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 L'ignorance est un péché (PV ashe)

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Natalia
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MessageSujet: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Ven 27 Mar - 20:09

L'ignorance est un péché



Porter les sacs. Nettoyer les tentes. Nourrir les bêtes. Nettoyer la vaisselle. Remplir les réserves d’eau. Recommencer.
Tout cela n’a aucun sens. Pourquoi est-ce que je continue, depuis toutes ces années ? Sans aucune reconnaissance, je ne suis rien à leurs yeux. Du moins, pas pour le travail que je fais. Mes bras tremblent, ma tête tourne, et mon ventre crie famine. Mais tant que le travail ne sera pas terminé, je n’aurais ni repos, ni de quoi apaiser ma faim.
Parfois, je rêve de tenter ma chance, et de m’enfuir. Quitte à être reprise et exécutée, car est ce que ma vie peut encore être qualifiée comme telle ? Obligée de servir, chaque jour, ceux qui m’ont fait prisonnière. Mais quand je lève les yeux vers le ciel, je trouve la réponse.

Qu’importe si ma vie n’est pas libre, si je ne suis qu’une traine-misère tentant de survivre du mieux qu’elle peut dans une ville ennemie. Je suis vivante, et ça, c’est une chose qu’on ne m’a pas encore retiré. Je ne veux pas la perdre, cette vie ! Je veux continuer à lever les yeux, voir le bleu du ciel, le soleil, ou les étoiles scintillant. Je veux garder l’espoir, d’un jour, retrouver ma liberté.
Ce n’est pas que la mort me terrorise. S’ils décident de me la donner,  j’y ferai face, pour aller retrouver les miens, mes ancêtres, dans les grandes plaines de neiges éternelles. Mais l’idée de me réveiller un matin au lever du soleil, pour ne plus jamais le voir se coucher, me remplit d’effroi. Respirer l’air frais, sentir la brise dans mes cheveux, et chanter la vie et la mort m’accrochent à une vie, qui à défaut d’être idéale, est toujours pleine de beautés. Et je ne veux prendre le risque de la perdre pour une chimère. J’attendrai le moment voulu.

Alors tant pis si je suis, devant le soleil couchant, l’une de rares personnes à circuler encore dehors alors que tout le monde à l’intérieur d’une immense tente, en train de prendre un repas chaud. Tenant deux chevaux par la bride, chacun portant des palanches remplies d’eau, qu’il faut amener dans l’immense cuve de réserve, et faire chauffer, pour alimenter le système de douche, dont ils profiteront, alors que je devrai me contenter des restes tièdes froids après eux. Je ne sais pas trop pourquoi on m’a fait venir ici, mais visiblement, la main d’œuvre manquait. Pas de représentation pour ceux restés à Noxus pendant un petit moment… J’espère qu’ils ne m’auront pas oubliée à mon retour.

Le crépuscule s’avance, étirant les ombres gigantesques et légèrement inquiétantes autour de moi, tandis que je ramène la précieuse eau depuis la rivière dehors, jusqu’aux réserves.  Ces quelques minutes à l’extérieur m’ont apaisée. Hors de ce campement, dans la nature… Bien sûr, s’il me venait à l’idée de m’enfuir, je ne survivrai pas bien longtemps, en imaginant qu’on ne me reprenne pas. Mais durant quelques instants, je me sentais presque libre.

Ils ont beau ne pas m’avoir dit ou j’étais, je ne suis pas idiote. J’ai bien vu que nous avons avancé, longtemps, vers le nord. Et je reconnais ces montagnes, au loin, même si je ne les ai pas souvent observées de ce côté-là.
Nous sommes proches de ma terre natale, proches de Freljord. Est-ce une pure cruauté de leur part, de remuer le couteau dans la plaie de mon cœur, ou ne s’en rendent-ils même pas compte ? Je penche pour la deuxième solution. Après tout, la plupart ne savent même pas d’où je viens, savoir que je suis une servante leur suffit.

Les dernières lueurs disparaissent, et le noir s’abat, aussi indomptable que l’hiver. La température chute rapidement, dès que le soleil a disparu, et la fraicheur ne va pas aller en s’améliorant. Soudainement, quelque chose attire mon attention, me sortant de ma rêverie silencieuse. Je suis persuadée d’avoir aperçu quelque chose un peu plus loin.
Je connais par cœur la ronde des gardes, leurs déplacements. Ils ne sont pas supposés passer par là… Et ce mouvement était trop furtif pour quelqu’un n’ayant rien à cacher. Un animal ?
Par pure curiosité,  j’abandonne mon travail quelques instants, pour aller voir. Pas que ça me regarde vraiment, mais ça m’intrigue.

Je n’ai pas rêvé, il y a quelqu’un un peu plus loin, et je suis dans son dos. Avançant avec discrétion, se cachant de tentes en tentes, une silhouette féminine encapuchonnée est en train de se glisser comme une ombre à l’intérieur du campement. Ce n’est pas vraiment mon problème, mais son petit manège est intéressant, alors je m’approche avec discrétion pour la voir de plus près.
Elle porte un arc, splendide. Magnifique. J’en suis jalouse. Rien à voir avec le semblant d’arme que je bricole en secret, qui est plus un passe-temps, une chimère, qu’une vraie fabrication d’arme. Sa tenue n’est pas un uniforme Noxien, et son apparence générale non plus, d'ailleurs. Avec ses longs cheveux argentés et sa peau pâle... Elle m'évoque l'hiver. Le vrai. Celui qui habite mon cœur.

J’hésite un instant. Par là ou elle va, si elle continue, elle sera à découvert pour les sentinelles de l’ombre, en haut des palissades, qui guettent toujours. Vêtues de noires, et génétiquement modifiées par les scientifiques de Zaun pour très bien voir dans l’obscurité, ce sont les gardes parfaits, à voir sans être vus. Et soit cette jeune femme est une alliée de Noxus, auquel cas, elle se donne bien du mal pour être discrète, soit elle ne connait visiblement pas leur présence.
Je ne veux pas prendre le risque que Noxus pense que j’aide un ennemi, ma tête est très bien sur mes épaules, je ne voudrais pas qu’elle tombe. Mais d’un autre côté, si nous sommes proches de Freljord… Si elle en est, son sort ne me laisse pas complètement indifférente non plus.

A quelques mètres d’elle, j’émets un léger sifflement, premières notes d’une mélodie. Je dois parvenir à l’éloigner de là, la faire changer de direction, sans me faire prendre. Et sans laisser penser que je tente d’aider un ennemi, si jamais cette femme se trouvait être une infiltrée, ou quoi que ce soit qui soit du côté de Noxus…

Elle a remarqué le son, et s’est figée. Mais je lui tourne le dos. Je ne veux pas prendre le risque d’être abattue d’une flèche si elle pense que je suis un soldat.
Puis, après quelques secondes de réflexion, mes lèvres s’entrouvrent dans un chant, faisant s’élever ma voix dans les bois. Je chante dans ma langue natale, la langue de Freljord. Si vraiment, cette femme en est originaire, elle me comprendra, contrairement aux sentinelles postées non loin.
Et en cas de problème, si d’autres m’entendent, je pourrais toujours faire croire que je chantais pour moi-même, pour me préparer à ma prochaine représentation.


Jolie demoiselle
Marchant vers le trépat
Qui voudrait tenter le diable
Les porteurs de morts
Cachés là-bas
Elle ne les voit pas

Tout en chantant, d’une voix claire, et portant autour de moi, je reprends la direction des réserves d’eau. Là-bas, c’est très rare que des soldats aillent s’y aventurer, à moins qu’il n’y ait pénurie, et qu’ils se souviennent alors subitement de l’existence des gens comme moi.

Je suis curieuse de la voir de plus près. Il y a trop longtemps que je n’ai pas vu un membre de mon peuple… Ou du moins, un qui ne soit pas prisonnier comme moi. . Mais si elle reste ici, dès qu’ils auront fini leur repas, ils lui tomberont dessus.
Alors avançant d’un pas régulier, je continue de chanter.


Dans le grand silence
D’une nuit remplie d’effroi
La voix d’un message, il faut suivre
Là où allaient ses pas
Ils n’attendent que ça
Elle n’en reviendrait pas

Je continue d’entonner la mélodie les lèvres fermées, jusqu’à atteindre la grande cuve, ou il n'y a personne d'autre aux environs, hormis les chevaux, toujours leurs palanches sur le dos, attendent. Sur place, mon chant s’arrête, laissant le silence se glisser tandis que je recommence à vider les seaux pour remplir les réserves. Voyons si elle va se manifester.




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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Dim 29 Mar - 2:30



L'ignorance est un péché.

PV Natalia



Il n'y a rien au delà, rien. La neige s'étend de tout son large. Elle le peut bien, puisque c'est son territoire. Le soleil entame sa lente ascension au ralenti. Ses rayons effleurent la cime des grands pins qui se font concurrence. Le premier qui touche le ciel. Tout semble silencieux à l'extérieur, comme si le temps s'était arrêté. Je me languis doucement face au paysage blanc, dont l'étendue ne demande qu'à être parcourue. Un hurlement sauvage m'attire en dehors de ces murs. Ça fait bien trop longtemps que je me terre dans mon château de glace, aussi confortable soit-il. Si seulement il pouvait y avoir quelque chose ...
Ma Reine ?

Je tourne la tête vers l'assemblée, feignant l'intérêt.

- Oui ?
- Vous nous avez entendu ?

La gêne m'envahit.

- Non je n'ai rien entendu, et vous voulez savoir ? Je m'en contre-fiche! Je suis la Reine, je fais ce que je veux !

Je fais reculer ma chaise, et me lève les deux mains posées sur la table, un air fâché. Je pars de la salle de Conseil, décidée. Alors que j'ouvre du plat de mes paumes l'immense entrée qui se scinde en deux, un monde nouveau s'offre à moi. Ma cape flotte derrière moi, de manière presque mélodramatique, et je disparais derrière les massives portes.

- Je ne suis pas sure d'avoir tout saisi. Veuillez reprendre s'il-vous-plaît.

Je vois du coup de l'oeil Tryndamere qui se masse le front, exaspéré. Malgré ma décontenance d'il y a quelques secondes, je réponds avec prestance. Cela intimide même celui qui me parlait. Je ne montre pas vraiment l'exemple en ce conseil : je commence à perdre patience des discours, et de la politique. Je suis une reine, mais je suis aussi une guerrière. Mais le Conseil ne veut pas comprendre. Une Reine se doit être auprès de son peuple, pas en mission à risquer sa vie. C'est vrai.  Mais j'ai l'impression de n'avoir aucune utilité ici : je me contente d'écouter les problèmes communs de habitants de la cité, et c'est tout. Cela fait bien trop longtemps que la tranquillité de Freljord n'a pas été bousculée un peu. Je ne souhaite pas la guerre, au contraire, c'est très bien ainsi, même si la paix reste assez fragile. Mais j'ai besoin d'un peu d'air. Enfin, demain je dois aller chasser. Peut-être que ça compensera.

- Nous avons repéré un campement noxien non loin de nos frontières.

Mon cœur rate un battement. Que font-ils aussi près ? Je suis, malgré mes dernières pensées, assez inquiète à ce sujet. Pourquoi ? Depuis quand ? Où exactement ?

- Êtes-vous surs qu'il s'agit bien là d'un camp noxien ?
- Nous n'avons aucune preuve irréfutable, mais il y a de fortes chances que cela soit le cas...
- Ce n'est pas une question de chance! Il faut aller examiner ça de plus près...
- Nous allons dès à présent constituer un escadron à envoyer en reconnaissance, ainsi, nous le saurons.

J'eus quelques secondes de réflexion intense. Et si j'y allais ? Ça serait l'occasion de sortir un peu d'ici. Et une mission de reconnaissance, ce n'est pas grand chose. Surtout que le château n'est pas loin des frontières, j'en aurai pour à peine une heure en cheval...

- Je vais m'en occuper.
- Mais, votre Altesse...

Je savais qu'on ne m'y laisserait pas partir seule, et fuguer pour y aller en solitaire ne ferait qu'inquiéter inutilement la cour. Il fallut donc négocier : une équipe m'accompagnera, et m'attendra à un point de rendez-vous. Si je n'y suis pas revenue au bout d'un certain temps, des mesures d'urgence seront prises... Repenser à toutes ces formalités me fatigue. Mais il faut bien faire avec.
Tout fut prêt en une demie-heure. Le soleil n'était pas encore à son apogée que nous partîmes en direction du camp repéré. Nous avions fait un briefing sur les différents éléments capables de nous affirmer qu'il s'agissait bien là d'un camp noxien : les drapeaux des différentes légions, les armoiries, les armures, etc... Le chemin fut sans encombre, et nous trouvâmes un endroit dominant duquel nous pouvions essayer de localiser le camp. Plusieurs serpentins de fumée s'élevaient des arbres, leur forgeant des langues fourchues. La discrétion ne semblait pas être leur soucis... Il était à environ une demie heure de marche de là où nous étions.  Je décidai que le point de rendez-vous serait ici. Les hommes descendirent de leur monture, et approuvèrent mon choix. Ils installèrent une sorte de petit campement, en se passant intelligemment de faire un feu. Ils attendraient ici mon retour, qui devrait se faire d'ici douze heures... J'avais largement le temps d'y aller en cueillant quelques fleurs, de m'assurer que chacun des hommes à l'intérieur du camp aurait une petit pâquerette dans sa tente, et de rentrer en faisant passer leurs sincères salutations à mes hommes. Tout en essayant de déterminer s'il s'agissait bien là d'un campement noxien, bien évidemment. Le but n'est pas d'y aller complètement en tant que touriste! ...
La marche ne fut pas pénible, bien au contraire. Elle revigora mon esprit de plus belle. Tout en même temps, je me remémorais les armoiries de telle famille noxienne, ou encore de telle autre. Si je voulais m'introduire dans ce campement, j'avais deux solutions : soit j'essayais d'abord une observation lointaine, afin de comprendre de manière superficielle le tour de garde, et je tentais une infiltration plus tard, soit je semais la panique à l'orée du campement, et profitais de la distraction pour l'examiner à partir d'une autre entrée que celle du nord-ouest.
Il faisait très beau. Peut-être même trop. Il était clair qu'y aller maintenant était une très mauvaise idée. Et semer la panique ? Ça m'était venu à l'idée comme un autre plan, mais ce n'est pas vraiment mon genre. Je préfère me glisser telle une ombre, silencieuse et délicate. Un flocon qui fond avant même qu'on n'en distingue les formes. Voilà ce que j'aimais. Et de plus, instruire le campement qu'un étranger s'y était infiltré hm ... non, vraiment pas très stratégique.
Avec un peu plus de marche que prévu, je fis un grand détour afin de pénétrer dans la forêt sans être facilement repérable depuis le campement établit dans une clairière. Humaine ou naturelle, là n'était pas la question. Tout ce qu'on  pouvait dire, c'est qu'ils avaient un espace dégagé dans un endroit couvert par les arbres encore un peu généreux en ce début d'hiver. Je me laissais une marge de manœuvre relativement large, prudence oblige. Je profitai des troncs larges de ces arbres plus méridionaux afin de glaner quelques informations globales sur les roulements de garde, sournoisement cachée derrière ceux-là. À première vue, le camp semblait assez grand. À certains endroits, ils avaient entamé la construction de palissades, mais cette défense était aussi solide qu'un château de cartes. De loin, je discernais des hommes, marcher inlassablement tout autour des frontière du campement, à la lisière. Il me suffirait de m'approcher, d'observer leur tenue, ou d'en soustraire un à son poste et de lui poser toutes les questions nécessaires avant de l'éliminer pour tout savoir. Mais pourquoi faire simple, quand d'autres solutions plus palpitantes s'offrent à nous ? De plus, ma curiosité allait bien au-delà de simplement connaître l'identité de ces hommes. Pourquoi entamaient-ils des constructions prévues pour durer, ici ? Que cherchaient-ils, pour oser se coincer entre Freljord et Demacia ?  Je continuais de surveiller leurs aller-retours, et attendais patiemment le crépuscule... J'avais repéré plusieurs brèches dans leur surveillance : la rivière au sud, en amont du camp, n'était pas séparée par des palissades, question d'accessibilité. Aucun garde n'y passait. C'était une occasion rêvée pour rentrer par ici. La nuit commençait à poindre, et les derniers rayons du soleil, linceuls lumineux, enveloppèrent doucement la flore. Traversant la rivière, je commençai une montée fulgurante, dont la vitesse diminua au fur et à mesure que la lumière artificielle du feu emplissait les lieux sous mes yeux. C'est la différence de niveau entre le campement et la rivière qui me laissa le temps de poursuivre ma route vers une tente dont l'entrée était tournée vers l'intérieur, parfait premier abris des regards ennemis. J'allais faire un pas de plus quand... Une cloche retentit. Je me figeai. M'aurait-on déjà repéré ? ... J'attendis patiemment, avec sang froid. Plusieurs acclamations – de joie ? ... - parvinrent à mes oreilles, mais leur volume semblait s'amoindrir ... C'était autre chose que moi... L'heure du souper ? À vrai dire, je n'en avais aucune idée, mais par simple soucis de répondre à ma propre interrogation, j'imposais sans aucun argument cette hypothèse comme seule véritable option. ... Le camp était ... désert ? Ou du moins, presque. Quelques gardes continuaient à marcher inlassablement : j'en avais aperçu l'ombre sur une des tentes. Je profitais de ce moment de répit pour augmenter le rythme de mon avancée. Je savais globalement les quelques tours que faisaient les gardes. Mais je me rendis bien vite compte que ce bref schéma n'était valable que pour l'extérieur du campement : certains hommes à l'intérieur même de l'endroit, semblaient suivre un parcours bien défini, en boucle. Le campement avait des failles architecturales qu'on essayait de combler avec plus de gardes. Pas bête. Mais pas suffisant. Mon avancée ne fut pas de beaucoup ralentie. J'avais, depuis un bon moment, pu certifier qu'il s'agissait bien là d'un campement noxien. Mais je cherchais autre chose... Une tente plus riche, plus grande que les autres... Un endroit qui se distinguerait des autres, et où peut-être, je pourrai obtenir des réponses à des questions qui vaillent vraiment la peine d'être posées... Cachée derrière une énième tente, je vis enfin un endroit qui correspondait à l'idée que je me faisais. Assez près des palissades terminées. À portée de main. Presque un jeu d'enf...

Un sifflement derrière moi me fit arrêter net. Je me sentis soudainement à découvert, à nu. Ma main effleura l'arc froid, tandis que je cherchais du regard n'importe quoi, n'importe qui. Il suffisait que cela vive pour me donner une raison. Une raison de décocher une flèche entre ses deux yeux. À l'arrière de son genou. Entre ses clavicules. Un signe, un geste, et c'est une flèche. Du coin de l’œil, je vis une ombre bouger. Je ne distinguais pas de visage. Simplement une silhouette. Ma main s'empara de l'arc. Une flèche de glace se matérialisa pendant que je tendais la corde fine. Le souffle retenu, l'ombre aux contours indéterminés était dans mon viseur. Encore fallait-il que cela vive. Et que je visais bien. Quelques secondes s'écoulèrent sans que je ne fasse quoi que ce soit. Un chant vînt interrompre ma concentration. Ce chant ... Les mots, assemblés de cette sorte, avaient un sens. Pas dans la langue commune, mais dans la langue ancestrale de mon peuple. Je mis un moment avant d'en comprendre le sens, d'abord abasourdie par le fait qu'un noxien sache la parler. Dans sa globalité, la voix cristalline semblait avertir d'un danger. La suite des paroles proposait de suivre le flot sibyllin de ce son enivrant et trompeur, semblable à la neige; pur, mais mordant. Il ne fleurissait que pour lui seul. Il semblait trompeur. Mais la douce mélopée avait, dans ses tons aigus, une certaine naïveté. C'était une de ces voix entêtantes, empreinte de mystère et d'exotisme, qui fait naître les aurores boréales. Elle semblait fragile, prête à se casser à tout moment dans la nuit noire pour ne laisser derrière qu'elle qu'un silence absurde et frustrant. Je baissai mon arc : si on voulait me tuer, on aurait pu le faire ici et maintenant. Et deux nouveaux éléments modifiaient mes ambitions : il était dangereux, voire impossible de continuer mes recherches plus loin, et plus important encore, j'avais été repérée. Toujours aussi silencieuse, je suivais la voix, sans me poser plus de questions au sujet de son détenteur. Il m'invitait presque à l'approcher plus loin, ma curiosité était dès lors rassasiée. Presque hors du camp, me voilà dans un autre endroit, peu surveillé apparemment. Le peu de lumière que le feu principal du campement arrive à émettre jusqu'à moi ne me permît pas, en premier lieu, de mettre un nom sur toutes les composants de l'endroit. Un léger renâclement m'indique qu'il y a des chevaux. Me tournant vers l'origine du bruit, je distingue les bêtes, un espèce puits, et ... une personne. Elle porte des espèces de bacs, qu'elle vide dans ce puits. Je l'observe en silence pendant qu'elle s'épuise à la tâche. Je suis presque sceptique. C'est vraiment cet esclave qui m'a conduit ici ? ... plus par méfiance que par sentiment de réel danger, je réarme mon arc que je pointe sur la personne.

- Qui es-tu ? Que veux-tu au juste ?

Du peu que je comprenais de ce que je voyais, je pouvais simplement dire que c'était une femme. Certainement pas très âgée, vu les corvées qu'elle faisait. Et vu sa voix, si c'est bien à elle qu'elle appartenait. En fait, je ne saisissais pas son comportement, si c'était bien elle la "coupable". M'aider ? Contre quoi en échange ? De la pitié ? De la liberté ? ... Pour cette inconnue bien audacieuse, c'était l'occasion d'être rapide et concise. Comme une flèche.




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Natalia
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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Dim 29 Mar - 9:04

L'ignorance est un péché




Je termine ma tâche, avec un regain d'énergie, causé par l’étrange situation qui est venue briser la routine quotidienne. Je suis persuadée que la femme m'a suivie, je sens sa présence derrière moi. Et ce son... Entre mille, je le reconnaitrais. La dernière fois que je l'ai entendu d'aussi près, c'était lorsque j'avais moi-même visé un lapin blanc, ignorant la présence d'un champ de bataille autour de moi, juste avant de me faire capturer. Vieux souvenir, à jamais gravé dans ma mémoire, ravivé par ce léger son. Celui de la corde d’un arc se tendant, dans mon dos. Qui me vise, très probablement
Un léger sourire étire mes lèvres. Qu'il serait ironique, après avoir survécu... Dix ans ? Onze ? Peut-être même plus, aux Noxiens, que ce soit un membre de mon propre peuple qui mette fin à ma vie. Et elle en est bien un, puisqu'elle a compris ma chanson, et m'a suivie. Mais je n'ai pas envie de mourir maintenant, même si elle est misérable, je tiens trop à ma vie, à la brise caressant ma peau, au murmure du vent et a chant de l’hiver.

« La jolie demoiselle manquant de prudence semble avoir compris ma langue. Elle est la première depuis bien longtemps », je reprends, d’une voix chantonnant, sans répondre à sa question.

Je continue un instant de faire comme si elle n’était pas vraiment là, avant de m’adresser directement à elle

« Quant à savoir ce que je veux, je te retourne la question. Moi, je n’ai fait que chanter, c’est toi qui a décidé de me suivre. »

Bien sûr, je l’ai avertie, et mes mots s’adressaient à elle. Mais au final, je n’ai fait que passer et retourner à mes tâches. Mais je sens que mes mots lui font perdre patience. Alors, risque-t-elle vraiment de me décocher une flèche ? Je n’ai pas l’intention de me conduire comme une proie tentant de courir plus vite que la flèche pour survivre. C’est elle qui est en danger ici, pas moi, et à moins qu’elle ne m’abatte sur le coup, j’aurais le temps de crier, et de la faire repérer. Deux morts, qui pourraient être aisément évitées, pourtant. Je ne suis pas son ennemie.

« Il y avait des guetteurs embusqués là où tu te dirigeais. Tu te serais fait tuer. Mais ça, je l’ai déjà dit »

Je suis en train de prendre d’énormes risques, mais c’est la curiosité qui m’y pousse. Et peut-être aussi, l’appât d’un certain gain, bien que je n’ai encore aucune certitude, ni même aucun début d’idée. Si je me fais prendre, je prétendrai qu’elle m’est tombée dessus, et m’a menacée, que je n’ai rien pu faire.
Mais une chose est sûre, si elle s’était faite tuer, je n’aurais rien eu à y gagner. Et peut-être bien que je n’aurais rien non plus en l’aidant, mais du moment que je ne me fais pas repérer, et que je ne mets pas en danger ma propre vie, je préfère ne pas livrer un membre de Freljord aux griffes avides de Noxus. Ils ont déjà bien assez tâché de rouge les grandes plaines enneigées.

Je ne me retourne pas. Je ne veux pas passer pour une menace. Simplement, je termine ma tâche, puis entreprend de dénouer la bride des chevaux, tâche complexe dans le noir qui nous entoure. Derrière moi, la pression de la corde se fait plus forte, je crois. On dirait bien qu’il s’agit du genre de personne qui n’a pas l’habitude qu’on la fasse attendre, où qu’on laisse ses questions sans réponses. Fort bien.

« Je m’appelle Natalia, et qui je suis n’a pas vraiment d’importance. Je ne m’en souviens pas moi-même, si ce n’est que j’appartiens à l’hiver, tout comme toi. Mais il y a bien longtemps qu’on m’a arrachée au ventre de ma mère de glace. »

Mes doigts s’engourdissent dans l’air froid, et je les réchauffe en flattant l’encolure tiède d’une des bêtes. Puis, lentement, à pas mesurés je me retourne, les brides en main, pour faire face à l’inconnue, et la détailler un peu mieux, dans l’obscurité.
La flèche qu’elle tend vers moi semble faite de glace pure. Cristalline, magnifique, chantante, se reflétant à la pâle lueur d’une torche sur la palissade qui éclaire un peu les alentours. En l’apercevant, j’écarquille légèrement les yeux, secouée au plus profond de moi. Des souvenirs. Un arc de glace… Des légendes.

« Avarosa »… Je murmure avec stupeur pour moi-même, avant de me reprendre. Simple légende, qu’on me racontait le soir, avant de m’endormir, il y a bien longtemps. Un instant, l’image de ma mère me contant les histoires de ces héros antiques de Freljord vient frapper mes rétines derrière mes paupières closes, et mon ventre se noue. Malgré tous mes efforts, je ne parviens pas à oublier.

Je relève les yeux sur la jeune femme, tentant de détailler son visage. Pour porter ce genre d’arme, aussi parfaite, ce ne doit pas être la première chasseuse un peu trop imprudente et curieuse venue. Aussi froid et mordant, ces flèches de glaces doivent sans doute passer un message à ceux qui les reçoivent. « Je suis le froid qui mord, je suis la glace qui purifie. Je suis Freljord. ». Tant de nostalgie m’habite, à ces souvenirs. Mais je dois me reprendre, laisser les sentiments me gagner ne ferait que m’emporter. J’ai compris, depuis longtemps, que pour survivre à Noxus, il faut savoir faire preuve de discernement, plus que d’émotions.

« Ton arc est magnifique, et semble parfaitement légitime entre tes mains. Qui es-tu, pour porter une telle arme ? »

Des bruits me parviennent, au loin. Les soldats doivent avoir terminé leurs repas, et vont maintenant se diriger vers les douches. Heureusement que j’ai eu le temps de terminer de remplir les réserves d’eau, ils ne devraient pas avoir de raison de venir par ici. En temps normal, je serai en train de me diriger à mon tour vers les cuisines, pour recevoir mon propre repas. Si je ne me présente pas, les restes seront rapidement terminés par les quelques autres servants comme moi, qui combleront leur faim. Mais même si mon estomac crie famine, et que je me sens épuisée, cette femme me cloue sur place, autant par son arc, que par l’aura de mystère qui me pousse à en savoir plus sur elle. J’espère juste sortir de cette histoire sans y perdre ma tête.


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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Lun 30 Mar - 15:50



L'ignorance est un péché.

PV Natalia



Elle continue ses tâches, comme si de rien n'était. Et comme si de rien n'était, je continue à la pointer de ma flèche. Je ne sais pas quoi faire à vrai dire. Pour quelle raison aurait-je à la tuer ? Si elle alerte le campement en criant, une flèche ne pourrait empêcher le son de sa voix d'atteindre l'oreille des autres hommes. Si elle cherche à  m'attaquer ? Elle semble faible physiquement, et vu là où je me tiens, si elle tente de me foncer dessus, j'aurai le temps de décocher au moins deux flèches. Mais comme elle s’attelle à la tâche, est-ce vraiment une menace ? Peut-être n'est-ce qu'une distraction, un leurre. Au fond que chercher à savoir, quand on est totalement ignorant de la situation actuelle ? Je suis là, à la pointer de mon arc tandis que le temps s'écoule lentement. Des gardes vont peut-être passer par là, me voir. Enfin... le lieu est obscur, ils mettront du temps à me distinguer dans la pénombre s'ils restent en haut, sur le plateau où est installé le campement. Pendant que je m'interroge sur les nombreuses alternatives de cette situation, j'attends une réaction, une parole. Elle chantonne une phrase. L'atmosphère est encore plus étrange ainsi...
L'ambiance mystérieuse me perturbe l'instant d'une seconde. Après ce léger décalage, je repose mon attention sur cette femme?

Elle m'agace sérieusement, par son insolence. Elle me tourne le dos, comme si elle n'avait aucune crainte d'être la cible de la flèche. Et elle chantonne, comme si la situation n'était pas urgente ! ... enfin... Elle ne l'est pas vraiment pour elle, si elle ne se sent pas en danger. Et elle est surement plus à sa place, dans le campement, que moi. Elle sait que si elle veut amener des gens jusqu'ici, elle le peut. Moi si je crie, la situation n'en sera pas plus différente ... J'ai une arme pointé sur elle, mais c'est moi qui suis dans une position délicate. Elle semble prendre son temps, comme si ce n'était qu'un jeu. Je serre un peu les dents, agacée par la situation. Bon sang, je suis piégée comme une débutante !

J'aurai simplement du retourner sur mes pas, et m'en aller quand j'ai entendu la voix. Ça aurait été bien plus simple. Mais cela aurait pu être tout aussi dangereux... Qui sait comment elle aurai réagi si je ne l'avais pas suivie ? Peut-être aurait-elle alerté les gardes. Peut-être aurait-ce très bien pu ne pas être elle qui m'avait donné des indications. Ça aurait pu être quelqu'un d'autre. Pour m'attirer dans un piège, me tuer, me capturer, ou je ne sais quoi encore ... Je n'aurai pas pu partir le cœur léger, sans m'inquiéter du moindre froissement dans la neige. Mais là, si je m'attarde encore plus, aurais-je le temps de partir tout simplement ?...

Je ne prends même pas la peine de répondre à ses mots. Moi ? Manquant de prudence ? S'il-vous-plaît mademoiselle, je suis arrivée au centre du campement, avant d'avoir été repérée. Et repérée par qui ? Une servante ? C'est une erreur de parcours, pas un manque de professionnalisme... Je continue à rager intérieurement, tandis qu'elle se décide enfin à s'adresser directement à  moi ...

... Que chanter ? Oui, c'était complètement anodin. Tu m'as vue, et tu t'es dit "Tiens, si je me mettais à chanter pour que l'inconnue me repère ?  Je ne sais plus vers quoi diriger ma frustration. J'essaie alors de remettre de l'ordre dans mon esprit. Tout est tempête à l'intérieur. Mais c'est le calme plat à l'extérieur. Je garde la flèche tendue, l'encoche sur le fil. La respiration calme, mes yeux dans les siens.
"Je ne justifierai pas ma présence ici". Je la regarde de nouveau de haut en bas. Je ne sais pas vraiment quoi penser de cette fille. Alliée ? Ennemie ? Son geste était-il sincère ou bien n'était-ce qu'une simple distraction du soir ? "Ce que tu as fait n'était pas "que chanter". Un danger me guettait ?"

Elle m'explique qu'il y avait des "guetteurs". Ma vie aurait pu être en danger. Elle a fait une bonne action. Ou peut-être n'est-ce toujours qu'un piège, et que quand je serai en confiance, on me sautera dessus. Comment pouvoir être gratifiant envers quelqu'un dont les mœurs commencent probablement à se fondre dans celles de Noxus? C'est surement caricatural, mais je ne peux m'empêcher de penser que c'est une nation qui corrompt les morales d'un individu. Noxus n'est pas la seule, mais c'est peut-être la pire. Mais elle connait ma langue natale, et je ne peux le nier. Pourtant... elle semble appartenir à Noxus désormais. En tant qu'objet, ou pour des convictions politiques ou morales ? J'opterai pour objet. Mais un individu de Freljord, qui arrive la queue entre les jambes à Noxus, de manière volontaire... serait-il traité différemment d'un esclave ? Je ne pense pas. Elle m'a peut-être sauvé la vie. Ou pas du tout. Je ne sais pas ce qu'elle y gagne à le faire, après tout. Elle continue ses tâches. Les chevaux ne bronchent pas. Et nous, spectateurs, animaux comme humain, la regardons s'atteler à son travail. J'attends. J'attends encore. Plus le temps s'écoule, pour la corde se tend. Le dos tourné, je n'ai qu'à lâcher la flèche. Entre les deux omoplates. Pas le temps de voir l'arme gelé. Ni même le temps de crier. Un bref soupir qui s'échappe du corps qui s'éteint. Rien de plus. Mais je crois que je commence à trouver la patience de l'écouter. Je ne désarme pas l'arc cependant. J'attends simplement qu'elle passe à la suite, vu que je ne suis pas vraiment en condition de la forcer à parler. Une question, une menace qui ne lui plaît pas, et elle a le temps d'alerter tout le monde... allez, cesse de penser à la délicatesse de la situation. Personne n'est encore là, avec un peu de chance. Avec plus de chance, personne ne compte passer avant un moment... on verra bien. De toutes façons, je suis probablement déjà piégée, d'une certaine manière... alors autant avoir le fin mot de l'histoire. Pourvu qu'il arrive vite.

Il arrive plus vite que je ne le pensais. Alors c'est Natalia... sans autre information. Quelqu'un sans aucune autre identité que son prénom et pays d'origine. Et c'est surement mieux que la plupart des gens dans sa situation. Si elle vient de Freljord, cela expliquerai bien pourquoi elle sait parler ma langue. Bon... il ne faut pas être une lumière pour se douter qu'elle avait des origines freljordiennes, mais l'entendre de vive voix flatte ma logique. De pas beaucoup mais quand même.

"Arrachée ? Tu as été enlevée?"

Rien qu'un petit mot peut mettre sur la piste. Ici, c'était arracher qui m'avait le plus inspiré. Arracher des bribes d'informations. Arracher un dernier soupir à la proie. Arracher des lambeaux. Ce mot a quelque chose d'à la fois violent et poétique. Il me fait penser à archer. C'est surement pour ça. N'importe quelle pensée tant qu'elle ne contient pas de frustration, de haine ou de rage, me calme. Baume agréable.


Elle choisit à présent de se retourner. Elle me fait enfin face... Nous nous observons mutuellement. J'aperçois difficilement son visage. J'arrive à comprendre la forme générale, mais elle est plus dans l'obscurité que moi. Je distingue une chevelure massive, foncée. Un regard de louve que je ne perds pas un seul instant. Un regard de louve qui s'écarquille. Elle murmure le nom d'Avarosa. Une légende pour la plupart des Frejlordiens. Moi aussi j'en pensais de même. Avant de retrouver cette arme. La glace pure. Une glace qui ne fond pas, magnifique et éclatante. Je me retiens de lâcher un "Bel héritage, n'est-ce pas?" trop arrogant. Je manque cruellement de condescendance quand je suis passablement agacée. Alors je me passe de commenter son petit murmure. Mais me demander mon identité, à moi ? ... je reste perplexe quelques instants. Elle a reconnu l'arc, est-ce que je peux vraiment lui mentir ? Je crois que dans cette situation, la seule solution est de jouer carte sur table. Je baisse mon arc. La flèche disparaît, semblant fondre à une vitesse incroyable. De minces flocons tombent au sol, ultimes cendres. Je ne m'approche pas. Je garde mes distances, et pour ma propre sécurité, et pour ne pas l'effrayer. Sans aucune sorte d'annonce épique, je me présente simplement :

"Je m'appelle Ashe, fille d'Alrün, et descendante d'Avarosa. Je suis la reine de Freljord."

Oui, rien que ça. J'attends quelques instants, la laissant digérer les informations. Tout en tentant le tout pour le tout, j'essaie d'être la plus rapide et concise possible.

"Pourquoi m'as-tu sauvé ? Je n'ai pas beaucoup de temps à perdre, alors dis-moi ce que tu attends de moi."

Je ne sais pas ce qu'elle voulait. Mais je pense peut-être avoir une ébauche... Je me forge une histoire plausible : elle vient de Freljord, enlevée ou partie loin avec ses parents de sa terre natale. Il y a un trou noir entre ce qui est advenu d'elle quand elle a quitté son lieu de naissance et entre aujourd'hui, servante, esclave, dans un campement à Noxus. Mon imagination est limitée... Mais la voilà face à une personne qui peut changer son destin. Elles sont seules, non loin de la frontière. Des chevaux sous les yeux. Que demander de plus ?  Il ne reste plus qu'à voir ce qu'elle désire faire. Penser à ce scénario me donne l'impression d'une corruption. Une corruption au goût de liberté. Et c'est
délicieux!




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Natalia
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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Lun 30 Mar - 17:01

L'ignorance est un péché



Un léger sourire, triste, se dessine sur mes lèvres quand elle réagit à ce mot. " Arrachée ". Ce mot est encore bien loin de la vérité, et elle ne semble en avoir aucune idée. Pense-t-elle vraiment que je suis ici de mon plein gré ? C'en serait presque drôle, de voir comme les années peuvent faire oublier. Oublier les massacres, oublier les enlèvements, les esclaves ramenés enchainés. De ceux qui ont fait la route avec moi, je suis la seule survivante. Tous les autres ont péri, de mauvais traitement, où de tentatives de rébellion où de fuite. Et si je suis vivante, ce n'est pas parce que je suis plus forte qu'eux, mais simplement parce que j'avais, aux yeux de quelques uns, quelque chose qui n'était pas remplaçable par le premier anonyme, par la première viande fraîche venue. Une voix qui leur plait. Voilà ce qui m'a tenu en vie, depuis tout ce temps, ça et d'avoir assez de jugeote pour ne pas tenter de fuir.

Elle baisse finalement l'arc qui était tendu vers moi, depuis de longues minutes. Je ne crois pas que ce soit par agression qu'elle l'ait gardée si longtemps levé, mais la méfiance. Comme une renarde blanche blottie dans la neige, elle observe, prête à agir, tout ce qui pourrait la menacer. Et dans cet endroit si dangereux pour elle, et si habituel pour moi, elle aurait été bien folle de ne pas se méfier.

Ashe. Ce nom m'évoque quelque chose. Oui, j'ai entendu parler de toi, ci et là, bien que la plupart du temps, les Noxiens tentaient de garder loin de mes oreilles les informations sur ma terre natale. Tu n'es pas la première inconnue venue comme je le pensais, mais celle dont j'ai pu comprendre qu'elle tentait d'unir le pays. Une reine. Soudainement, je m'en veux de mon manque de respect. J'aurais du lui faire face plus tôt. Mais pas tant que ça, finalement, car reine ou non, même si mon cœur est toujours dans le Nord, il y a bien longtemps que je suis bloquée trop loin de ces terres pour pouvoir me soucier de qui les dirige. Néanmoins, à cette annonce, je croise mes mains sur ma poitrine, en m'inclinant, pour montrer mon respect par ce geste venu du passé, typique de la région de Freljord d'ou je venais. Il y a tant de temps que je n'ai pas fait ce geste, je me sens maladroite ainsi, moi qui ai dû prendre l'habitude de m'incliner à la Noxienne, un poignet dans le dos, pour montrer ma soumission. Mais malgré cette maladresse, c'est un signe venu du coeur que je lui adresse, contrairement à toutes les mimiques que j'ai pu montrer aux Noxiens.

Sa question m'arrache un sourire amusé. Cette agressivité et cet agacement dans la voix, mes manières m'ont bien habitué à l'entendre. Allons, reine Ashe, un "merci" serait-il si difficile à arracher de vos lèvres ? C'est que je n'ai déjà pas l'habitude de l'entendre de la bouche de ceux pour qui je travaille. Néanmoins, je me garde bien de faire cette réflexion. La renarde est déjà assez impatiente.

" Et pourquoi ne l'aurais-je pas fait, reine Ashe ?" je murmure d'une voix neutre, tout en commençant à frissonner de froid. Je ne suis pas très vêtue, et en temps normal ce n'est pas un problème, puisque je m'active en permanence. Mais rester ainsi statique dans la nuit, exposée au vent, commence à me geler de l'intérieur. " J'ai déjà vu suffisamment de sang des miens couler. Tous ceux que j'ai pu connaitre, même. Vous êtes la seule personne de Freljord que j'ai pu voir qui n'ai pas encore été assassinée par Noxus. "

Tout en parlant, et malgré le froid, je retire ma veste, les doigts engourdis. Visiblement, elle ne se rend pas compte de qui je suis. Ou plutôt, de qui je ne suis pas, puisqu'on m'a privé de tout ce qui faisait mon identité, pour me réduire à un simple bétail. Me déplaçant à un endroit légèrement mieux éclairé, je lui tourne de nouveau le dos quelques instants, laissant la lueur de la torche révéler la brûlure au fer rouge, marque des prisonniers de guerre en esclavage à Noxus.

" Pensez vous vraiment que ce soit leur camp que je choisisse de défendre ? Si vous voulez savoir pourquoi je ne les ai pas laissés vous massacrer, et bien c'est pour être en accord avec moi-même sur le peu d'identité qu'il me reste. Quel genre de personne serais-je pour regarder l'un des miens marcher vers la mort sans réagir ? "

Ma voix est encore plus froide que celui qui me fait trembler dans la nuit. Elle n'a pas de temps à perdre à s'attarder au milieu de Noxiens ? Et les dix années ou plus que moi, j'y avais perdu, elle y songe, un instant ? Si j'avais eu le coeur à l'affrontement, je lui en aurait fait la remarque. Mais je n'en ai même pas l'envie, consumée par l'amertume dans ma bouche. Voir ainsi un membre de mon peuple, libre, me met du baume au coeur, mais l'emplit de nostalgie également. Alors pour moi-même, dans ma tête, mais sans laisser ma voix sortir, je chantonne dans mes pensées pour extérioriser, ramener le calme dans mes émotions chamboulées comme une tempête en pleine mer.

Debout seule, sur un quai
Dans cette lointaine cité
Une jeune fille contemple les flots
Selon une croyance, transmise au fil du temps
L'océan cacherait un secret
Si un jour tu devais perdre ton chemin
Et dans le monde t'égarer
En te laissant dériver au grès du courant
Les êtres chers tu retrouveraient

Ces notes ne prennent que quelques secondes à défiler dans mon esprit, derrière mes paupières closes. Je fais le vide dans mon esprit. Déjà, je me sens mieux, et mon habituelle neutralité me revient. Ce n'est pas de l'indifférence, simplement, ne pas me laisser atteindre, ne pas me laisser emporter par les courants trop violents, et résister à la tempête de mes propres tourments.  Ainsi, je peux réfléchir plus sereinement.
Contrairement à elle, je peux circuler librement à l'intérieur, sans attirer de soupçons. Simplement, suis-je bloquée à ne pouvoir sortir, car si mon absence était remarquée, je risque gros. Très gros. Ma tête pour ainsi dire. Mais après tout, elle aussi si on la voit ici...

Mes réflexions sont coupées court par un bruit de pas heurtant les cailloux. Un grincement léger de semelle de botte, qui se rapproche. Si on me trouve avec cette femme, en train de la cacher, c'en est fini de moi. Et d'elle aussi. Je lui fais soudainement signe d'un geste de se taire, et tire les chevaux, pour les placer devant elle, de façon à ce qu'elle soit coincée entre la cuve et les bêtes. Elles sont suffisamment grandes pour la cacher entièrement, et il fait suffisamment sombre pour que personne n'ait l'idée d'aller regarder sous leur ventre. L'estomac noué par la peur, je feins de m'escrimer avec un noeud de leur bride, au cas ou on me demanderait pourquoi je reste ainsi, statique, sans bouger. J'ai terminé ma journée de travail, personne ne devrait se soucier de moi, mais on ne sait jamais.

Deux hommes passent, à moins de deux mètres, en discutant. J'essaye de rester calme et sereine, quand ils me jettent un regard, feignant d'à peine les remarquer, trop concentrée par ma tâche. J'espère qu'il n'entendront pas mon cœur, qui bat comme un tambour de guerre. Même après qu'ils soient passés, j'attends de nombreuses secondes, immobiles, jusqu'à être certaine que plus personne ne soit dans les environs, pour relâcher un profond soupir de soulagement, et écarter les chevaux. Malgré que j'ai survécu tout ce temps, malgré que certains me fassent des cadeaux ou m'attendent pou ma voix, et que je sois parvenue à me faire une raison sur ma vie, et à y trouver une routine... Ce genre d'incident me rappelle, au plus profond de moi, à quel point tant que je serai ici, elle ne tiendra qu'à un fil. Je ne veux plus me soumettre à leur joug. Et peut-être bien que cette fois, c'est l'occasion.

" Vous devez vivre libre. ", je lâche dans un souffle, la voix encore légèrement tremblante. " Dites moi ce que vous cherchez ici, je pourrais peut-être vous aider. Tout ce que je vous demande est de me laisser partir d'ici avec vous. "


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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Lun 30 Mar - 19:04



L'ignorance est un péché.

PV Natalia



Alors que je me suis présentée, elle s'incline humblement. Un sourire bienveillant illumine spontanément mon visage. Elle m'intrigue et m'amuse à la fois, dans son inclination maladroite. Je suis toutefois flattée par sa reconnaissance. Je n'en dis pas plus, et continue à l'écouter.
Elle sourit, amusée de ma dernière question. Assez amère en fait.

C'est une bonne question, qui se perd lentement dans le silence de la nuit. Je ne sais pas, mais en cherchant bien, on peut certainement trouver des tonnes de solutions.

"Quelqu'un de malattentionné aurait pu me donner à Noxus. Demander une rançon, ou trouver autre chose qui puisse faire profiter de ma capture. Qui sait ?"

... ou devenir comme vous. C'était une possibilité. Demander une rançon, la garder et ne jamais faire d'échange, et m'utiliser comme servante. Juste pour le plaisir de grands dirigeants... L'idée me fit froid dans le dos. Et en parlant d'avoir froid... La jeune femme se met à frissonner, probablement à cause du vent et du froid glacial qui lacère la terre progressivement. Elle continue à parler de notre peuple, et parle de manière évasive son expérience. Je resterai en vie. Il n'y a aucun doute là-dessus.

"Et toi ? Pourquoi as-tu été épargnée, si ce n'est pas indiscret ?"

J'ai l'impression que demander si c'est indiscret est peut-être un peu de trop. La conversation suit son rythme, et j'ai le sentiment qu'il n'y a pas de réelle barrière entre le "demandable" et le "non-demandable". Alors que je lui pose la question, elle s'éloigne de moi, peut-être dépitée par mes questions, en s'approchant un peu plus de la lumière. Elle retire sa veste lentement, surement à cause de la résistance que son corps exerce. C'en est presque sensuel. Je la regarde, intriguée. Elle me tourne alors le dos. Éclairé, il est le tableau d'un douloureux coup de peinture rougeâtre. Je crois que j'ai déjà vu cette marque.  Mais très peu de fois dans ma vie, alors je ne suis pas sûre. Je me contente de supposer que c'est un sceau que Noxus appose à ses pièces rapportées, je ne préfère pas l'offenser de mon ignorance. Je fixe la marque. Puis je récupère la veste qu'elle a posé sur le côté pour me montrer ses brûlures au sens littéral du terme, et je la lui remets sur le dos, plus par protection que par compassion. Je ne sais jamais quand compatir et quand il ne le faut pas. C'est un sentiment assez délicat à montrer, car on ne sait jamais comment les gens vont y réagir. Certains le rejettent, le rapprochant à la pitié. D'autres vous sont gratifiants. Alors je ne préfère pas l'être. Même si je crois commencer à comprendre la situation. Cela ne m'a pour autant empêcher d'être sincèrement protectrice, loin de là. Je ne sais même plus qui défend qui, au nom de quoi. Comment d'un coup d’œil, je pourrais différencier la bonne, et la mauvaise personne ? ... Depuis que l'institut a brûlé, je suis enfermée dans ma cage dorée, et je ne vois presque plus rien de l'extérieur. Et je ne parle d'avant l'institut... tellement inexpérimentée. Sa voix est sèche. Nous ne sommes pas vraiment sur la même longueur d'onde, et je manque probablement de tact. Mais changer d'attitude, et lui dire que je comprends ce qu'elle a ressenti, même en essayant d'être la plus sincère possible, est-ce que ça aurait un réel impact ? Je ne pense pas. Je suis peut-être un peu brute dans mes propos, mais je me débarrasse du politiquement correct, et je fais avec mes propres bagages.

"Comment savoir qui se trouve sur notre route ? Ça peut être des gens qui ont renié toute appartenance à leurs origines. Ça peut être des gens qui restent fidèles malgré tout. Je n'en sais rien."

Elle ferme les yeux. Elle semble submergée. Ou fatiguée. Trop d'émotions ? Je n'ai aucune idée de ce que je lui fait éprouver, si le problème vient de moi, mais je me tais simplement, la regardant. Je crois que c'est une mauvaise idée d'interrompre quelqu'un qui cherche à quitter le monde quelques instants. On laisse passer une vingtaine de secondes ainsi. Elle semble se reprendre en main. Consciente de tout ce qui nous entoure, elle semble réaliser quelque chose. Mais nous n'avons pas le temps de poursuivre le silence religieux que le roulement d'un caillou le long de la pente nous réveille. Du monde ! ... j'essaie de trouver la source, les yeux plissés, la main sur l'arc, prête à dégainer s'il le faut, silencieuse. Je la vois du coin de l’œil s'agiter, et soudainement, me voilà derrière une masse de chair brune. Les chevaux. Bloquée entre la cuve et les bêtes, je me baisse, résignée. Tandis qu'elle fait mine de s'activer à défaire un des équipements de la bête la plus proche d'elle, je reste silencieuse et attends patiemment. Je baisse la tête pour essayer d'entrevoir quelque chose entre ce voile de pattes. Je distingue une ... non ! Deux paires de bottes. J'entends Natalia s'agiter nerveusement tandis qu'ils passent derrière elle. Ils se contentent de la dévisager tout en poursuivant leur discussion, probablement futile. Une minute se passe après leur départ. Le silence, toujours le silence. Le stress est enfin redescendu, elle remet les bêtes à leur place. Un soupir s'échappe de ma gorge. Je souris maladroitement, rassurée par cet incident sans conséquences.

Sa voix hésite encore un peu. Mais elle finit par reprendre un peu de prestance.
Bien sur que je vivrai libre. Aucun soucis pour ça. Du moins j'espère. J'acceptais sa proposition sans hésiter. Je crois qu'après m'avoir cachée des gardes, ses intentions sont désormais limpides à mes yeux. Je ne dirai pas que je peux croire en elle les yeux fermés, mais elle vient de faire ses preuves en un temps record. Je l'observa quelques instants. Le silence était de mise en cet instant. Je le brise alors d'un "merci", pataud, mais sincère.

"Je cherche simplement de plus amples informations sur ce campement. Les constructions n'ont pas l'air provisoires, et ça  m'inquiète. Je voulais voir des plans de constructions, ou bien des papiers qui expliqueraient leur présence ici. Je ne sais pas vraiment quoi, mais quelque chose de concret."

Un sourire peut-être un peu trop large s'étira sur mes lèvres. "Je crois que c'est faisable ..."

Je m'approchais d'elle, et tout en gardant une voix basse, lui demandait :
"Tu as une idée ou un plan ?..."



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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Lun 30 Mar - 20:15

L'ignorance est un péché



Sa question sur ma survie me laisse sans voix un instant. Bien ironique, puisque c'est elle qui m'a permis de survivre. Mais pas que... Beaucoup de choses, et je ne saurais toutes les qualifier, aussi je me contente de hausser les épaules. Je réfléchirai à la question, pour lui donner une vraie réponse plus tard, car c'était en effet une demande légitime. Pourquoi suis-je encore en vie...

La menace passée, je me sens toujours mal à l'aise, sur mes gardes. Cette nuit est pleine de dangers, et j'en voudrais presque à cette reine d'être apparue sur mon chemin. Il aurait été tellement plus simple de suivre ma routine et de... continuer à ne pas vivre. A survivre. Mais un jour, je dois sortir la tête hors de l'eau, même si je ne sais pas ce que je vais trouver en ouvrant les yeux. Et c'est l'occasion ou jamais, ce soir, puisqu'elle accepte la demande que je viens de lui faire. Je connais suffisamment l'intérieur pour ne pas avoir du mal à sortir, et je m'en remet à elle une fois dehors. Néanmoins, cette idée me fait trembler de peur. Si je manque de discernement, si je me fais prendre... je ne verrai plus jamais le soleil se lever. Heureusement qu'il fait froid, ainsi, je peux prétendre que mes frissons sont dû au vent qui me glace les os. De quoi j'aurais l'air à trembler ainsi de peur ?

Quelque chose me réchauffe un peu. Un mot. Un simple mot, que je n'ai pas entendu adressé à moi depuis bien longtemps. "Merci". Une vague de chaleur dans mon corps, et un sourire. La sensation d'avoir été utile par ma volonté et non par obligation, et d'en obtenir la reconnaissance. C'est une chose si banale, mais quand on en est privé depuis longtemps, si belle à retrouver...

Elle veut des informations. Ca, ça peut s'obtenir, facilement... Mais il ne faut pas se faire prendre, toujours la même histoire. Quant à une solution, j'en aurais bien une à tenter, mais je ne suis pas certaine d'en être capable ce soir. Et surtout si je la tente, j'ai peur de ne pas être en mesure de partir ensuite. Mais c'est sûrement la solution la plus facile et la plus sûre.

" J'ai... peut-être une idée. Une diversion pour vous permettre de fouiller. Mais si vous vous faites prendre quand même, je ne pourrais rien faire. "

Ils aiment m'entendre chanter. Même ici, ça n'a pas trainé. Si je leur promet une représentation, ils viendront m'écouter, me regarder. Même si je suis fatiguée, affamée, et que je me sens faible, je dois pouvoir être suffisamment convaincante pour les garder accrochés une heure. Peut-être même deux. Qu'elle en profite pour fouiner, trouver tout ce qu'elle veut, tout en prenant garde aux sentinelles, car celles-là ne bougeront pas. Mais si je lui donne leur position elle pourra circuler librement, recueillir les informations qu'il lui faut, et sortir, retourner dans les bois, le temps que je sois de nouveau seule, et qu'à mon tour, je sorte discrètement la rejoindre.

Mais ce plan a une faille monstrueuse, pour moi. Rien ne me garantie que la jeune femme, après avoir eu ce qu'elle veut, ne se contentera pas de partir sans demander son reste, et sans m'attendre. Et dans ce cas, si je sors, et que je me retrouve seule... Je me retrouverai prise au piège, entre la gueule du loup Noxienne prête à m'exécuter pour ma tentative de fuite, et celle des vrais loups rodant dans les bois. Je me demande laquelle serait la pire.
Alors ? Ne rien faire, ne pas risquer ma vie, aussi misérable soit-elle, ou bien prendre le risque d'en retrouver une vraie et de mourir ? J'observe Ashe, longuement. Si elle ne se fait pas prendre, elle n'aura pas grand chose à perdre à m'attendre. Pas grand chose à gagner non plus, cela dit.

Finalement, une solution me vient à l'esprit. Je lui expose ce plan, lui expliquant que je donne souvent des représentations de ce genre à Noxus. Que c'est d'ailleurs sans doute ça la réponse à sa question, savoir pourquoi je suis encore en vie. Contrairement aux muscles, ma voix ne peut être trouvée dans tous les esclaves venus.
Je lui fais diversion, elle cherche, trouve, et sort. Ensuite, qu'elle m'attende, et que je lui envoie un signal lorsque je serai prête à sortir à mon tour. Et qu'elle m'en renvoie un à son tour, en m'aidant s'il y a besoin de tuer un garde ou deux à l'entée. Je n'ai pas l'étoffe d'une combattante, et surtout sans arc pour tirer, je serai bien idiote face à des soldats surentraînés.

Même si, en vérité, je n'aurais pas de mal à trouver une justification à ma sortie hors du camp - après tout, j'y allais tous les jours pour remplir les réserves d'eau à rivière -, sans l'avouer à la reine de Freljord, c'etait une façon de m'assurer qu'elle ne me laisse pas en plan, dans la nature. Ou du moins, que si elle fuyait sans m'attendre, sans son signal, je ne tenterai pas de sortir, et me contenterai de continuer ma vie. Mais intérieurement, je priais pour pouvoir lui faire confiance.

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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Lun 6 Avr - 21:38



L'ignorance est un péché.

PV Natalia




Une idée semble lui venir. Elle fait distraction pendant que je fouille les endroits qui m’intriguaient. Le plan me semble ne pas être une mauvaise idée. Je l'écoute sagement. Chanter devant une l'assemblée ? Est-ce une réelle bonne idée ? Est-ce que tout le monde compte réellement l'écouter ? Elle a une jolie voix, mais pour maintenir un camp immobile pendant combien de temps ? Bon, de toutes manières, est-ce que le temps importe réellement dans cette affaire ? Elle me propose un marché risqué de base, même si je dois peser le pour et le contre, je crois que je n'ai pas vraiment le choix. Il faut accepter, je n'ai pas le temps de réfléchir longtemps : mes gardes m'attendent non loin, et il s'est déjà écoulé deux heures, peut-être même plus, depuis mon départ. J'ai un peu perdu la notion de temps, à vrai dire. Il faut faire vite, et bien. Et si je veux que cette infiltration soit finalement parfaite, je dois récupérer le maximum d'informations possibles. Et si je peux faire une bonne action en même temps, que demander de plus ?

Un signal ... un signal qui indiquera que chacune d'entre nous est prête à partir. Je pourrais très bien partir sans elle si je le voulais, mais je crois que moralement, j'en serai incapable après la suite précipitée d’événements qui nous ont accablés. Je suis probablement trop sensible pour une reine. Nous mettons en place ce fameux signal. Moi, un sifflement d'oiseau particulier. Je la laisse décider du sien. J'écoute ce qu'elle choisit, puis d'un hochement de tête, je me faufile habilement jusqu'à un arbre, contre lequel je me plaque doucement. Je regarde aux alentours, afin de m'assurer que personne n'est à proximité. Je n'ai rien entendu d'étrange depuis le passage des deux hommes, mais comme nous montions notre plan, quelqu'un à très bien pu nous entendre à son tour et rester dans la pénombre, silencieux telle une ombre. Si c'est le cas, regarder autour de moi n'est d'aucune utilité. À moins qu'il ne soit vraiment pas discret. Je continue de réfléchir... je devrais peut-être la suivre discrètement jusque là où elle compte tenir sa prestation. Ça me ferait gagner beaucoup de temps. Et elle n'aurait qu'à me dire si la voie est libre simplement devant, cela devrait amplement suffire.

- Si je te suis discrètement jusqu'au lieu où tu comptes chanter, ça ne devrait pas poser beaucoup de problèmes, si ?

Je ne pense pas sur-estimer mes capacités en la matière, vraiment. Si c'est au centre du campement, je la suivrai pas jusque là-bas, mais je pourrais être aux environs, à guetter tel un fauve sa proie. Je peux grimper à un arbre, trouver une tente derrière laquelle s'abriter, ou bien me servir d'un tas de bûches placé là au préalable afin d'alimenter les divers feux. Les cachettes sont innombrables ici. Et j'ai l'ouïe fine. Si quiconque approche, je devrais suffisamment être en alerte pour entendre ses pas se heurter au sol terreux. Pour entendre les cailloux rouler, ou s'écarter sous le poids du baladeur. Je crois que c'est à ma portée.

Elle ne devrait pas tarder à y aller. Le temps de convaincre et de rassembler tout le monde afin de l'écouter devrait prendre aller ... cinq minutes ? Les retardataires ou ceux qui ne sont jamais mis au courant de rien rejoindront le reste du public une fois que le chant aura parcouru tout le camp. Je pense que cette diversion de premier choix me sera d'une grande aide. Il n'y a plus qu'à savoir quand faire tout ça. Et pour cela, je n'attends qu'un mot d'elle. C'est dangereux, je l'admets. Un mot, et je peux courir droit à la mort par ses propres soins. Qu'il est affreux de toujours s'en remettre aux autres, peu importe combien ils prétendent avoir des intentions pures. Mais comment déceler la vérité derrière les mots ? La sincérité... c'est quelque chose que j'aimerai vraiment pouvoir saisir, de manière fiable. Déterminer qui ment et qui dit vrai. D'un regard, d'un geste. Mais je crois que cela requiert plus de compétence, plus d'expérience que de tirer à l'arc. Ah, si seulement les mots pouvaient tout le temps être semblables à des flèches : droits et sans détour. Bruts. Je continue de la fixer, impassible. Une main se balade sur l'arc givré. Le contact réveille la plupart de mes sens, endormis par le froid faible de la nuit. Ces deux froids sont incomparables. Je le caresse tout doucement, tandis qu'il me brûle, qu'il me lèche tel un animal un peu trop affectueux. De l'autre main, je caresse le tronc. C'est agréable de sentir les fines rainures de l'arbre. Je sens chaque défaut de chaque écorce. C'est rêche. ... ! Une petite douleur aiguë m'interrompt brutalement. Je ne saurai dire ce qui m'a fait mal : le froid ou le bois ? J'aimerai avoir le temps de regarder mes deux mains béatement, et tenter de savoir. Mais ce n'est plus l'heure des rêvasseries ...
Quand tu veux Natalia ! ...



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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Jeu 9 Avr - 12:21

L'ignorance est un péché



Je suis parvenue à retrouver le calme froid qui me caractérise la plupart du temps. Celui qui permet de réfléchir, sereinement, sans se laisse perturber par ses émotions. Mon objectif premier est de rester en vie, je ne dois pas le perdre de vie. Ensuite de m'enfuir. Puisque je ne peux le faire seule, ce doit obligatoirement être avec elle, elle doit rester vivante. Et chacune, nous avons facilement le moyen de mettre fin à la vie de l'autre. Elle, si elle se fait prendre, en me dénonçant. Moi, en la dénonçant tout court. La différence est que si je meurs, je l’entraînerais avec moi, ce qui n'est pas réciproque, aussi, j'ai plus de cartes en main, et elle doit sans doute s'en rendre compte.
Mais elle peut aussi m'abandonner à mon sort, et s'enfuir seule. Dans ce cas, si je la suis, je me retrouverai à devoir choisir entre rester avec les loups de la forêt, ou retourner auprès des loups de Noxus. Triste destin.

Je pense qu'elle se rend bien compte de cette situation, de ces doutes, et que si elle choisit de me faire confiance, c'est parce qu'elle n'a pas réellement d'autre alternative. Alors pour le moment, je préfère en faire de même. J'espère simplement qu'elle ne se fera pas prendre, car c'est là le plus grand danger. Et l'écarter repose sur mes épaules.

J'imite doucement le cri d'une chouette. Ce sera mon signal, en réponse au sien, lorsque je serai prête à sortir. Celui lui demandant de surveiller s'il y ait besoin de tuer des gardes, ou si je parviens à trouver une excuse valable pour une excursion de quelques minutes, d'ou je compte ne jamais revenir. J'espère vraiment que ce scénario sera le bon.

" Soyez prudente si vous me suivez. Je vais attirer l'attention de beaucoup d'hommes sur le chemin. Et les sentinelles, elles, ne bougeront pas de leur poste"

Je lui explique ou ces dernières sont situées, ainsi que leur vision améliorée dans le noir. Qu'elle ne reste jamais dans leur champ de vision. Néanmoins, qu'elle reste à portée de m'entendre est une bonne idée. Ainsi, je pourrais communiquer avec elle, en chantant dans la langue de Freljord, comme je l'ai fait pour l'avertir plus tôt. Je lui explique toutefois que certains hommes ici en connaissent des bribes, aussi, je ne pourrais me permettre de faire des messages trop clairs, mais qu'elle écoute le sens de mes paroles, et elle les comprendraient, car ils s'adresseraient à elle si je venais à utiliser ce langage.

Je l'observe, collée contre le tronc d'un arbre qui n'a pas été abattu lors de la montée du camp, qui semble réfléchir, ou se préparer. Ce n'est pas rien, ce qu'il se prépare ce soir, et même si j'ai retrouvé un certain calme, je suis nerveuse. Mais surtout épuisée. Je vais devoir mobiliser toutes mes dernières ressources, malgré la faim, la fatigue, pour les garder captivés. Mais dépasser mes limites, j'y suis tristement habituée.

Avant de me mettre en route, à sa demande d'y aller quand je voulais, je me rapproche lentement d'elle, avec des gestes mesurés, comme pour ne pas l'effrayer, et attrape doucement son poignet, pour le serrer dans ma paume froide. Je ne sais pas vraiment pourquoi je fais ça, si ce geste a une signification que j'aurais oubliée, mais je tenais à le faire. Comme pour créer un lien de confiance, et le renforcer, avant de partir. Je veux qu'elle sache que je n'ai pas l'intention de la mener à la mort. Et qu'elle sache que je compte sur elle pour au moins ne pas en faire de même.

" Si vous devez partir sans moi... quelle qu'en soit la raison, contentez vous de ne pas m'envoyer de signal. Je ne chercherai pas à sortir sans l'avoir entendu "

Elle peut avoir à s'enfuir vite, sans m'attendre. Ou tout simplement vouloir me laisser là. Je ne demande juste que cette petite chose, de ne pas me laisser aller me perdre dehors seule si je ne dois pas pouvoir la rejoindre. A mi voix, je murmure une rapide bénédiction à son égard. Pour lui souhaiter bonne chance, bon courage, et que tout se passe bien. Ce ne sont pas que mes chances de fuites qui comptent, je n'ai pas envie de la voir tomber. J'ai vu assez de membres de Freljord massacrés par Noxus, et qui plus est, elle est une reine. Et son destin repose en partie sur mes épaules.

Finalement, attrapant la bride des montures, je commence à marcher avec, les ramenant vers les écuries, tout en entonnant un chant, résonnant dans la nuit, dans la langue commune, d'une voix claire et de plus en plus retentissante. Je veux qu'on m'entende, qu'on m'écoute, et qu'on me suive.

Dormeur sous la nuit d'étoiles
Émerge de ce voile
Suis moi, ou je t'emmène
Suie moi, ou je t'emmène
Viens avec moi au ciel

Joueur, occupant la soirée
Laisse retomber tes dés
Suis moi, ou je t'emmène
Suis moi, ou je t'emmène
Viens avec moi au ciel

Voilà des heures déjà, que je t'attends
Tu n'es toujours pas là, mais quand viendras-tu ?
Les étoiles du ciel, et même les nuages blancs
Se sont moqués de moi qui chantait, seule, perdue



J'avance, tout en chantonnant de ma voix suave et enjôleuse, qui a cet effet quasi magique sur les cœurs. Il ne faut pas longtemps à des curieux, soldats ayant terminés leur journée, pour pointer leur museau, et s'approcher, de loin d'abord, jusqu'à ce que j'ai rattaché les chevaux à leur place. Les premiers à venir sont ceux qui me sont le pus familiers, ceux qui aiment le plus m'entendre, et m'encouragent souvent à donner ce genre de soirée, attendant la suivante avec impatience. D'un sourire, je leur fais comprendre que ce soir, ma voix leur appartient. Qu'ils préviennent les autres. Je dois tout donner pour réunir un maximum de monde.

Alors je continuer de chanter, en avançant dans le campement, mes pas semblables à ceux d'une louve dansante. Légers, aériens, souples, tout mon corps accompagne ma musique, hypnotisant le regard, et attirant comme un joueur de flûte. Ils sont de plus en plus nombreux derrière moi, à venir chercher, dans ce camp froid, cette petite flamme qui réchauffe le cœur et apporte un peu de distraction dans les soirées mornes des montagnes. Un peu de miel dans ces contrées sauvages, ils en raffolent, et je sais le tourner à mon avantage.

Je sais que, derrière moi, non loin, Ashe doit être en train de me suivre, elle aussi, pour des raisons bien différentes. Je donne tout, de mon corps et de mon cœur, pou captiver et attirer. Et malgré la fatigue, je n'ai pas de mal à le faire, car pour la première fois depuis des années, ce n'est pas exclusivement pour moi que je donne. Je chante pour quelqu'un, et même si ce n'est pas pour ces hommes qui me suivent, ils doivent sentir ce que je donne, et le prendre pour eux.

Finalement, je m'arrête, et regarde le cercle qui se forme autour de moi, d'un œil enjôleur qui les darde, chacun dans leur regard, tour à tour. Je suis quelqu'un, à cet instant là. Plus qu'une servante anonyme et remplaçable. Comme un don du ciel, ma voix attire, et ils ne peuvent s'empêcher de m'aimer pour elle. Et moi, en fermant les yeux, je vole avec le vent au dessus des plaines de neiges, mon esprit aussi libre et indomptable que l'hiver.

Finalement, au bout de quelques minutes, un sourire étends mes lèvres gercées par le froid. Mon regard vient de capter ce que j'attendais. Les hauts gradés, qui, poussés par la curiosité, n'ont su résister à l'appel de la sirène et de sa voix. Ils sont venus me voir, m'écouter, légèrement en retrait par rapport au reste du groupe. Peu m'importe, ils sont rassemblés ici, et c'est tout ce qui compte. Une fois mon chant terminé, j'en entame un autre, dans la langue de Freljord cette fois. J'espère qu'Ashe est toujours à portée pour m'entendre, car c'est à elle que je m'adresse, dans un chant rythmé, et rimant, afin de ne pas attirer l'attention de ceux qui pourraient comprendre quelques mots. Car s'ils avaient pu parler couramment, voilà ce qu'ils auraient pu comprendre, traduit littéralement :

Toi, qui te glisse comme une ombre
Glissant insidieusement dans un enfer
Le diable et ses sbires tournent le dos
Va et profite ! Le moment est maintenant
Pour prendre ton trésor, et t'enfuir avec

J'espère qu'elle m'entends et me comprends. J'ai passé mon message, et j’enchaîne sur des paroles plus classiques, dans la langue qu'ils comprennent, pour ne pas les lasser. Un peu d'exotismes, ils aiment bien de temps en temps, mais trop les frustrerait. Maintenant, je n'ai plus qu'à les garder accrochés au son de ma voix au maximum, autant que mes forces me le permettront, et à attendre

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Ashe
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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Jeu 16 Avr - 10:23



L'ignorance est un péché.

PV Natalia




J'attends dans le silence, contre l'arbre. Je la regarde silencieusement, peut-être un peu sévèrement. L'heure est presque grave, le moment bientôt venu. Mes yeux se perdent dans le noir de la nuit, et tandis que ma respiration s’accélère un peu sous la pression, le cri de chouette imité résonne encore dans les méandres de mon esprit, et le son semble se répercuter contre chacune des parois, s'emmêlant, se confondant, se déformant. Chanter dans la langue de Freljord... très bonne idée. Un code simple, efficace, sans ambiguïté. Certaines personnes peuvent certes le comprendre, mais en partie seulement. Si comme elle le dit elle-même, elle n'en fait pas un usage abusif, cela ne devrait pas être problématique. De plus, je n'aurai pas sans cesse besoin d'être attentive aux paroles de ses chants : dès qu'elle change de dialecte et que je reconnais les mots durs et soyeux de ma langue, je sais qu'il faut être dès lors plus alerte et guetter la moindre bride de son chant, tel des gouttes de nectar précieuses, qui dégoulinent lentement d'une gourde vide.
Une forme s'avance. C'est Natalia. Je parviens à la distinguer lorsque je reprends le contrôle de mes sens. Avec des gestes assurés mais lents et doux, elle prend mon poignet. Malgré la froideur de ma main, je sens la sienne. Je la regarde, ne comprenant pas sur l'instant, tel un animal qui vous regarde un peu hébété, penchant alors la tête légèrement sur le côté. Je ne commente pas. Je laisse juste le contact se faire. Quelque chose semble se décrocher un peu de mes épaules; mais je n'y fais pas vraiment attention à cet instant précis. Je me contente de la regarder, et d'attendre. Je baisse lentement la tête vers ses mains. Brûlées sous le soleil à cause du travail forcé. Abîmées par les multiples labeurs endurés. Les ongles sales, des cicatrices ça et là parsèment la peau tendue, probablement lorsque le couteau de cuisine butait malencontreusement sur ses fragiles doigts. Sa peau est plus rugueuse que la mienne au toucher. Le travail l'a endurci : entre porter les sceau chauds et lourds, manipuler les cordes rêches de l'équipement équestre, ces mains semblent avoir déjà tout subi. Le tableau est étrange, à la lueur des torches. Deux chairs, blanches et noirs. Ces deux mains qui se frôlent sont vraiment différentes. Les miennes sont blanches et froides. Simples, sans artifices, mais soignées. Sans réelle marque de violence ou d'endurance, à première vue. Mais sous cette peau, quelque chose se cache. Ou bien a disparu. Je peux simplement dire que j'ai presque perdu le sens du toucher. Le froid de mon arc a si bien engourdi mes doigts, qu'ils semblent être figés dans un bloc de glace qui ne fond pas, bravant le doux soleil d'été qui tombe sur le balcon de ma chambre. Et même le feu tentant de s'accrocher désespérément à mes doigts. Je regarde, presque triste, cette paire contraire. On dit que les opposés s'attirent, après tout. Ej lève mon regard sur elle quelques instants, puis récupère ma posture comme si rien n'était.

Elle me donna ses dernières consignes. Peut-être serait-je poussée à partir sans elle, si je me fais surprendre par exemple. Ce serait la pire situation envisageable. Mais je ne préfère pas l'imaginer. Solennellement, je dis simplement :

- Si je dois partir sans toi, ce n'est pas que je l'aurai voulu. Sache au moins ça si nous ne pouvons nous retrouver.

Puis d'un hochement de tête commun, elle entame son chant tout en entraînant les chevaux avec elle. Ce ne sont pas les seuls animaux qui la suivent, ces chiens de noxiens semblent tendre l'oreille à son passage. Tel des rats charmés par un joueur de flûte, ils trottinent derrière elle, la marée grossissant au fur et à mesure que la mélopée se poursuit. Elle passe à travers les tentes, et pendant que son ombre dansante s'éloigne de l'arbre qui me servait de maigre cachette, je m'avance prudemment. Le campement est fort pratique pour se cacher : les tentes sont hautes et larges, c'est presque un labyrinthe. Plusieurs pyramides de bûches surgissent dans le camp, afin d'alimenter les divers feux de bois. Quelques tonneaux de boissons, ou des caisses de vivres. Tout cela contribue à ma discrétion. Des cachettes toutes faîtes, faciles d'accès, et qui me permettent d'avoir un champ de vision relativement large et prudent. J'avance discrètement, tandis que les hommes qui semblent ahuris continuent leur marche jusqu'au centre du campement. Elle est là, debout, dans ce piètre cercle humain. Plus de cheval à la main. Simplement des couleurs plein la bouche. Devant le feu principal du camp qui s'excite sous les coups du vent, je ne vois que sa silhouette qui se découpe violemment sur la source de lumière mortelle. Je la regarde, voyant le public continuer à grossir. Le campement sera-t-il enfin entièrement vide ? Je continue à attendre, examinant le public. Peut-être pourrai-je y reconnaître des hommes haut placés de Noxus ?... Je scrute la foule, les yeux aiguisés. Des hommes plus imposants physiquement sont à l'arrière. Ils portent des armures plus décorées... c'est probablement eux. Des dirigeants, ou des sous-fifres plus gradés que d'autres. Qu'est-ce ça change au fond ? Je continue d'attendre le feu vert.

... ah ! ... alors que je commençais à perdre patience, je reconnais les syllabes dures de ma langue. Le contraste entre les deux chants est tel, que je loupe à peine les premiers mots : je comprends que je peux y aller. Telle une ombre, je me faufile entre les divers obstacles. Je me souviens des consignes au sujet des guetteurs... ne jamais être dans leur champ de vision. Ça risque d'être compliqué. J'essaie d'aviser leur placement, et je fais dès lors un large détour, en espérant pouvoir les contourner un peu. Bien sur, je ne les éviterai pas totalement, mais ça suffit. De ce que j'avais compris, ces veilleurs étaient postés sur les rambardes tournées vers le nord-ouest. Par rapport à ces murailles, j'avais descendu le petit plateau sur lequel s'était constitué une grande partie du campement, et je m'étais donc retrouvée plein ouest. Les principales tentes étaient postées juste sous leurs nez, mais si je pouvais essayer de ne pas trop m'en approcher et même de les contourner tout en gardant la direction nord-est pendant environ deux vingtaines de mètres, ça serait idéal. Ensuite, je n'aurai qu'à continuer vers le nord, tout droit. Grâce aux différents obstacles tout au long, je pourrai m'y glisser aisément.

Tandis que je suivais le plan mental que j'avais déjà organisé, je vis au loin, cachée derrière un énième tas de tonneaux, une tente. LA fameuse tente. Il y avait une large entrée, organisée comme un petit pavillon. La toile tendue qui servait de toit était d'un rouge très caractéristique, et un blason y était brodé en fil doré. Sa sur dimension était telle que je distinguai sans peine la famille noxienne en question. Un grand général, sans en douter. Tout autour d'elle s'organisait deux tentes plus petites, mais tout autant compliquées à monter que la tente principale. Autour de ce petit triangle de tissus et de fils tendus, il n'y avait rien. Un espace large, inutilisé dans ce campement qui semblait pourtant déborder partout ailleurs, comme un tiroir à ras bord de linge. Un caprice de grand. Ou bien simplement une stratégie contre les petits fouilleurs en tout genre. S'ils ne sont pas au courant pour les veilleurs, ils marchent ainsi dans ce lieu découvert et se font voir automatiquement ... d'ailleurs, comment Natalia est-elle au courant de ce stratagème ? ... Même si c'est une habituée des camps noxiens, peut-on vraiment lui dévoiler ce genre d'informations ? Toute trahison est aisée, s'il s'agit de manœuvre du genre que je m'apprête à exécuter.

Je réfléchis quelques instants, assise derrière un amoncellement de caisses en bois. Les veilleurs ... ils ont une bonne vision dans le noir. Mais ils ne sont capables de comprendre des informations correctement que si je reste assez longtemps dans leur champ de vision pour être identifiée... je crois que l'espace entre moi et la tente est bien trop grand pour que courir comme une dératée suffise... ils ont peut-être le sens de l'ouïe ? Si je fais diversion ailleurs, leur regard sera probablement focalisé sur ce fameux "ailleurs" ... Je cherche quelques instants une pierre, ou un morceau de palette, suffisamment lourd pour être projeté assez loin de moi, et pour faire un minimum de bruit. Je trouve enfin quelque chose de convenable. Un regard furtif dans les alentours, mais aucun signe de vie humaine. En fait, il y avait peu de chance pour être surprise par derrière car je m'étais assurée que mes arrières fussent bien couverts. Je lance alors l'objet sur ma gauche. Un mouvement furtif vers les palissades m'indique qu'il y a bien eu intérêt massif à ce moment-là vers l'endroit où je venais de lancer l'objet. J'ai le droit à une préparation mentale. Une grande inspiration, puis une grande expiration. Le stress diminue artificiellement. J'exécute la même opération que précédemment, et je m'élance. Je crois que je n'ai jamais eu à courir aussi vite de toute ma vie. M'enfin. Je suis devant l'entrée de la tente, cachée par une couverture qui sert de modeste toit.

Soudain, je suis prise d'un doute. Est-ce que tout le monde est bien en train d'écouter Natalia chanter ? ... je m'approche lentement, et soulève avec délicatesse les deux pans de tissus qui servent de porte. Mes yeux font le tour de la grande pièce, meublée comme on meuble une chaume : des commodes en bois massif partout. Rien de transportable en temps normal. Pas besoin de douter, il s'agit-là bien de caprice de grand. J'avance doucement dans la tanière du loup. Une fois au centre de la grande tente, toutes mes craintes se dissipent. Je me précipite vers le meuble le plus proche, et ma recherche frénétique commence alors. Je trouve quelques missives sur le bureau... Je lis en diagonale certaines, puis je les fourre dans ma sacoche en peau de daim en comprenant qu'il s'agit bien là des directives données par rapport à Freljord et à l'organisation du camp. Je continue mon travail, m'affairant autant que je le peux.
Concentrée à tirer l'essence même des divers documents, je sens qu'on agrippe mon large manteau de fourrure. Je n'ai pas le temps de me retourner qu'on me projette violemment au sol. Le choc est rude. Toujours en position de faiblesse, je me tourne lentement vers mon assaillant. Il me regarde, un sourire sadique.

- Que fais-tu donc là, petite louve ? ...

Je ne réponds rien, silencieuse. Un regard de mépris le transperce. Ça craint. Vraiment. Je ne réfléchis pas plus, et alors qu'il s'apprête à me récupérer par le col de ma cape, je prends habilement appui sur mes mains, et lui administre un coup de pied sec dans le tibia. Un cri mêlant surprise et douleur fend le silence affolé. Il tombe. Je cherche à profiter de cet instant de faiblesse pour m'échapper. Mais je sens une forte prise à la cheville. L'horizon bascule. Je tombe de nouveau brutalement. Réflexe de débutant, j'essaie de me rattraper sur les mains. On aurait dit une brindille qui se casse. La douleur résonne langoureusement en moi, mais j'essaie de le retenir. Il est à terre. Il a fait une grosse erreur à tirer mon pied vers le bas, aussi près de sa tête ... Je tente un dernier coup, espérant atteindre le visage. La prise se lâche aussitôt. Nouvelle cascade de cris. Mais je ne me retourne plus et m'enfuis rapidement. Je crois que le cri va rameuter pas mal de gens ... se faire repérer par les veilleurs à présent n'a plus d'importance. Je cours à en perdre haleine. Où aller ? ... J'ai perdu le sens. Je dois juste fuir. Partir loin. Et ne pas me faire attraper.




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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Lun 20 Avr - 15:50

L'ignorance est un péché




Un cadeau exploité, superbe, et je sens leurs regards affamés sous le ciel du soir. Je dois continuer, je ne dois jamais cesser. Ces hommes sont des loups, qui choient le petit agneau que je suis, que je satisfais tant qu’ils peuvent se repaître de mes chants, qui me consument jusqu’à mon âme. Que je faiblisse et que je cesse de leur apporter ce plaisir, et ma vie perdra tout intérêt à leurs yeux, prête à être dévorée. Mais tant que je continue, je les tiens accrochés comme des pantins à ma volonté. Un jeu bien dangereux, mais essentiel pour survivre.

Mais ce soir, ce n’est pas que ma survie qui est en jeu. Mon cœur donne plus que jamais, pour cette reine. Il est rare que j’accorde plus d’importance à la vie d’un autre qu’à la mienne, mais ce soir est une exception. Elle n’est pas qu’une étrangère que je peux utiliser, jeter, sacrifier pour mon confort. Non, elle est autre chose. Comme l’incarnation de l’hiver et de Freljord, devant rester indomptable là où j’ai probablement échoué à l’être.

C’était comme si un crochet d’énergie pure était plongé dans ma gorge, extirpant les notes à ma place, tandis que mon corps suspendu à ce fil faiblis. Il y a plus que de la simple volonté, là-dedans. On aurait presque dit une force extérieure, qui ne me laisserait plus le choix, ni le loisir de réfléchir. Ils sont plus accrochés que jamais, et je ne peux croire que ma simple voix puisse ainsi les tenir en haleine. Comme une sirène accrochant les marins, de leur voix enjôleuse, pour au final des intentions bien plus sombres. J’ignore moi-même comment ma voix pouvait avoir un tel effet, mais ils la buvaient, comme des mourant de soif tentant de laper quelques gouttes d’eau au fond d’une gourde, s’y accrochant, refusant de la lâcher, cherchant à en absorber un maximum sans que leur soif ne puisse jamais être étanchée.
Combien de temps s’est écoulé ? Je suis incapable de le dire, tandis que les vibrations m’envoutent moi-même. Je vais finir par croire qu’il y a une certaine forme de magie là-dedans…

Des cris m’interrompent soudainement. Légers, venus de loin… La plupart sont trop captivés pour l’avoir remarqué. Mais d’autres ont tourné la tête, et sont sur leurs gardes. Il ne faudra que quelques secondes pour que ma petite assemblée soit dissolue, et je sais parfaitement ce que ça veut dire. Elle s’est fait prendre.
J’ai l’impression que mes entrailles fondent en moi, et se gèlent au même moment, pour se briser en éclats de verre. La peur me noue les tripes. Peur pour elle, car elle s’est faite prendre. Peur pour moi, parce qu’elle risque de me dénoncer sous la torture si elle ne parvient pas à s’enfuir. Et même si elle y parvient…

Je sens les regards sur moi. Je mime l’innocence et l’ignorance, cessant de chanter, et prenant un air surprise et un peu perdue devant l’agitation et la dissolution du public vers l’origine du bruit. Mon cœur tambourine, et je retiens des tremblements. S’ils devinent que j’ai volontairement fait diversion, je ne verrai pas le jour se lever. Et même s’ils ne pensent pas qu’il s’agit d’un acte volontaire de ma part, pour les avoir distraits dans leur surveillance, je risque d’être sévèrement punie… Ce qui, parmi toutes les solutions, est encore la moins pire.
Pour le moment, je dois me faire oublier. La plus petite, discrète, et innocente possible. Je compte les secondes, car elles sont probablement les dernières de ma vie. Aller me cacher quelque part, et attendre. Je ne devais pas m’en mêler, pas me montrer curieuse, ni apeurée… Laisser croire que je n’ai rien à me reprocher, et croiser les doigts pour rester en vie. Bon sang, je savais bien que je n’aurais jamais dû l’aider…

J’espère au moins qu’elle parviendra à fuir. Qu’on ne se retrouve pas en double exécution. Terrée dans la tente sombre réservée aux esclaves, mes genoux sont recroquevillés sur ma poitrine. Cet endroit empeste, la sueur, le renfermé, et le sang des petites blessures qui s’infectent. D’autres me regardent, plus ou moins froidement. Ils se rendent bien compte que je me suis mise dans de sales draps, et aucun ne m’approche, pour leur propre instinct de survie : on ne passe pas pour alliés ou amis de ceux qui risquent de se faire punir. Pure logique. Les considérations amicales et chaleureuses ne passent qu’après l’instinct de survie, dans la vie de ceux qui sont menacés en permanence.
Ca ne traine pas, évidemment. Personne ne m’a oublié. Au contraire, au bout de quelques minutes seulement, les pans s’écartent violemment, et un homme m’empoigne sans la moindre douceur par les cheveux pour me forcer à me remettre sur mes pieds, et me trainer hors de la tente. Je ne cherche même pas à me débattre, je sais que c’est inutile. Juste prendre l’air le plus innocent possible… Ma survie va se jouer dans les prochaines secondes.

Un coup de pied à l’arrière des genoux, et je tombe sur leur avant, levant lentement les yeux. Plusieurs hommes m’entourent, l’air loin d’être dans leurs meilleurs jours.
Je les ai distrais. Et évidemment, ils se doutent que ce n’était pas un hasard. Un claquement sec retentit, et une lancinante sensation de brulure dans mon dos m’envoie au sol, si imprévue que je n’en crie même pas. La douleur s’éveille lentement, sous mon regard ecaquillé, fixé sur le sol. Un deuxième coup de fouet dans le dos comme le premier m’arrache un cri de douleur cette fois, et mes yeux s’embrument.

« Qu’est-ce que tu sais de la fouineuse ? Tu lui as fait diversion ? »

Je serre les dents, haletante, la morsure du fouet me privant de mes moyens. Je dois reste calme… le plus calme possible. Je suis bonne actrice, je peux me sortir de ça. Je le dois.

« Qui… ? Non ! Je ne sais rien…je ne sais pas ce qu’il se passe ! »

Troisième coup. La douleur devient insupportable, et me consume toute entière. Ma gorge est nouée, et je sais que c’est ce qu’ils cherchent… que je sois à bout, que la peur de mourir me transisse, jusqu’à ce que je cède et que je leur dise ce qu’ils veulent, ou que je me trahisse. Mais je ne le dois pas.
De longues minutes ainsi. Elle a probablement réussi à s’enfuir, au moins, car sinon ils nous auraient confrontés. Au moins ce n’était pas entièrement en vain… Quant à moi, je suis ailleurs. Dans une brulante bulle de douleur, d’humiliation, de peur. J’étais toujours parvenue à éviter leur courroux jusque-là… Mais finalement, peut-être que la mort aurait été plus facile. Je ne souhaite plus qu’elle désormais. Tant pis pour le ciel et le soleil. Je ne veux plus subir ça… cette douleur atroce, cette menace permanente, au milieu de ces loups. Je ne suis personne, je ne suis rien qu’un passe-temps sans identité.
Et finalement, ils me laissent là. Sur le sol, affaiblie, sanglante, tout mon corps enflammé. Je sanglote un moment. Ils ont fini par me croire. Croire ce mensonge de mon innocence… et me laisser la vie. Le fouet, ce sera pour avoir permis cette entrée par ma faute, sans que ce soit volontaire.

Lentement je me traine, tentant de me relever malgré le feu des plaies, pour aller me refugier quelque part, et m’abandonner au sommeil. Elles vont sûrement s’infecter. Et demain, je serai incapable de travailler. Comment les choses vont-elles se passer par la suite ? Je n’en ai pas la moindre idée.



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Ashe
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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Jeu 30 Avr - 11:12



L'ignorance est un péché.

PV Natalia




J'ai trouvé un refuge provisoire. Voilà un espace étroit où je peux respirer quelques temps, pour reprendre ma respiration. C'est bien futile de se cacher ici. Je sais que c'est éphémère, mais je m'accroche à cette parcelle de paix comme si c'était la dernière. Ça l'est peut-être vraiment. Au mieux, c'est mon dernier instant de paix avant que je ne retrouve ma garde. Au pire ... je frissonne rien qu'à l'idée. Torture, viol, servitude ? Je cherche d'autres perspectives, mais mon imagination ne me conduit qu'aux plus sombres lieux.

Il faut courir loin de là, le plus rapidement possible. Mais ils sont tous à l'affût, et la tente principale était trop profondément dans le camp. Si j'avais continué ma course, j'aurai probablement croisé l'un des leurs. Je dois me faufiler. Ils vont me chercher partout, je sais que je finirai par être découverte si je décide de rester ici un moment. Il faut juste trouver ... le bon moment. J'essaierai de me faufiler discrètement. Ce n'est pas mon fort de foncer avant de me poser des questions. J'ai le pressentiment que la peur va me clouer sur place. Mais je sais que je n'ai pas le choix.

Je m'adosse contre ma cachette, tentant de me relâcher un peu avant la montée d'adrénaline. J'inspire. J'expire. J'inspire. J'expire. Mentalement, je fais un décompte à partir de 10. à partir de là, je sors ma tête, et regarde si la voie est libre. Tout semble désert. C'est effrayant. J'ai peur de faire un pas et qu'on se jette sur moi, tel un fauve. Mais non, il n'y a vraiment rien. Je déglutis difficilement, tandis que les troubles s'emmêlent, se superposent. Je sors péniblement, en position accroupie. Mon regard ne cesse de chercher une silhouette humaine, une ombre menaçante sous les flammes chatoyantes des grands feux de camp. Je continue mon avancée jusqu'à la prochaine cachette. Le parcours continue ainsi, rythmé par la peur, et l'attente terrible d'une forme de vie menaçante qui puisse me distinguer.

Les pas se succèdent. Le droit, le gauche. Le droit, le gauche. Je me raccroche à tout détail, pour ne me concentrer que sur ça. Je suis méthodique. Droite. Gauche. Droite. Gauche. Je devrais être alerte et vive en temps normal. Mais je suis dans une posture telle que je n'ai même pas l'espoir d'en sortir vivante. J'ai l'impression que le bûcher vient soudainement de s'éteindre. C'est comme une masse qui s'abat sur ma tête, et dont la douleur brute résonne et se démultiplie. Stop. Des épaisses bottes de cuir passent sous mon nez. La semelle épaisse s'écrase sur le sol caillouteux, tandis que les lanières se balancent et cognent régulièrement les chaussures. Leurs boucles ardillon en fer tintent comme des petites cloches, tendit que je sens la poussière se soulever jusqu'à mon nez.

J'attends. Je reprends, de cachette en cachette. J'avance lentement, en recherchant les doux bras protecteurs de l'obscurité. Pourquoi ce camp est-il plus grand qu'avant ? Je continue. Je ne reconnaît rien, je suis perdue. ... J'avance à tâtons, entre les tentes, entre les caisses. Il y a tellement d'endroits où se terrer, pour ne plus jamais y bouger. Ou pour attendre que chacun se fasse à l'idée que je suis partie... et une fois leur esprit endormi, plus rien. Je me désespère parfois. Idée stupide. Je continue. Y a-t-il vraiment une issue ? Je parviens à reprendre ma route discrètement, sans que personne ne me repère. Cela relève presque du miracle à mon humble opinion. Toujours aussi méfiante, mon regard se pose partout. Au moindre mouvement, je suis prête à dégainer mon arc et à tirer dans la gorge avant même qu'on ne puisse crier. Enfin, c'est  ce que je pense faire, malgré mon poignet... Je continue.

Cachée dans l'ombre, j'entends des cris impérieux. Mon regard s'y concentre. ... Une homme très imposant. Une femme rousse... Natalia. ... J'ai tellement été prise par ce qui vient d'arriver. Je l'ai complètement oubliée. Je regarde la scène avec horreur, complètement dépourvue. Mais je sais que je ne peux rien faire pour elle maintenant. Seule contre un camp, ça m'est impossible. Et maintenant qu'elle est blessée, et suspectée de m'avoir aidée, la libérer discrètement est trop ardu. Je suis désolée d'être aussi égoïste... mais il est clair que je ne peux pas repartir avec toi. La culpabilité monte doucement en moi. J'ai mal au ventre, et face à cette scène de violence, je ne peux que détourner les yeux. C'est de ma faute. Discrète observatrice dans l'ombre, je me mords la lèvre et baisse les yeux. Je suis sincèrement... mal pour elle. Je ne trouve pas de mot assez profond pour mettre une étiquette à ce que je ressens. Quelle reine je fais ! ... Mais je sais bien que même si c'est de ma faute, je ne dois pas rendre ses efforts vains. En repensant à elle, je me remémore ces chevaux... C'est là-bas que je dois aller... Je finirai bien par trouver...

[...]

Une erreur de débutante! Qu'est-ce que tu es stupide ma pauvre Ashe ! Il fallait bien que ça arrive, je me suis fait repérer par deux hommes. Ils sont trop occupés à me poursuivre pour alerter tout le monde, mais leurs cris de rage s'en chargent. Je crois que j'ai reconnu celui que j'ai blessé tout à l'heure dans la tente. Son idée de vengeance est aussi claire que de l'eau de roche pour moi. Il semble être un de ceux, qui en dépit des ordres, n'assouvissent que leurs propres besoins. Je ne suis pas quelqu'un de particulièrement endurante, mais la peur de ce qui pourrait advenir de moi me donne suffisamment d'énergie.

Le coin est reculé, mais bientôt, on finira par me capturer grâce à des armes à distance si on ne m'attrape pas.  Les chevaux, les chevaux... je ne sais pas où c'est ! ... En temps normal, j'aurai pu essayer de lancer des flèches vers le sol pour le givrer et me donner un peu de répit quant à la course-poursuite. Mais vu mon poignet, ce n'est même pas la peine d'y penser. Ils sont loin. Ils crient comme des dératés, me courent après. Mais pas suffisamment pour j'ai le temps de me cacher et qu'ils continuent sur une fausse piste. Je pen... Un hennissement. Je crois que ça ne pouvait pas tomber au meilleur moment. L'oreille à l'affût, ce simple bruit parvient à me guider un tant soit peu, même si ma respiration se fait de plus en plus lourde. L'odeur fait le reste. Là.

Il y a plusieurs barrières en bois, autour desquelles sont noués les rênes des chevaux. Des tas de pailles un peu partout. Je crois distinguer un ordre au loin. Surement quelque chose comme "Ne la laissez pas s'échapper". Un classique. J'atteins les petites barrières. Les chevaux s'agitent un peu. D'un coup sec, je coupe les rênes de quelques uns d'entre eux avec un petit couteau de chasse que j'ai très souvent sur moi, puis je monte sur l'un d'entre eux – un des plus près, et un des plus calmes par chance. Mon destrier commence à partir au galop, tandis que j'essaie d'agiter les chevaux. Il se passe à peine quelques secondes. Mais c'est suffisant. Dans la panique, certains des animaux s'enfuient, d'autres très énervés seront probablement de surs obstacles dangereux. Je regarde derrière moi : c'est la débandade. J'ai envie de rire face à cet homme rageur, empêtré avec les rênes, calmant maladroitement les animaux. Mais je crois que ce n'est pas encore l'heure pour ça. J'attends d'être libre pour rire ainsi.




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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Sam 2 Mai - 17:39

L'ignorance est un péché



La douleur est atroce, brulante. Un linge mouillé sur mon dos… Il appuie légèrement, sur la peau déchirée, soulevée et sanglante, me faisant frémir à chaque mouvement, de cette femme qui tamponne le tissu, accompagné d’un baume pour désinfecter les plaies. Un soldat qui m’a pris en pitié, et l’a subtilisé dans les infirmeries, ainsi que des bandages. Une fois de plus, me faire apprécier de ces hommes m’est utile… Mais le prix à payer pour avoir profité de mes talents est rude. J’espère qu’au moins, elle est parvenue à s’en sortir, mais je n’irai pas tenter de récolter des informations là-dessus. Je ne vais même pas du tout sortir de cet endroit, pour le moment. Juste restée allongée sur cette couchette, laisser une bonne âme me soigner du mieux qu’elle peut… Et dormir. Je suis tellement épuisée… Même plus affamée, la douleur me donnant la nausée, mais je me sens faible. Horriblement faible.

L’agitation autour de moi me tire de ma torpeur. Les autres travailleurs comme moi, dans la grande tente, sont en train de se lever… Déjà ? J’ai l’impression d’avoir fermé les yeux à peine cinq minutes. Ma bouche est sèche, et je suis incapable de remuer, la douleur me lançant au moindre mouvement. J’essaye de me redresser… Et retombe. Le noir, de nouveau.
Une journée de repos. Je ne sais même pas s’ils se sont aperçus de mon absence… Je craignais la punition, mais nul ne fit attention à moi ce jour-là. Un membre anonyme de plus ou de moins dans la masse… Je ne suis rien qu’un objet, auquel personne ne fait attention. En tout cas, personne n’est venu s’enquérir de mon absence. Toute la journée allongée. Sans la force d’aller chercher à manger. La faim me tiraille… Demain, je devrai y retourner. Demain, je reprendrai le travail. Mes plaies devraient être moins vives. Demain…
Mes yeux se referment.

La reprise est difficile. Mon dos me fait mal, les plaies du fouet menacent de se rouvrir au moindre mouvement trop dur. Plusieurs le font, d’ailleurs. J’en fais le moins possible, sans me faire remarquer. Les apparences, toujours les apparences. Petit à petit, je reprends quelques forces, pour mieux les donner à Noxus. Je continue à travailler sur ce camp, faisant profil bas. L’incident de cette visiteuse inopportune est vite oublié. La vie reprend son cours. Et moi le travail…

Le froid est rude, et ne va pas en s’arrangeant. Mes doigts engourdis, gelés, n’ont pas de répit. Et la fatigue ne me laisse même pas l’occasion de réfléchir, pour savoir ou mène cette vie. Travailler, manger, me reposer. Chaque précieuse minute que je peux passer à l’abri est trop précieuse pour que je la gaspille en pensées ou réflexions. Le sommeil est trop important pour survivre.

Le campement semble agité aujourd’hui. Comme si quelque chose ou quelqu’un était attendu. Je ne m’en soucie guère. Les affaires des Noxiens… Elles ne me concernent pas.
Les grandes portes s’ouvrent, les soldats se mettent en rang. Moi, comme ls autres, je continue mon travail discret, sans même regarder qui entre par là. On ne regarde pas les personnes importantes, à moins qu’elles ne fassent appel à nous. Règle élémentaire. Nous ne sommes pas là, tant qu’on ne nous demande pas de l’être, même si nous travaillons dans le secteur. Il faut leur laisser la facilité de nous ignorer.

Alors j’avance sans les regarder, en transportant des bacs remplis de vaisselle, depuis une personne qui me les confie, vers une autre qui prend le relai. Comme une chaine, ils circulent pour aller être lavés à la rivière. Mon travail du moment se résume à ça, faire des allers-retours sur une centaine de mètres, d’un point à l’autre, en transportant de lourdes charges. En passant à côté de la scène « importante » du jour pour le campement, j’entends des éclats de voix. Cette voix me dit vaguement quelque chose. Mais ça ne me concerne pas. Je dois continuer le travail.



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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Mar 26 Mai - 17:36



L'ignorance est un péché.

PV Natalia




Aujourd'hui est un jour important. Un jour peut-être un peu comme les autres pour moi, en fait. Une visite diplomatique, quelques échanges avec des gens influents. Je n'ai aucune idée de ce que cela va apporter. Je me regarde dans la grande glace pendant que quelques personnes s'affairent autour de moi, à m'habiller, à ajuster le moindre pli. D'un simple geste, je leur demande de se reculer... Je me regarde, presque satisfaite. Je décide enfin de descendre après avoir pris un document que je glisse dans l'une des poches intérieures de ma longue cape en fourrure. Je descends dans l'immense hall. Tout le monde s'affaire, on prépare le voyage, bien que court. Les chevaux sont sellés, les gardes m'attendent. Je passe la porte, après un bref hochement de tête à l'encontre de ceux qui nous regardent, les yeux étincelants. C'est toujours l'effet que cela fait quand je m'absente officiellement du château... Je souris avec une aisance et une confiance qui en général suffit à apaiser les esprits.

C'est de nouveau reparti. Le même paysage. Les mêmes tempêtes. La même forêt de pins peu à peu rongée par les ouvriers. Cette fois-ci, il n'est plus question d'infiltration. Mais  d'une visite officielle. Je n'ai pas été l'une des premières à proposer cette idée, mais suite à tout ce que j'avais pu ramener après la petite escapade, il avait été conclut qu'il valait mieux s'y rendre de manière plus diplomatique. Nous n'étions pas en guerre contre Noxus après tout. Et ils se trouvaient à une distance non négligeable de chez nous. C'était une raison on ne peut plus valable pour demander une rencontre avec un des commandants. Ou peut-être un des généraux. Je n'étais pas particulièrement intéressée par la politique noxienne, ni leur système de fonctionnement et de hiérarchie. J'avais simplement lu négligemment la réponse affirmative de nos hôtes, sans vraiment m'attarder sur les titres. Bon, bien sur, vu ma posture, je m'étais déjà vu recevoir quelques cours de « politique » un peu plus approfondis, pour compléter mes quelques acquis. Mais hormis aux moments vraiment cruciaux, je n'y avais jamais été particulièrement attentive, ni très soigneuse. Honte à moi, je sais. La vue des immenses murs faits de troncs interrompent le fil de mes pensées. Nous y sommes, ça y est.

On entend un cri du haut des remparts, et les grandes portes s'ouvrent alors lentement, dans un grincement douloureux. Deux rangées bien ordonnées d'hommes casqués et armés nous font une haie d'honneur. À l'extérieur de ces murs vivants, la vie continue, les esclaves, masse informe, œuvrent à  leurs tâches, et d'autres hommes s'affairent de toutes parts, donnant des ordres probablement un peu tardifs. Je regarde autour de moi. Tout semble tellement différent que quand j'étais venue la dernière fois. Humble, le menton haut, je m'avance après être descendue de mon frison. Quelqu'un s'empare de mon cheval et de ceux des gardes qui m'entourent. Quelques fois, je croise le regard de deux trois noxiens, qui s'empressent de le baisser tout aussi rapidement. L'un d'eux à même une réaction étrange ... Serait-ce l'homme qui m'a blessé lors de ma première visite ? ... Je tâche de ne rien laisser paraître, et continue la marche solennelle. Au bout de l'allée, un homme très imposant nous attend. Sa lourde armure ne semble pas l'encombrer du moins du monde. Son regard est sévère, et son sourire purement commercial. Je souris faiblement, et les présentations s'engagent. Quelques formalités de bienvenue, deux-trois éloges, sur ma santé, ma tenue, ma présence ici. Il m"invite à rentrer dans sa tente, que je ne connais déjà que trop bien. Des hommes noxiens se postent à l'entrée de la tente avec mes propres gardes.

Nous sommes seuls dans la tente. Il s'installe à son bureau, et d'un geste de la main, m'invite à faire de même. Nous discutons. Il commence par la pluie et le beau temps, mais je le coupe. Droit au but. Que font-ils ici. Pourquoi n'avoir rien dit. Les questions sont multiples. L'échange est terriblement long. Je finis par proposer un marché, une fois que toute la situation est claire à mes yeux. Rester ici, sans craindre la moindre attaque de notre part – je précise bien entendu que lorsque je dis de "notre part", il s'agit là des Avarosans – en échange de la libération des esclaves Freljordiens qui se trouvent sur le campement, si proches de chez eux. C'est une offre dérisoire, et plus qu'intéressante pour eux. Nous, nous récolterons simplement des esprits brisés, que nous tâcherons de reconstruire miette par miette. Et j'effacerai ma dette envers Natalia. Car je lui dois la vie. Lourde dette en effet. Mais une vie libre contre une vie sauve, n'est-ce pas beaucoup déjà ? ...

L'homme me regarde avec méfiance. Qu'est-ce que ça cache cette histoire ? Rien du tout. Il me jauge un peu, se lève, sort de la tente. Il appelle un autre homme. Peut-être celui qui "gère" ou achète les esclaves. Je les regarde, feignant le désintéressement. Combien de Freljord dans les rangs ? ... Au-delà de ma dette personnelle, ça m'intrigue vraiment. Une vingtaine ? Une dizaine ? Trois ? ... Juste Natalia ? ... L'autre homme part en courant, et j'entends un cri au loin. Le général me regarde toujours aussi sévèrement. Il m'invite à sortir en écartant un pan de tissus qui sert d'entrée. Les rangs se sont dispersés, le rythme a repris ses habitudes. Nous attendons un peu, tandis que nous parlons encore affaire. Pourquoi ces esclaves ? Quel intérêt ? Je suis la reine de Freljord. Ma première priorité, c'est de défendre mon peuple. De le libérer. Du joug de la guerre, ou de celui des étrangers. Peu m'importe. L'autre homme arrive, avec à sa suite, probablement des esclaves. Il les aligne enfin face à nous, comme des bêtes de foire. Je les regarde, sans dire un mot.



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MessageSujet: Re: L'ignorance est un péché (PV ashe)   Mer 3 Juin - 0:29

L'ignorance est un péché



Ma poitrine et ma gorge me font mal, tant l'air que j'inspire à plein poumons est glacial. Je suis épuisée. Le corps entier tremblant sous l'effort... Encore quelques heures. Dans quelques heures je pourrais manger et me reposer. Pour quelques heures. Et recommencer ensuite, jusqu’à ce que l’épuisement ait raison de moi, et m’emporte définitivement… Comme les autres avant moi. Je suis pourtant la plus ancienne, à Noxus, la seule restante des campagnes de pacification. Celle qui a tenu le plus longtemps. Pas parce que je suis plus forte, mais parce que je sais me faire aimer, tout simplement, et me faire préférer. Dans une cité où il n’existe aucune notion d’égalité ou de justice, nul pour me le reprocher.

Mais j’ai peur d’arriver sur la fin. Mon corps ne récupère plus, et le froid me gagne, avec la faim, par chacune des pores de ma peau. Bientôt, je serai classée trop faible, trop improductive, et je rejoindrai le banc des condamnés. Mes plaies ne cicatrisent pas assez vite et me gênent trop. Malgré tous mes efforts, je ne parviens pas à récupérer de cette faiblesse qui s’est installée…
Un homme vient me cherche, sans vraiment de douceur. Il ne me dit pas ou il m’emmène, et je ne pose même pas la question. J’obéis simplement, mes pas crissant sur le givre. D’autres sont amenés comme moi… Deux autres. Je ne les connais pas très bien. Il n’y a guère le temps d’échanger plus que quelques mots, dans ce genre de vie. Ce que je sais, c’est qu’eux sont esclaves, et pas prisonniers de guerre. Je suis la dernière encore survivante de l’époque des campagnes de pacification. La différence est subtile, mais existe. Un esclave est capturé n’importe où, n’importe quand, et non pendant une période de guerre. Il appartient à une personne en particulier l'ayant acheté, là ou je suis la propriété de la ville entière. Mais surtout, un esclave a l’espoir d’être un jour affranchi, peut-être.

On nous conduit jusque devant une tente, ou l’on attend, dans le vent et le froid, sans rien pour nous en protéger. Et puis, enfin, ils nous font rentrer, au chaud, à l’abri, à l’intérieur. Mes yeux fatigués restent fixés sur le sol. Je ne dois pas les regarder, ce serait leur manquer de respect. Et je n’ai même pas la force de penser par moi-même. Les cernes profondes qui sillonnent mon regard ne mentent pas, je suis à bout. Lentement, poussée par un restant de curiosité, je lève légèrement le regard pour voir devant qui est ce qu’on nous expose ainsi comme des bêtes de foire sur un jour de marché. Oh, je crois la reconnaitre, elle. Même si c’était en pleine obscurité… Oui, je la reconnais, même si je n’y laisse rien paraitre. Je me contente d’un regard dénué d’expression, avant de baisser les yeux de nouveau.  Ashe, la reine des Avarosan. Celle que j’ai aidé, et qui s’est fait repérer, à cause de qui j’ai reçu ces coups qui signeront sûrement mon arrêt de mort. Que fait-elle ici, en plein jour, visiblement invitée ? Je n’en sais rien, et je n’ai même pas envie de me poser la question. Survivre n’est plus quelque chose sur le long terme. Je ne regarde désormais pas plus loin que quelques heures devant moi. Voir quelques minutes, parfois. J’aimerai fermer les yeux et dormir, dormir d’un long sommeil. Peut-être même ne jamais m’en réveiller, après tout à quoi bon ? La flamme qui brule en moi vacille, et me semble prête à s’éteindre à tout moment.

Je n’ai même pas besoin de feindre le manque d’expression en la voyant. Je n’ai pas assez de forces pour avoir des sentiments. Peut-être une légère surprise, mais qui n’en aurait pas… Je n’ai plus la force d’espérer quoi que ce soit, ni même d’avoir de rancœur. La seule chose qui me vient en tête pour le moment, est que tant que je suis dans cette tente, il fait bon, et je peux me reposer un peu. Mes pensées ne vont pas plus loin. Je n’écoute même pas ce qu’ils disent.

Et puis on ressort. De nouveau, le vent glacial, le givre, les éléments déchirants. Avancer dans le froid… Vers ou ? Je ne sais pas où on nous emmène. Je ne pense qu’à résister aux éléments, la tête baissée pour tenter de me protéger. Je verrai quand j’y serai, pour le moment, me poser la question ne servira à rien. De toute façon, je ne peux pas espérer de réponse.



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