver son apparence humaine. Ce qui n'eut pour effet que de tirer et étendre un peu plus ces muscles, augmentant par la même sa nervosité. Elle devait se calmer, à tout prix se calmer. Relativiser. La situation avait l'air de tourner plutôt bien pour le moment, elle n'avait aucune raison de se sentir en danger, pas vrai ?

Bien sûr que si. Même si elle sentait plus d'intérêt pour ce qu'elle rapportait dans les émotions de Leblanc, cela ne changeait rien à son impression d'être un insecte pris dans une toile, prêt à être dévoré sur place. Et pour ne rien arranger, elle était fatiguée, ce qui ne l'aidait pas à garder la tête froide. Lentement, elle massa les coins de ses yeux, la mâchoire tremblant légèrement.

- Je n'ai pas entendu grand chose... J'ai commencé à faire attention à leur discussion quand ils ont parlé de loyauté dont quelqu'un ne douterait pas, et de réserve d'eau ou il n'aurait pas été trouvé. Je ne savais pas de qui ils parlaient sur le coup, alors je ne me suis pas inquiétée, mais ensuite, je me souviens avoir entendu précisément "une question d'heure avant que la présidente ne soit plus". Et puis en voyant que j'avais entendu, ils ont arrêté, et son invité avait comme... peur ?

L'idée d'oublier un détail de la conversation l'angoissait, et son angoisse l'empêchait de concentrer sa mémoire, la stressant encore plus. Elle voulait arrêter, elle voulait partir. Venir ici, surmonter sa peur ancrée en elle de déranger par sa simple existence lui avait demandé tant de courage et d'énergie qu'elle se sentait vide de sens, et seulement emplie par ce bouillonnement intérieur menaçant, grondant, de plus en plus proche. Fuir le monde, s'isoler, avant qu'il ne soit trop tard...

Soudainement, incapable de se maîtriser entièrement plus longtemps, la première étape fut d'involontairement déployer ses larges ailes sous l'effet du massage que la dangereuse femme lui octroyait. Accompagné d'une bourrasque, elles s'étendirent de tout leur long, repoussant ce qui se trouvait sur leur chemin - à commencer par la présidente -.

Thysia eut un léger hoquet, se coinçant dans sa gorge et se releva d'un bond, laissant ses ailes retomber a la verticale dans son dos, les mains sur la bouche, l'air totalement horrifiée de ce qu'il venait de se passer.

- Pardon je... je suis désolée, je ne voulais pas... Pardonnez moi, c'était un accident...

Elle devait la prévenir, ou fuir. Il y avait trop de risque... Peu de gens savaient quel genre de rage meurtrière et incontrôlable elle pouvait déchainer, et elle risquait fort de se faire tuer pour ça si la présidente l'apprenait. Mais peu lui importait, sa propre vie n'avait que bien peu d'importance à ses yeux, comparé à celle de Leblanc. Elle devait empêcher ça...

- Je dois... Je dois partir. S'il vous plait... Je risquerai de vous faire du mal et je ne veux surtout pas

Terrifiée par ce qui se trouvait en elle et qu'elle ne maîtrisait pas, elle commença à reculer légèrement, avançant vers la sortie en marche arrière à pas lents, ses yeux se jetant nerveusement tout autour d'elle. A son cou, le pendentif bleu qu'elle portait étincelait fortement, et il n'y avait pas besoin de le regarder pour sentir la magie qui s'y concentrait, qu'elle tentait de canaliser pour se maitriser elle-même. Quant à ses yeux, habituellement de deux couleurs bien démarqués, ils semblaient de plus en plus difficile à distinguer l'un de l'autre au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient, et que le gauche perdait de sa couleur océan pour s'assombrir. Elle avait peur, horriblement peur. Pas de Leblanc, même si cette femme avait tout pour terrifier, mais bel et bien d'elle-même, et de ce dont elle était faite. Et de ce qu'elle risquait de faire si elle perdait le contrôle.


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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Dim 14 Juin - 0:05


L'eau
Source de vie et de mort


Leblanc écoutait attentivement les propos de l'hybride, lui massant avec une certaine délicatesse les épaules nouées de cette dernière. Cela n'était sans doute pas des plus agréable aux vues de ses ongles, mais en faisant cela, Leblanc continuait de pressurer un peu plus cette dernière afin d'être certains qu'elle lui disait tout ce qu'elle savait. Au moins n'avait-elle pas l'air de mentir ou de chercher à lui cacher quelque chose, son attitude extrêmement spontannée semblait indiquer qu'elle n'avait aucune idée de ce dans quoi elle avait réellement put se fourrer. Chose étrange d'ailleurs quand on la comparer à ce qu'on lui avait dit et ce qu'on était supposé lui avoir appris.

C'était en continuant ainsi ses massages et ses réflexions quand à savoir qui elle devrait faire incarcérer pour avoir le fin mot de l'histoire que Thysia commença à changer d'apparence de manière... pour le moins radicale. Deux ailes lui poussèrent dans le dos, renversant le siège où elle se trouvait et repoussant Leblanc un peu plus loin. C'était pour le moins... surprenant. Leblanc avait beau savoir qu'elle était une hybride, elle s'attendait à une transformation complète, pas à une espèce de mélange étrange entre un corps d'humain et un d'oiseau. Cela provoqua un certain hébètement dans l'esprit de la manipulatrice, bien vite remplacer par une forme d'impassibilité tranquille, bien plus calme qu'elle ne l'était auparavant tandis que la dame-oiselle était de plus en plus paniquée.

« Allons, allons, pas besoin de te mettre dans tous tes états...

Ce fut là le moment que choisit Amaria pour revenir avec une carafe d'eau en cristal. Passant silencieusement par la porte vers laquelle Thysia était en train de reculer, cette dernière put sentir une main froide se coller à son dos afin de l'intimer de ne pas reculer d'avantage, la carafe étant suffisament fragile pour ne pas que l'on veuille la bousculer inutilement. Leblanc pris alors place dans le siège où elle accueuillit précédement la petite afin d'être plus à l'aise, signifiant d'un signe de tête à sa garde du corps d'avancer vers elle. Cette dernière refermant la porte, elle frôla l'hybride sans dégager la moindre émotion palpable, juste une froideur de glace...

- Voilà qui arrive au meilleur moment, nous allons enfin pouvoir voir si tu as entendu correctement ce que l'on disait vouloir me faire.

Disant cela, Amaria s'approcha calmement avec la carafe d'eau dans les mains. Le cristal laissait voir la puretée parfaite de l'eau qui ne semblait même pas perturber la lumière ambiante, passant au travers comme dans de l'air. Qui pourrait penser qu'une telle eau pouvait être mortelle ? Doucement, Leblanc commença à incanter et la magie se fit sentir, s'accumulant autour d'elle...

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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Dim 14 Juin - 16:02

Aussi tendue qu'un arc, résistant contre la pression dont le relâchement serait mortel, Tharja haletait, les yeux écarquillés. Ceux-ci commençaient d'ailleurs à s'affiner, devenant moins ronds, et se tirant sur les coins, en amande, désormais tous deux noirs de jais. Tout semblait s'embrouiller autour d'elle, perdre de sa signification. Était-ce la scène qui se troublait, ou elle qui s'éloignait ? Elle n'en savait plus rien, tandis que des pensées perdant tout leur sens se bousculaient dans son esprit, se mêlant pour former une cacophonie incompréhensible.

Scénario-de-tu n'es-violence-plus utile--inachevé-va t'en-destin-fatidique-maintenant

A côté, Leblanc, malgré la surprise de se faire ainsi bousculer, paraissait parfaitement calme. Aucune émotion forte ne venait bousculer le calme tranquille qu'elle représentait. Réalisait-elle le danger que représentait la jeune femme ?

J'ai-peur-tu-caches-que-mon-corps-tes-pensées-brûlant-tes sentiments-ne-soit-déjà-parti-mais-je-sais-écouter

Elle le savait sans doute. Elle devait savoir qu’elle était capable de la maitriser, même ainsi. Leblanc était sans doute plus puissante que n’importe qui, et ne craignait rien. Elle devait se calmer, alors. Il n’y avait rien à cr….

La-couleur-de-l'erreur,-n'avez-vous-est-sombre-comme-pas-besoin--mon-coeur-de-moi-ne-puis-je-et-couvert-d'épines-rester-d'avantage-acérées...

Thysia sursauta en sentant la main glacée d’Amaria dans son dos, qui la tira momentanément hors de son flux mental incessant, et recula vivement, ses ailes s’agitant nerveusement. Elle tenait une carafe d’eau… L’eau empoisonnée. Tharja recula, allant se coller contre un mur, sur lequel elle disparut presque, ses cheveux, sa robe et ses ailes en adoptant la couleur parfaite, ces dernières se refermant autour de son corps comme un cocon protecteur, ou elle s’isolait. Autour, la scène se désintéressait d’elle, pour se concentrer autour de cette carafe, comme la magie s’accumulant autour, qu’elle pouvait sentir vibrer dans l’air.

Quelle différence--teintée-du-rouge--entre-simple-fleur--de-mon-émotion -et-du-poison ?

Stop.

Se mordant légèrement la lèvre, elle se força à cesser ces pensées parasites qui l'inondaient. L’attention détournée des deux femmes, qui lui permettait de s’isoler dans ce doux cocon protecteur ou elle se coupait du monde, l’aidait à se calmer. Lentement, reprenant conscience de la situation, elle se força à calmer sa respiration, et compta les battements de son cœur. 1, 2, 3, 4. 1, 2, 3, 4. Une fois bien imprégnée du rythme trop rapide de son petit palpitant fou, elle ralenti mentalement légèrement le rythme auquel elle comptait, pour l’inciter à ralentir également. 1..2..3..4..

Lentement, mais sûrement, ce dernier repris un battement plus calme, moins paniqué, tandis que tout se stabilisait autour d’elle. Timidement, elle écarta légèrement les ailes de devant son visage, pour observer la scène, tout en réfléchissant aux raisons de sa panique.
Elle n’avait rien à craindre. Du moins, pas immédiatement. Alors pourquoi avait-elle aussi peur ? Peur de blesser quelqu’un en perdant le contrôle, oui. Mais pourquoi perdrait-elle ce contrôle à la base ?

La réponse était évidente, en réalité. Elle n’avait aucune idée de ce qui allait advenir d’elle, désormais.
Si elle s’était trompée, et avait ainsi fait perdre son temps à la présidente à une heure avancée de la soirée, pour remettre en question l’honnêteté de son tuteur, celui-ci ne voudrait sans doute plus d’elle. Déjà qu’il ne la gardait avec lui que pace que Leblanc lui avait ordonné – il lui avait bien fait comprendre ouvertement à de nombreuses reprises -, si les deux se retrouvaient en colère contre elle, s’attirerait de gros ennuis.

Et si elle avait raison ? Elle n’allait pas pouvoir continuer à vivre non plus avec lui, puisque ça voudrait dire qu’il s’opposait à Leblanc. Et donc, qu’il cesserait de lui obéir et de la garder. Assez naïvement, Thysia n’avait en réalité aucune idée du sort qui serait réservé à cet homme si vraiment, la magie détectait du poison dans cette carafe. Simplement songeait-elle que si Leblanc et son tuteur se disputaient, elle se retrouverait comme entre deux parents dont aucun ne veut la garde de leur turbulente et dangereuse enfant indésirée et indésirable.
Alors ou irait-elle, ou pourrait-elle se reposer et se sentir en securité, si on la privait de sa petite, mais sécuritaire demeure qu’elle occupait jusque-là ? En aurait-elle une nouvelle, ou serait-elle lâchée dans la nature, parce qu’elle était désormais adulte, et qu’une adulte doit endurer, comme on lui répétait ?

Au bord des larmes, elle se sentait comme un oisillon. Un petit oisillon tombé du nid, qui savait qu’il ne pourrait plus jamais y regrimper.


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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Mer 17 Juin - 23:31


La vérité
Parfois une gemme étincelante, parfois le pire des poisons.


Pendant que Thysia était en train de se fondre dans le décor de la pièce, Leblanc, elle, recevait d’Amaria la carafe d’eau somptueusement travaillée. Son regard se posa sur le liquide cristallin, prenant le temps de voir les légers remous agitant ce dernier. Une impression de pureté immaculée semblait se dégager du récipient. Qui pourrait soupçonner qu’une eau aussi parfaite et rare puisse se trouver souiller d’une trace indélébile, véritable peine capitale pour celui qui aurait l’audace d’y poser le rebord des lèvres. Plus encore que la pomme interdite, cette eau n’était pas l’eau de tout un chacun. L’eau qu’avait l’habitude de boire Leblanc était en soit un produit de luxe destiné à une infime minorité…

Pourtant, rassemblant le mana qui se concentra dans le doigt de la manipulatrice, elle le plongea dans la source du problème qui se trouvait être le sien à présent. Lentement, calmement, l’eau perdit de sa pureté évanescente. Se teintant d’un rouge carmin, la couleur du péchée et de la trahison la remplie peu à peu, révélant l’infamie. Nul doute n’était plus à avoir, nul tromperie ne pouvait plus être tandis que le liquide perdait sa transparence. Le regard de Leblanc se durcit, ses sourcils se froncèrent et ses pensées s’ordonnèrent en une fraction de seconde. L’eau avait été empoisonnée et le crime avouée, seul restait le coupable à châtier. Sa voix s’éleva alors, calme et puissante, s’adressant à sa seconde :

« Amaria, rassemble quelques furies et va me chercher John Edward Makwelo. Tu as une heure, qu’il ne te file pas dans les doigts.
- Bien Madame, il en sera fait selon vos désirs. fut la réponse de l’épéiste.

Se relevant, Amaria posa le liquide écarlate, la preuve du péché, sur une tablée. S’inclinant avec une attitude des plus martiales, elle s’en retourna vers la porte. Sa démarche féline ne laissant place à aucun son apte à rompre la solennité des lieux. Juste avant de sortir, son regard se posa sur Thysia, ses yeux d’une couleur bleu-gris semblable à la glace semblaient la transpercer. Pourtant, elle ne lui voulait aucun mal et on semblait même apercevoir un regain d’attention de sa part envers l’hybride.

- Il semblerait que tu ne seras pas une de ces personnes dont j’eusse l’habitude de m’occuper…

Etais-ce donc un sourire que l’on put voir se profiler sur les lèvres de la dame de glace ? Rien n’était moins sûr alors que cette dernière sortait de la pièce, laissant Thysia au seul soin de Leblanc dont la présence intimidante n’avait d’équivalent dans tout Runeterra. Etait-elle en colère ? Certainement, envers elle-même et envers la personne qui l’avait trompée. Ce genre d’action ne resterait pas punit : plus qu’une simple transgression, c’était là un acte de guerre auquel c’était livré cet homme. Et guerre il allait avoir, mais elle serait unilatérale et inapte à y répondre. Les furies allaient frapper et le résultat allait sans doute être des plus… sanglant.

Son regard se porta alors sur Thysia. Où qu’elle se trouvait, aussi bien qu’elle puisse se cacher, Leblanc savait où elle était et son regard passa de part en part de la jeune fille… avant de s’adoucir soudainement. Poussant un soupir, la manipulatrice croisa les jambes et s’enfonça dans son siège, prenant une attitude bien plus décontractée qu’elle n’en avait eu de mémoire de Thysia. Sa voix s’adressa alors à elle, bien plus douce et amicale qu’auparavant :

- Relève-toi Thysia et avance, il serait de mauvais ton de ma part de ne pas remercier la personne qui m’a peut-être sauvée la vie.

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Tharja
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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Jeu 18 Juin - 1:12

Derrière ses longues ailes, qui l'entouraient comme un mur doux et protecteur, apaisant pour le corps et l'esprit, Thysia ne pouvait qu'entrevoir et contempler le spectacle, ses yeux vairons notant les seules notes colorées remarquables au milieu du tissu et des plumes qui se confondaient dans le mur. Le silence était si parfait, qu'elle pouvait entendre les propres battements de ses cils, tandis que le temps lui-même retenait son souffle autour de la mage qui préparait son geste.

Aussi rouge que le sang. Telle est la teinte que prit l'eau suspecte, après que Leblanc ait trempé au dedans le bout de son ongle. Et les vibrations dans l'air de la pièce, les émotions et sentiment de la présidente, semblaient virer au rouge également. Réalisation, colère, changement dans ses points de vue... Si la jeune apprentie mage n'avait pas la possibilité de déterminer précisément ce qu'il passait dans la tête de ceux qui l'entouraient, elle pouvait tout de même déterminer assez précisément quelles émotions les traversaient, particulièrement lorsqu'il n'y avait que peu de personnes à analyser. Pour le moment, il était facile de savoir que la Manipulatrice n'était pas dans ses meilleures dispositions, et bien que sa voix soit des plus calmes, il lui semblait que ce n'était que pour mieux cacher le voile de la mort elle-même qui transcendait derrière ses mots. Ce qui n'était pas pour rassurer la jeune hybride, qui avait bien du mal à savoir si elle avait agit tel qu'on l'attendait d'elle ou non, et contre qui cette colère était dirigée. Elle était de ceux qui se concentraient sur le moment, et le moment lui laissait sentir de la colère et du danger. De la même façon que la notion de conditionnel, la cohabitation d'émotions différant en fonction de la personne à qui l'on s'adressait était une subtilité que Thysia avait parfois un peu de mal à appréhender, particulièrement lorsque l'attention de ces émotions n'était pas portée directement sur elle.

En revanche, elle savait sentir l'amélioration, et celle dans l'attitude d'Amaria était des plus rassurante. De froide, distante et prédatrice, prête à la tuer au moindre geste, elle était devenue... Froide, distante, mais un peu plus avenante. Du moins, il lui semblait. Répondant à la stimulation directe, Thysia lui sourit légèrement avant qu'elle ne quitte la pièce, sans trop savoir pourquoi vraiment. En vérité, tout ça lui paraissait bien étrange, pour elle qui n'avait aucune idée de la raison du comité d'accueil qui l'avait attendu ici. Etait-ce simplement parce qu'elle n'avait finalement pas dérangé la présidente sans raison valable, que sa présence était passée d'indésirable à simplement inutile ?

Toujours était-il qu'elle se retrouvait de nouveau seule avec la présidente, alors qu'Amaria était partie chercher son tuteur... Allait-elle le ramener ici ? Allait-on lui faire la leçon ? Même en réfléchissant, elle n'y trouvait pas de raison valable... Après tout, elle ne s'était pas trompée. Ce fût les mots de Leblanc, qui lui firent prendre conscience, une bonne fois pour toute, de toute l'ampleur de la situation, que le stress l'avait empêchée de réaliser.

Elle avait bel et bien prévenu pour de l'eau empoisonnée, sans doute mortelle, par son tuteur. Celui-ci allait sans doute passer de bien sombres moments. Et elle ? Qu'allait donc décider la présidente de la Rose, à son sujet ? Elle l'incitait à se rapprocher... Pour la remercier. Mais Thysia connaissait bien ce qu'il pouvait se cacher derrière ce mot, au sein de la Rose Noire, et certains de ceux qui avaient été ainsi "remerciés", n'étaient plus de ce monde pour décrire au mieux l'expérience. Sans doute ce qu'il risquait d'arriver à son tuteur... Puisqu'il était celui qui l'élevait, allait-on la considérer responsable, elle aussi ? Non, il ne lui semblait pas voir de malice dans les mots de la présidente. Au contraire, elle semblait bien plus douce et avenante qu'elle ne l'avait jamais vue, lui accordant une attention toute particulière qu'elle n'aurait jamais pensé recevoir. Sans être vraiment chaleureuse, la tonalité de sa voix pouvait laisser penser à de la bienveillance, ce qui rassurait grandement l'hybride, l'aidant à se sentir plus en confiance. Aussi, écartant lentement les ailes, et les rétractant pour les laisser disparaître dans son dos, la jeune hybride s'avança de quelques pas hésitants, tremblant légèrement sous l'intimidation écrasante de la présidente, qui n'avait pas besoin de se lever pour regarder le monde d'en haut. Arrivée un peu plus près, elle posa un genou au sol, autant en signe de soumission, de respect, et pour lui éviter la peine d'avoir à lever les yeux.

D'une voix sèche, la gorge nouée, elle murmura
" Vous n'avez pas... à me remercier. C'est normal, je... je n'aurais pas voulu qu'il vous arrive malheur. "

Il était mortellement angoissant, à vrai dire, de ne pas être certaine d'avoir agi au mieux. Au moins, était-elle convaincue de ne pas avoir fait le mauvais choix, mais sans pour autant pouvoir s'auto convaincre de façon sûre d'avoir fait au mieux de ce que l'on pouvait espérer d'elle. Même si elle ne parvenait à trouver de raisons ni dans l'attitude de Leblanc, ni dans ses réflexions sur les autres choix possibles, qui infirme le bon choix de ses actions, elle ne parviendrait à être entièrement rassurée tant qu'elle n'en aurait pas eu la confirmation explicite.

Timidement, les yeux bas, elle prit son courage à deux mains pour poser la question fatidique, celle qui la privait de ses moyens, et lui donnait le sentiment de s'être faite couper les ailes, pour se faire ballotter librement. Ce n'était qu'un fugace murmure, timide, et à peine audible, même dans cette pièce silencieuse.

" Si je peux vous demander... j'aimerai savoir... Je suppose que je ne pourrais plus retourner chez mon tuteur, pas vrai ? Alors ou...

Sa voix se perdit, bloquée dans sa gorge, rendant purement et simplement inaudible la fin de sa phrase. Mais peu importe, l'idée était passée. Elle était perdue, et anxieuse quant à son avenir proche.


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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Ven 19 Juin - 0:36


Même corps
Mais nouvelle vie.


Et modeste avec ça. Leblanc se demandait si Thysia était trop intimidée pour reconnaitre la qualité de ce qu’elle avait fait ou si elle était simplement humble. Leblanc se doutait qu’elle manquait d’information pour y répondre et une tierce possibilité était clairement envisageable. Néanmoins, cela était un tout autre problème désormais. Leblanc avait bien des projets et bien des choses à faires, dont certains nécessitaient quelques… réajustements d’effectifs. Notamment concernant cette Thysia. Et cela, elle allait commencer à s’en charger dès à présents. Calmement, elle l’écouta poser ses plaintes, prenant note de ces dernières alors qu’un léger sourire se dessinait sur ses lèvres.

« Tu ne devrais pas diminuer ainsi tes mérites, Thysia. Chacun de mes mots est une incantation, ils ont tous leur importance. Et si je te remercie, c’est que c’est mérité.

Elle marqua une pause, prenant appuie sur son siège pour se relever, se rapprochant de la jeune hybride à laquelle elle n’avait toujours pas donner d’informations. S’approchant, elle posa ses mains sur les épaules de la jeune fille, reconnaissant sa présence et son utilité. Il n’y avait pas de massage désagréable cette fois-ci, juste l’attitude d’un suzerain face à une personne qui lui a rendu un immense service. L’important n’était plus de savoir qui disait vrai et qui mentait, mais de reconnaitre les mérites des braves.

- Pour ce qui est de Thysia, elle ne rentrera pas chez elle ce soir. En fait, Thysia n’existera plus ce soir, comme son ancien tuteur le désirait en me mentant ainsi… elle s’arrêta quelques secondes, Mais tu n’es plus Thysia désormais. Désormais tu seras Tharja. Tu n’existeras plus aux yeux de la Rose Noire, tu seras juste ici, à mon service. Tes talents n’obéiront plus à personne d’autres qu’à moi et à ceux que je te désigne.

Un instant, Leblanc resta ainsi, regardant les cheveux de la nouvelle Tharja, les mains sur les épaules de cette dernière. Puis, calmement, avec un timing presque millimétrée, elle retira ses mains. Son attitude était digne des plus grandes, seule sa tenue péchait un peu : une nuisette à moitié transparente, on avait vue mieux pour une intronisation. Mais cela n’était qu’un détail face à ce qui venait de se dire à l’hybride, le réaliserait-elle seulement, ou y prendrait-elle du temps ? Leblanc venait de lui enlever toutes les entraves qu’elle lui avait donnée par le passé de par son tuteur et sa vie passée pour lui donner une nouvelle vie.

- Relèves les yeux Tharja, ta nouvelle vie commence maintenant, et tu dormiras dans cette maison ce soir.

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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Ven 19 Juin - 22:44

Comment cet endroit pouvait-il être aussi silencieux ? Chaque fois que ses paupières se fermaient, elle pouvait les percevoir, et il lui semblait que son simple souffle était une insulte à ces lieux. Si calme… Comment pouvait-elle être elle-même aussi chaotique face à une telle forteresse d’imperturbable flegme ? Tout comme ses couleurs s’adaptent à son environnement tel un caméléon, peu à peu, son attitude suivait la même voie, prenant exemple sur cette stabilité pour s’apaiser, et gagner en sérénité.
Les mots de Leblanc l’y aidaient grandement, d’ailleurs, et tandis que ses yeux se fermaient légèrement pour rester mi-clos, l’on auait presque pu sentir un courant d’air parcourir la pièce tant le soulagement qui la traversait était puissant. Elle lui confirmait, dans ses gestes et dans ses dires, ce qu’elle savait déjà sans pouvoir s’en auto persuader de manière sûre : elle avait agi pour le mieux, et n’avait pas à regretter son geste. Et cette conclusion lui faisait le plus grand bien du monde, car enfin, elle pouvait cesser de se tourmenter.

La jeune mage avait l’habitude de percevoir les émotions et les sentiments de ceux qui l’entouraient. Mais c’était la première fois que cette perception de ce qui émanait de la présidente, de sa volonté, sonnait comme une demande impossible à refuser sur tout son corps et son esprit. Sa volonté était ordre, auquel elle se devait de se plier, de tout son être. Le contact sur sa peau, le poids de ses mains sur ses épaules, lui donnait l’impressionnante sensation d’être soudainement stabilisée et ramenée sur terre après avoir passé bien du temps à dériver sans aucune attache, oiseau incapable de se poser au milieu de vents violents. Même si Leblanc n’avait pas répondu à sa question, elle lui laissait simplement sentir qu’elle n’avait pas de craintes à avoir sur la suite des évènements. Thysia lui faisait confiance, et ce sentiment, aussi simple et pur, suffisait à lui faire retrouver calme et sérénité.

- Pour ce qui est de Thysia, elle ne rentrera pas chez elle ce soir. En fait, Thysia n’existera plus ce soir, comme son ancien tuteur le désirait en me mentant ainsi

Eh… ?

L’intéressée releva des yeux perdus dans ceux de la Manipulatrice. Ne plus exister ?
Il n’y avait pas de peur dans son regard, mais simplement de l’oubli, de la perte, et surtout, beaucoup de douleur. Qu’avait-elle fait de mal ? Pourquoi devrait-elle cesser d’exister maintenant ?
Cette idée sonnait étrange. Elle ne lui semblait pas si différente de son état actuel, ou elle se sentait déjà privée d’identité, et privée d’unité en elle-même. Si c’était la mort, elle l’aurait au contraire accueillie avec soulagement, déchirée entre deux axes qui se livraient une guerre perpétuelle. Elle était déjà si proche, de l’annihilation totale… Mais l’idée d’être une déception, devant conduire à sa disparition, lui faisait mal. Et surtout, quelque chose la dérangeait.

« Mon tuteur… ? Il a voulu me tuer ? »

Elle savait le mépris qu’il avait pour elle, bien sûr. Particulièrement croissant depuis qu’elle perdait le contrôle, et qu’il devait s’arranger pour faire disparaitre bon nombre de preuves de ses crimes involontaires. Mais au point de vouloir la tuer ? La jeune femme en était toute retournée. Il s’agissait tout de même de l’homme qui avait pris soin d’elle depuis son plus jeune âge, qui lui avait appris comment se comporter de façon à être au plus proche possible des humains purs race, et à se rapprocher de leur niveau… Ces derniers actes, tenter de les tuer, la présidente et elle, l’emplissaient de chagrin.

La suite, en revanche, la laissa perplexe. Ces quelques mots signifiaient énormément. Une nouvelle identité… ?

Sa tête lui tournait, et ses yeux redescendirent vers le sol, le fixant d’un air vague, tandis qu’elle essayait de comprendre ce que tout cela signifiait. Elle n’était plus Thysia, elle serait Tharja. N’était plus, serait. Mais en attendant, qu’était-elle alors ? Une infinité de possibilité ?  Cette idée lui faisait tourner la tête. N’était-elle pas satisfaite de ses services au sein de la Rose ? Qui s’occuperait de communiquer avec les oiseaux espions, ou de jouer les interprêtes de messager, alors ? Espionner, n’importe qui pouvait le faire, mais ça, c’était la chose qui la rendait unique… Mais après tout, être au service de la présidente elle-même devait sans doute être considéré comme une sorte de promotion…
La voix de Leblanc lui fit relever les yeux sur sa demande, et elle la contempla, les yeux contenant l’univers tout entier. Recommencer de zéro. Se laisser une chance de tout reprendre…

Elle se surprit à y rêver, véritablement. Un nouveau n… domicile, une nouvelle vie, que lui offrait Leblanc. Elle lui avait déjà donné une vie qu’elle n’aurait pas dû avoir une première fois. Et puisqu’elle avait visiblement échoué à en faire quelque chose, elle lui en offrait encore une nouvelle, une nouvelle chance ? Cette main tendue vers elle l’emplissait d’étoiles. Bon, abandonner le prénom que lui avait donné sa mère risquait d’être douloureux, mais il était lié à sa non existence, à sa défaillance. Tout reprendre. Elle se sentait légère à cette idée. Comme si une lumière pointait à travers les ténèbres, les nuages obscurs s’écartant… Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentit comme un être à part entière, et non une faille. De la pureté… Plus de stress… Plus de folie. Mais cela ne dura qu’un instant. Rapidement, ses instincts reprenant le contrôle, l’envahirent, susurrant la folie et le vice à son oreille. Même avec une nouvelle identité, elle n’en serait pas moins une semi humaine, une créature indigne de porter la vie. Et dangereuse, qui plus était, puisqu’elle était en plus incapable de se maitriser elle-même, malgré tous les efforts.

« Il y a quelque chose que vous devez savoir, madame la présid… »

Elle s’arrêta, bloquant sur le dernier mot. Si elle ne faisait plus partie de la Rose Noire, alors Leblanc n’était plus sa « présidente », n’est ce pas ?
Alors comment devait-elle l’appeler, désormais ? Elle leva les yeux, un peu perdue, cherchant à croiser son regard, comme en attente d’une réponse à cette question muette, avant de reprendre, la bouche sèche.

« Je ne maitrise plus mes transformations… J’ai essayé de les étouffer, d’être la plus humaine possible, mais c’est bien trop fort, chaque jour qui passe me rend la lutte plus difficile, ça a encore failli arriver il y a quelques minutes… Et quand ça arrive, je ne contrôle plus rien, et je suis bien trop dangereuse… »


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Emilia LeBlanc
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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Ven 26 Juin - 21:46


Relax
Take it easy…


La jeune fille semblait… perdue… mais différemment. Auparavant, cette dernière semblait ne plus savoir où se mettre en partie par terreur et en partie par respect. Désormais, c’était comme si l’être lui-même qu’elle était ne savait plus ou regarder : un instant, elle portait son regard sur la manipulatrice, le suivant elle n’y faisait plus attention, reportant son attention sur un autre élément de la pièce… Du moins, en apparence. De son point de vue, Leblanc se doutait bien de ce qui perturbait la nouvelle Tharja avant même que cette dernière ne s’exprime : il n’était pas facile de se voir changer d’identité comme cela, sans avoir son mot à dire. Cela apportait son lot de possibilité avec le même quota d’inconnus.

Du point de vue de Leblanc, ça avait été un choix plutôt facile à prendre : dans la Rose, pas mal de personne connaissait la position de Thysia par rapport à Makwelo et Leblanc. Si d’autres personnes venaient à l’apprendre, la jeune fille deviendrait bien moins utile à la Manipulatrice qu’elle ne l’était actuellement. En opposition, cette dernière avait sut lui montrer une loyauté sans faille et en changeant ainsi son nom, elle s’en octroyait la possession ainsi que le secret. Moins il n’y aurait de personne sachant qui était Tharja, mieux ce serait. D’autres soucis semblaient cependant préoccuper l’adolescente en face de Leblanc, affirmant des choses auxquelles Leblanc se devait de répondre.

« C’est peut-être parce que tu n’es pas entièrement humaine de nature, et ça ne changera pas parce que tu en auras la volonté. Plutôt que de tenter d’étouffer cette partie de toi, tu devrais peut-être essayer de l’accepter et de l’apprivoiser. Tu n’es pas totalement humaine et je ne te demande pas d’être ainsi, personne ne te le demande. Cela n’aurait aucun sens que de te faire renier ta nature profonde. Nous aurons cependant le temps de traiter cela plus tard, tu peux m’appeler Madame en attendant, comme le fait Amaria. Et prendre le temps de te reposer un peu te sera surement des plus bénéfiques.

Disant cela, Leblanc lui passa tranquillement une main dans les cheveux, les ébouriffant légèrement histoire de casser un peu cette impression solennel qui imprégnait les lieux. Mettre la jeune fille un peu plus à l’aise semblait être l’intention de cette dernière. Elle n’avait après tout plus aucun intérêt à lui mettre une grosse pression dessus, maintenant qu’elle savait ce qu’elle avait besoin de savoir. Les choses semblaient donc se dérouler pour le mieux pour la nouvelle Tharja…

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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Dim 28 Juin - 20:55

Je m'appelle Tharja.

Voilà qui était difficile à songer sans avoir, collé à la peau, le sentiment de se mentir à soi-même. L’effort était difficile, et la jeune femme fatiguée, autant par l’heure tardive que par tout le stress accumulé. Elle n’avait qu’à continuer, à se répéter cette phrase encore et encore, jusqu'à ce qu’elle lui paraisse naturelle, et sonne juste. A force, finirait-elle bien par s’en convaincre suffisamment pour se l’approprier, non ?
La jeune demoiselle qui n'était plus Thysia, mais pas encore vraiment Tharja, prit quelques secondes pour laisser son esprit divaguer autour de ce prénom. Elle savait à quel point de simples mots, dans la langue des mages, pouvaient influer de par leur essence profonde. D'un mot, manipulé de la bonne façon, elle pouvait influer les émotions des gens, et leur faire mettre en avant le sentiment de son choix... Alors tout un prénom, lié intimement à son être, quel impact pouvait-il avoir sur toute une vie ? Si Thysia signifiait "sacrifice" dans la langue des mages,  elle s'en était imprégnée, jusqu'à en devenir un peu de la définition, elle-même. Quant à Tharja ? Malgré son bon vocabulaire, elle ne reconnaissait aucun terme en ce nom. Une simple ressemblance, à « Tharajà », qui désignait les astres, dans l’évocation la lumière nocturne qu’émettaient ces derniers. Voilà qui laissait un peu plus de place au rêve que Thysia…

Je m’appelle Tharja.

Quand bien même elle n’avait pas eu son mot à dire sur le choix de ce nouveau prénom, celui-ci lui plaisait. Et puis après tout, puisqu’on choisissait à sa place qui elle devait être, autant le faire jusqu’au bout. Simplement devait-elle parvenir à s’approprier ce prénom, désormais, ainsi que ce qu’il impliquait.

La réponse de la Manipulatrice la laissa pantoise. Voir même choquée. N’était-elle pas en train de contredire tout ce qu’on lui avait toujours appris ? A cacher sa nature inhumaine et honteuse, à tenter de se conduire le plus humainement possible, pour se rapprocher un peu de la norme ? Elle était une hybride, et une nuisance. D’autant plus maintenant que le monstre en elle devenait de plus en plus dangereux. Combien de fois lui avait-on répété que c’était pour cette raison que sa mère l’avait abandonnée, et que sans la présidente de la Rose ayant décidé pour on ne savait quelle raison d’en faire la pupille de l’organisation, elle aurait été tuée pour son mélange de race ? Combien de fois l’avait-on forcé à montrer les signes de son inhumanité pour pouvoir s’en moquer, s’en amuser, par simple plaisir d’humilier la sous-race qu’elle était ? Et surtout combien de fois lui avait-on fait faire des choses qui lui paraissaient désagréable, cacher ses attributs et contenir ses transformations, pour ressembler un peu plus aux humains purs, et un peu moins à une créature inférieure, et nuisible ?

Même le plus aveugle des moines aurait pu voir sa stupeur devant cette réponse, et son incompréhension. C’était pour elle, comme expliquer à un poisson qu’il ne devait pas nager. Peut-être la présidente de la Rose n’avait-elle pas compris ce qu’elle était réellement ? Qu’elle n’était pas juste une humaine possédant des ailes et pouvant communiquer avec les oiseaux ? Sans doute son tuteur lui avait-il caché les catastrophes qu’elle avait pu causer en ne maîtrisant pas ses transformations, ou toutes les railleries que son apparence non modifiée par des artifices causait au sein des personnes qu’il pouvait recevoir.

Le contact dans ses cheveux surprit soudainement la damoiselle, qui pencha légèrement la tête sur le côté en clignant des yeux. Elle venait de se surprendre à penser comme Thysia, à son tuteur, qui ne l’était plus. Non, elle était Tharja, désormais, et devait se l’approprier. Elle ferma fugacement les yeux sous l’agréable contact, que lui prodiguait la matrone de la Rose. Plus que du simple plaisir physique, c’était la sensation aussi entraînante que déstabilisante de recevoir de l’affection, et une main tendue vers elle pour l’aider à retrouver une place… Puis, sentant ses cheveux restés ébouriffés, s’ébroua vivement, se les remettant en place en gonflant les joues.

La Dame n’avait pas tort en lui préconisant du repos, elle devait l’admettre. D’ailleurs, maintenant que le stress était retombé, elle avait du mal à étouffer des bâillements ensommeillés. Mais elle savait que son tu…ancien tuteur allait bientôt être ramené ici, et sa nature curieuse rendait très frustrante l’idée de ne pas être là pour voir ce qui allait se passer. Elle ne se doutait d’ailleurs pas une seconde du genre de traitement que risquait de subir celui qui avait voulu empoisonner Leblanc, d’ailleurs. En vérité, elle ne s’imaginait pas grand-chose, mais être envoyée au lit comme une enfant pendant que les adultes discutaient de choses de grandes personnes l’ennuyait beaucoup. Et puis, elle n’avait pas ses affaires ici, et n’avait rien pour s’attacher les cheveux pour dormir, ce qui la gênait beaucoup car ses longs cheveux avaient tendance à s’emmêler pendant la nuit, et surtout, elle n’avait pas Mr. Piwak, son perroquet en peluche. Ce qui était désormais sa préoccupation la plus essentielle, à des centaines de lieues de ce qui pouvait se jouer en ce moment et dans les heures à suivre, à cet endroit. Changer d’identité, c’était une chose, mais abandonner Mr Piwak, c’en était une autre ! Même si son ancien tuteur lui avait bien dit et répété que désormais, elle était une adulte, et qu’elle pouvait – entre autre – bien se passer de sa peluche, l’idée de dormir dans un lieu tout nouveau sans le seul substitut d’affection maternel qu’elle n’avait jamais possédé avait tout de même de quoi l’effrayer un peu.
Timidement, passant en appui d’une jambe sur l’autre, elle demanda

« Est-ce que je peux aller chercher mes affaires… ? »

Amaria était partie depuis moins de cinq minutes… Si elle avait su avant, elle aurait peut-être pu lui demander de les lui ramener au passage. Ou peut-être, en se dépêchant comme à l’aller, pourrait-elle faire le trajet en une petite vingtaine de minutes à peine. Mais visiblement, courir ainsi risquait d’être particulièrement difficile, réalisa-t-elle en sentant une vive douleur, ainsi qu’une brulure à son genou, là où elle s’était écorchée. Pourtant, n’avait-elle pas désinfecté la plaie ? Non, c’est vrai, elle avait entendu tout ça en allant chercher de quoi se soigner, et avait dû partir si vite qu’elle ne s’en était pas occupée. Et les sols des catacombes étaient loin d’être les plus sains et propres qu’on pouvait trouver. En interrompant le saignement, sans désinfecter derrière, elle n’avait probablement rien fait d’autre qu’enfermer les germes à l’intérieur de la plaie.

Rougissant de sa bêtise, et se grimaçant légèrement sous la douleur, elle se pencha pour poser sa main sur son genou, pour estimer grâce à sa sensibilité à la magie de soin, l’ampleur des dégâts. Une infection lui paraissait bel et bien s’être développée, qui lui demanderait sans doute un peu de temps et de concentration à soigner. Mais le plus essentiel était déjà, même si c’était un peu tard, de limiter la propagation. Se maudissant d’avoir laissé le flacon sur son lit, elle murmura, se mordillant la lèvre inférieure avec gêne :

« Et… euh… Je crois que j’ai besoin de désinfectant… »


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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Sam 8 Aoû - 22:42

Leblanc eut un sourire amusée devant l’insouciance que montrait Tharja. Retourner de là où elle venait serait pour l’instant plutôt mal avisé de sa part. En effet, outre le danger que représentait un assaut des furies, si celles-ci n’étaient pas sur place avant elle, elle pourrait se retrouver à devoir accuser le coup des foudres de son ancien tuteur, ce traître. Néanmoins, la petite avait quand même eu la candeur et l’innocence de lui demander si elle pouvait y retourner. C’était à la fois mignon et triste. Triste d’un certains point de vue car sans la réflexion que pouvait avoir une autre personne à sa place, elle serait capable de se jeter dans la gueule d’un loup avec un sourire candide pour y être manger.

Se tournant, Leblanc se dirigea vers une bibliothèque de la pièce, suivant les couvertures de livre du bout des doigts. Finalement elle s’arrêta sur ce qui semblait de loin être un livre noir d’ébène. Les mots écrits dans une langue si ancienne que le temps lui-même aurait put en oublier la signification. Néanmoins, à l’aura qui s’en dégageait, il était évident que ce livre traitait de magie noire et de tous les vices que cette dernière pouvait contenir… et les tentations. Puissance, pouvoir, envie… Ce n’était qu’une partie des sensations qui se dégageaient de ce simple tome, et pourtant elles étaient puissantes à en être enivrante. Le sortant, elle l’ouvrit, le feuilletant du regard.

« Je ne pense pas que ça soit une bonne idée pour toi de rentrer. Il va y avoir du grabuge et ton ancien tuteur pourrait ne pas apprécier ton retour et vouloir te le faire comprendre d’une manière pour le moins… explicite et expéditive.

Elle regardait les pages sans sembler préter trop d’attention à ce qui l’entourait avant de refermer brusquement le livre en un claquement sonore, le passant sous son bras. Dans l’instant, toute la tension que cet ouvrage expirait s’évapora, disparaissant dans les limbes de l’inconscient. Tournant la tête vers la jeune fille, la Manipulatrice plongea son regard dans le sien. Elle avait remarqué depuis un moment déjà la plaie qu’elle avait au genou et se doutait que c’était bien pour cela qu’elle avait besoin de désinfectant. Elle sourit.

- Et pour ce qui est de te soigner, bien sur que tu as droit à cela. Suis moi, je vais te montrer où en trouver.

Et sans regarder derrière elle, Leblanc se dirigea vers la porte de sa chambre, toujours en tenue légère, pour l’ouvrir et la traverser. La porte restant ainsi béante derrière elle ne demandait qu’à être emprunter tandis que l’illusionniste l’empruntait, un livre noir sous le bras, attendant sans attendre qu’on la suive. La salle d’eau n’était pas bien loin et on y trouverait sans le moindre soucis une trousse à pharmacie que la nouvelle Tharja pourrait utiliser pour ses besoins…
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Tharja
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MessageSujet: Re: La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit   Dim 9 Aoû - 11:33

L'écoulement du temps pouvait être étrange, parfois. Pour la jeune demoiselle, aussi calme qu'un courant d'air, et aussi stable que montée sur ressort, il s’enchaînait bien souvent à un rythme rapide et survolté, chaque action cadencée, et suivie d'une autre, qui n'attendait nul délai, ni temps perdu.

Pourtant, ce soir, le temps lui semblait s'étirer lentement, paresseusement, face au calme stoïque de Leblanc. Chaque action était posée, tranquille, et sans précipitation. Le jeu d'une scène au tempo lent, dont chaque acte était une épreuve de patiente. Et pourtant, aucune place à l'ennui : la Dame savait conduire un rythme qui s'imposait comme naturel, et auquel chacun s'adaptait sans mal. Aussi, c'était avec calme que Tharja, nouvelle de ce nom, contemplait Leblanc se lever et se diriger calmement vers une bibliothèque, pour s'y saisir d'un ouvrage fin, une fois qu’elle eut fini de parler. A son ouverture, elle ne put d'ailleurs retenir un frisson lui parcourir l'échine, et un léger tremblement, face à ce qui s'en dégageait. De la malice, de la noirceur... De la magie noire, elle pouvait en reconnaître l'aura, même si elle ne l'avait elle-même jamais pratiquée. Elle avait suffisamment de connaissances théoriques, de par l'enseignement qu'elle avait reçu, et les nombreuses heures passées à étudier seule pour tenter de s'améliorer, pour s'être établi une solide culture en termes de magie, ou du moins toutes proportions gardées par rapport à son jeune âge.

Finalement, tout en feuilletant l'ouvrage, la propriétaire des lieux prit sa parole, répondant à la question timide de la jeune fille. Par la négative, Leblanc lui interdisant visiblement de retourner ce soir récupérer ses quelques possessions, arguant que son ancien tuteur risquait de se montrer violent dans ses représailles. Une fois de plus, elle avait du mal à admettre ces mots, et d'accepter que cet homme qui l'avait élevée, ait réellement voulu la faire tuer, et risquerait de s'en prendre à elle. Cette idée lui mettait les larmes aux yeux, bien qu'elle ait d'elle-même pu constater qu'il avait bel et bien tenté de faire assassiner la présidente. Il avait pourtant toujours fait preuve de patience, en acceptant de garder la créature dangereuse qu’elle était, et de faire disparaître les preuves de ses méfaits… Alors comment pourrait-il être mauvais ?

Tous ces changements, si brusques, ce soir. Aurait-elle pu s’attendre à ça en se réveillant ? Sûrement pas. Il lui fallait maintenant se remettre les idées au clair.

Soudainement, cette impression de lourdeur qui s’était accumulée dans la pièce cessa, dans un petit claquement, lorsque Leblanc referma le livre qu’elle avait ouvert. Immédiatement remplacé par une sensation encore plus tenante, lorsqu’elle plongea son regard dans le sien. Tharja soutint son regard, comme fascinée, l’espace de quelques secondes. Dans la semi pénombre de la pièce, ses yeux bruns dorés lui procuraient des sentiments aussi violents que mitigés. Comme si des flammes de bougies luisaient dans les yeux de cette femme, comme deux lucioles guidant un voyageur perdu dans une nuit sombre, pour l’entrainer… Eh bien, là ou Leblanc l’aurait décidé. Pour le moment en tout cas, la jeune mage ne sentait ni malice, ni agressivité dans les émotions de Leblanc. Depuis qu’elle avait pu confirmer ses dires, elles avaient évolué vers plus d’avenance, lui semblait-il, ce qui concordait avec ses mots. Mais qui pouvait réellement percevoir la ligne entre ce qu’elle ressentait, et ce qu’elle voulait bien lui montrer ?

Son livre sous le bras, elle l’invitait tranquillement à la suivre, ce à quoi elle obéit, intimidée. Il était étrange, désormais, de sortir de cette pièce, pour s’aventurer ailleurs dans le manoir. Comme si sa première traversée n’avait été qu’un passage vers un lieu où on l’attendait et l’autorisait, dont elle s’écartait désormais. Pouvait-elle vraiment sortir de ce sentier ? Oui, puisque la maîtresse des lieux l’y invitait. Aussi, elle trottina sagement derrière elle en boitillant légèrement, marchant dans ses empreintes, pour la suivre hors de cette pièce, jetant des regards impressionnés autour d’elle, tandis qu’on l’entrainait vers une salle de bain, dont le luxe n’avait d’égal que l’élégance dans les choix de l’architecture. L'espace d'un instant, elle se demanda pourquoi elle avait ainsi emporté un ouvrage de magie noire avec elle, avant de balayer l'idée. Peut-être un livre de chevet pour la femme aux milles visages...

Leblanc lui avait promis de dormir ici ce soir. Mais les autres soirs ? En serait-il de même ? N’était-ce qu’un accueil des plus temporaires, car la nuit était déjà tombée depuis longtemps, ou bien lui proposait-on réellement une place fixe, un nid ici ? Après tout, elle lui avait bien dit qu’elle entrerait désormais à son service… Toujours était-il que ces lieux inconnus lui paraissaient immenses, et des plus intimidants. Et même si leur propriétaire lui semblait amicale – sans doute une reconnaissance temporaire, pour avoir bien agit, qui fanerait rapidement sous le poids de son statut d’hybride -, Tharja avait le sentiment de plonger à pieds joints dans l’inconnu. Elle savait que son ancien tuteur la méprisait. Mais elle savait aussi à quoi s’attendre avec lui, et quelles conséquences pouvaient avoir ses actes. Ici, que pouvait-il bien l’attendre ? A quoi se risquerait-elle au premier faux pas ?

C’était un tout nouvel apprentissage auquel elle devrait se livrer là, songea-t-elle pendant le nettoyage de sa plaie. Celle-ci n’était pas belle à voir, et visiblement infectée. Mais ce n’était rien de bien grave, elle se savait capable de se soigner si elle pouvait simplement en prendre le temps au calme. Elle s’en occuperait avant de s’endormir. C’était loin d’être le premier de ses soucis, à ce moment.

« Merci beaucoup, Madame », murmura-t-elle avec reconnaissance.

Même si ces paroles suivaient sa demande immédiate, elles ne s’arrêtaient pas là. Tharja la remerciait de façon générale pour la gentillesse dont elle faisait preuve envers elle, non seulement ce soir, mais depuis sa naissance, en lui ayant permis de vivre à l’abri. Et à la chance qu’elle lui donnait ce soir, en la gardant ici, en lui donnant une chance de revivre autrement, loin du danger qui risquait de se dérouler une fois Amaria arrivée chez son ancien tuteur. Cette femme martiale, aussi froide que la glace, ne lui paraissait pas être quelqu’un qu’on aimerait avoir face à soi. Mais pour ce qui était de Leblanc, elle ne lui avait, au final, donné aucune raison d’être apeurée par la nouvelle vie qui l’attendait. Finalement, peut-être s’inquiétait-elle trop sans raison ?


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La loyauté ne vient pas toujours de ceux qu'on croit

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