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 Tel est pris ... [PV Kata]

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Quinn
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MessageSujet: Tel est pris ... [PV Kata]   Mer 18 Mar - 15:07


– Sois attentif, Val!
Un cri indigné me répondit tandis que mon compagnon volait en cercles au-dessus de moi, scrutant les alentours de son regard perçant. Un petit sourire aux lèvres, je me penchais à nouveau sur le sol pour inspecter la piste laissé par notre cible.

Ca faisait à présent quatre jours que Valor et moi traquions ce noxien dans les terres sauvages séparant Démacia et Freljord. Quand on m'avait confié cette mission, on m'avait juste dis de retrouver cet homme à tout prix et de le ramener à Démacia afin qu'il puisse y être interrogé et, certainement, présenté à la justice de la cité. Que lui reprochait-on au juste? Oh pas grand-chose! Juste d'avoir réussi à s'introduire au plus profond du palais royal au nez et à la barbe de la garde, ce qui était déjà inquiétant, pour des raisons encore obscures que Jarvan tenait absolument à découvrir.

Heureusement pour nous, son complot, quel qu'il soit, avait été déjoué et Garen avait réussi à le démasquer grâce à un détail absurde: ce type n'avait pas su le saluer correctement quand il l'avait croisé dans l'un des couloirs. Soupçonneux, Garen l'avait alpagué par mesure de prudence et s'était rendu compte de la supercherie. Arrêté sur le champ, l'homme, dont on ignorait encore le nom, avait été mis aux secrets pour être interrogé, mais il avait réussi à glisser entre les doigts de ses geôliers avec une telle facilité que Garen s'était demandé s'il ne possédait pas le pouvoir de se rendre invisible, ou pire, l'une des reliques volées dans les ruines de l'Institut de la Guerre. Si c'était le cas, il fallait absolument que Démacia mette la main dessus. S'il n'en possédait pas, un bon interrogatoire se chargerait de lui arracher ses petits secrets. Dans les deux cas, il fallait le retrouver et le ramener; vivant, de préférence!

Et c'était à Val et à moi de nous en charger.

On se retrouvait donc tous les deux, en plein milieu de nulle part, le nez au sol, comme des chiens à l'affût, à suivre les traces de notre mystérieux évadé. Durant son court séjour dans les prisons de Démacia, Garen avait pu apprendre de lui deux choses: c'était un noxien, pas vraiment de surprise de ce côté, et si ses motivations restaient floues, il agissait sur ordre. De qui, en revanche, restait encore un mystère. Pour Jarvan, il ne faisait aucun doute que c'était un espion de Swain, mais Jarvan voit des espions et des assassins à la botte de Swain dans chaque noxiens croisant sa route. Enfin, loin de moi l'idée de le critiquer.

Le problème était que notre inconnu fuyant  se dirigeait tout droit vers la frontière avec Freljord. Pour quelles raisons? Je l'ignorais mais s'il pensait que ça allait nous arrêter, il en était quitte pour une sacrée surprise. Cependant, le sol dur, presque gelé, ne nous facilitait pas la tâche, rendant les traces plus difficiles à suivre. Mais Val et moi en avions vu d'autre et ce n'était certainement pas ça qui allait nous empêcher de remplir notre mission.

La piste s'enfonçait de plus en plus profondément dans les bois. Mon terrain de chasse favoris. Je connaissais pratiquement chaque acre de forêt et de bois depuis la cote jusqu'aux frontières de Démacia et était capable d'y survivre comme si j'y avais passé tout ma vie. Valor, cependant, préférait nettement les plaines et les montages, où il n'y avait pas de troncs serrés ni de branchages enchevêtrés pour gêner son vol. Pensant à mon compagnon que je n'avais plus entendu depuis quelques temps, je levais les yeux vers le ciel, visible entre les branches, mais ne le vit pas. Une angoisse sourde me saisit. Je détestais perdre Val de vue. J'avais la sensation qu'un malheur pouvait se produire à n'importe quel moment. Après tout, je n'avais perdu Caleb de vue que deux minutes et ça avait suffi pour … Non! Je ne devais pas y penser. Pas maintenant. Portant mes doigts légèrement tremblants à mes lèvres, je sifflais Valor. Il ne répondit pas. J'attendis un instant, le cœur battant, et m'apprêtais à recommencer quand un bruissement attira mon attention. Je me retournais d'un mouvement et sentit aussitôt le soulagement me gagner. Arrivant d'on sait où, Valor plana jusqu'à moi avant de se poser en douceur sur mon bras tendu.

– Où étais-tu passé? Vilain garçon, tu m'as fait peur, fis-je en le caressant de ma main libre.
Il me lança un regard perçant. Ouvrant ses ailes, il s'envola à nouveau et se mit à tourner frénétiquement au-dessus de moi en sifflant sinistrement. Son comportement étrange m'inquiéta.

– Qu'est-ce qui t'arrive, Val?
La réponse vint d'elle-même aussi soudaine qu'un coup de tonnerre au beau milieu d'une journée ensoleillée. Mon sang se glaça dans mes veines quand je sentis soudain une présence derrière moi. Me maudissant pour mon manque d'attention, je me saisis de mon arbalète et me retournais.

Trop tard …



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Katarina Du Couteau
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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Mer 18 Mar - 16:15

Accroupie sur le sol, effleurant la terre battue de mes mains, je guettais la présence de signes de passage. J’étais contrariée, et ça n’allait pas en s’arrangeant. La piste, au début facile à suivre, devenait de plus en plus complexe, au fur et à mesure que notre homme devenait prudent. Pourtant, je ne laissais aucune trace de ma propre traque, et il n’avait aucun moyen de me repérer, j’en étais persuadée. Il m’arrivait encore de parvenir à l’avoir en visuel en grimpant dans les hauteurs, mais de moins en moins, la végétation gagnant en épaisseur, et lui permettant de se dissimuler plus efficacement.

Non, ce n’était pas ma traque qui l’apeurait, et le rendait prudent. Mais celle de cet insupportable fouineur qui avançait derrière moi. Il était impossible que ce soit mes propres traces, que j’effaçais entièrement, qui soit suivies. Non, j’avais de la concurrence, ce qui m’agaçait au plus haut point. Surtout quand elle me gênait dans ma progression.
La personne qui suivait également cet homme savait s’y prendre pour suivre des traces, je ne pouvais le nier. Sinon, il y a longtemps qu’elle aurait été distancée, et aurait perdu la piste. Mais en revanche, pour ce qui était de la discrétion, elle laissait vraiment à désirer. Un bon flair, qui se faisait trop remarquer, et apeurait ma cible.
Bien sûr, j’aurais déjà pu attraper et tuer l’homme depuis longtemps. Une lame bien placée lorsque j’étais suffisamment proche pour l’apercevoir, et je n’aurais pas manqué ma cible. Mais ce n’était pas mon but dans l’immédiat. Pour le moment, je voulais le suivre, et trouver sa planque.

Et à cause de ce fouineur derrière moi, je risquais de finir par perdre la trace de ma cible.
C’était masquée de pied en cap, dissimulée sous une capuche masquant mon visage, et discrète comme une ombre dans les rues de Démacia que ma traque avait commencé. Un peu par hasard, d’ailleurs, j’étais à la « cité des justes » pour des raisons bien différentes, et je m’apprêtais à la quitter, mon travail terminé, quand mes oreilles s’étaient trouvées au bon endroit, au bon moment. Ecoutant discrètement ce qu’ils disaient de cet homme qui venait de leur filer entre les doigts, la description m’avait immédiatement rappelé celle d’une tête mise à prix à Noxus, faisant partie d’une bande organisée du crime, qui détroussait, escroquait, et prenait un malin plaisir à narguer l’armée. Il ne m’avait pas fallu longtemps pour retrouver sa trace, même s’il était prudent, avec toutes mes années de traques, j’étais entrainée à bien plus coriace que ça. Et à avoir la confirmation qu’il s’agissait bien de l’homme dont le portrait avait circulé pendant un moment à Noxus. Une proie facile… Mais je ne voulais pas m’en contenter. S’il pouvait me mener à leur repère, c’est toute la bande qui y passerait. Pas par appât du gain, mais par simple sport, je n’avais envie de me contenter d’une facilité pareille.
Voilà pourquoi, depuis plusieurs jours, je le suivais de près, sans laisser aucun signe de ma présence. Et pourquoi j’étais de plus en plus agacée de cette présence à la traine, derrière, mais qui s’accrochait.
Posant ma main gantée au sol pour m’y appuyer, je me redressai, écoutant les alentours.
J’avais repéré que, plus si loin que ça maintenant devant moi, se trouvait la rivière Serpentine. L’homme avait bifurqué vers le Nord-Ouest, ce qui indiquait qu’il allait rejoindre le pont le plus proche pour la traverser. Un détour… Ce qui voulait dire que, comme je savais ou il se rendrait, je pourrais avancer plus vite que lui et le rattraper si besoin. Voir même prendre de l'avance si je trouvais un endroit ou une traversée à la nage était envisageable. J’avais donc un peu de temps à consacrer à ce gêneur derrière moi. Il était temps que ce petit jeu cesse.

Pendant que je me hissais dans un arbre, là ou le suiveur serait obligé de passer s’il voulait suivre la piste, un oiseau de proie planait au-dessus de moi, bien trop grand pour être une simple buse, avant de disparaitre. Tout ça ne me disait rien qui vaille, et m’incitait à la prudence. Me dissimulant dans le feuillage, jusqu’à y disparaitre entièrement, je me préparai à attendre.  J’avais quelques heures d’avance.
La course du soleil s’étirait paresseusement dans le ciel, et je pu ainsi compter un peu plus de trois heures, avant d’entendre du bruit approchant. Aux aguets, je guettais, patiemment. Je l’avais entendu venir si longtemps en avance, que je ne pus m’empêcher de lever les yeux au ciel, devant tant de manque de discrétion. Une voix, féminine, et un bruit de sifflement. Elle ne cherchait absolument pas à se cacher, visiblement…

Enfin, je l’eu en visuel. Il me semblait la reconnaitre… J’étais persuadée d’avoir déjà vu cette personne, mais j’étais incapable de remettre un nom dessus. C’est en apercevant l’oiseau qui planait plus tôt venir se percher sur son bras, que son identité me revint. Je l’avais déjà croisée à l’Institut, il s’agissait de Quinn, et de son aigle, Valor.
Elle passa devant moi, sans me voir évidemment, tandis que son oiseau s’envolait de nouveau. Me laissant tomber au sol dans la discrétion la plus totale, je me glissais silencieusement derrière elle, l’une de mes lames jumelles en main, l’autre accrochée à ma ceinture, pour me laisser la main droite libre. J’étais à moins d’un mètre d’elle lorsqu’elle remarqua enfin ma présence et se retourna, me pointant de son arbalète.
Immédiatement, lui laissant à peine le temps de m’apercevoir, d’un shunpo, je me retrouvai de nouveau dans son dos, tout contre elle. Ma lame, plaquée sous sa gorge, tandis que ma main libre se posait sur son arbalète pour la forcer à s’abaisser vers le sol, et à tirer le carreau qui y était chargé dans la terre, d’un bruit mat.

« Alors c’est toi qui me suis depuis des jours ? On va s’amuser un peu… »

Son arme rendue inutile, j'empoignais une de mes lames courtes, de jet, en me gardant collée le plus proche possible de Quinn pour protéger mon visage, des fois que son oiseau se donne l'idée d'intervenir. J'étais prête à le recevoir.


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Quinn
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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Ven 20 Mar - 19:37


Mon sang se glaça dans mes veines quand je sentis soudain l'acier froid d'une lame sous ma gorge. Me raidissant, je me figeais instantanément tandis qu'une petite goutte de sang coulait sur ma peau. Bravo, ma vieille, quelle erreur de débutante! Dans mon instant de panique j'avais oublié que ce n'était pas parce que ma cible était à deux ou trois heures devant moi et qu'il ne pouvait pas m'entendre qu'il n'y avait pas plus près quelqu'un qui le pouvait!

Je pris une longue inspiration et parvint à calmer mon cœur. Qui que soit mon agresseur, il ne voulait pas me tuer, sinon ce serait probablement déjà fait. Il ne se serait pas contenté de me menacer et d'essayer de me désarmer. Discrètement, j'appuyais sur la gâchette de mon arbalète afin d'activer le mécanisme et d'engager un autre carreau dans la rainure pour la réarmer. Pas de mouvements brusques. Tout du moins, pas tant que je ne saurais pas ce que me voulait cette personne.

Quand elle prit la parole cependant, sa voix me fit frémir. Nul besoin de voir qui se trouvait derrière moi pour savoir qui elle était. Car il s'agissait bien d'une femme. Une que j'avais trop souvent croisée dans les couloirs de l'Institut et sur les Champs de Justice. Cette rouquine noxienne insupportable d'arrogance. Katarina Du Couteau.

Il me suffit d'une seconde pour comprendre que ma situation n'était guère brillante. J'aurais probablement pu m'en sortir contre n'importe qui d'autre, mais cette femme était extrêmement dangereuse. Je connaissais moins bien ses méthodes et ses capacités que celles de son frère adoptif, Talon, mais je savais parfaitement que je ne pourrais pas m'en sortir sans y laisser des plumes, même avec l'aide de Valor. Ce n'était pas pour rien que Garen Crowngard la tenait en si haute estime. Elle était forte, probablement plus que moi, agile et mortelle. Mais ça ne voulait pas dire que j'allais la laisser faire ce qu'elle voulait de moi.

– Te suivre? Répondis-je à sa question. A moins que tu puisses te transformer en un type d'environ quatre-vingt-dix kilos qui se prend pour un courant d'air, ce n'est pas toi que je suivais.
"Je ne savais même pas que tu étais là!" pensais-je, me gardant bien de l'avouer à voix haute, même si la demoiselle s'en était probablement déjà aperçue.  
Du coin de l'œil, je vis Val se rapprocher de nous. Il savait que j'étais en danger et je le connaissais si bien que je pouvais voir sa prochaine action: un attaque en piqué. Il pourrait peut-être suffisamment distraire la rouquine pour que je parvienne à lui échapper, mais à quel prix? Hors de question qu'il soit blessé à cause de mes erreurs … même s'il en était en partie responsable.

– Non, Val, m'écriais-je. Reste tranquille!
Je le vis hésiter puis, d'un battement d'aile, et avec un cri indigné, il reprit de l'altitude et recommença à tourner au-dessus de nous sans perdre Katarina de vue.

– Qu'est-ce qui se passe, maintenant? demandais-je à la noxienne en serrant les doigts sur mon arbalète. On reste là comme deux potiches à attendre que ce type disparaisse? D'ailleurs, qu'est-ce que tu fais sur le territoire de Démacia? Vous êtes de mèche, je suppose. Pourquoi? Quel est votre but?
Je n'étais certes pas en position de poser des questions, mais je m'en moquais. Je voulais des réponses, même si c'était la dernière chose que j'entendais.

Et puis, un doute commençait à naître dans mon cœur. Si Katarina Du Couteau était impliquée dans l'affaire, certes ça expliquait comment le noxien avait réussi à s'évader si facilement, mais hélas ça compliquait aussi beaucoup de choses. Contrairement au type que je poursuivais, Katarina n'était pas la première venue. C'était un membre important des forces noxiennes, surentraînée, efficace, et terriblement bien informée. Sa présence voulait-elle dire que Swain était le mystérieux commanditaire de ma cible, comme le prince Jarvan le pensait? Et si c'était le cas, qu'est-ce que ça pouvait signifier? Pourquoi ces deux-là s'étaient introduits dans Démacia? Qu'est-ce que Noxus pouvait bien manigancer encore? Etait-ce lié à ces catastrophes qui se produisaient un peu partout en Valoran? Et si oui, en quoi? Il y avait décidément trop d'inconnues dans cette histoire. Ça m'agaçait!



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Katarina Du Couteau
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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Ven 20 Mar - 20:25

" C'est moi qui pose les questions ", je lançais d'un ton froid. Cette bavarde était plus bruyante qu'un régiment entier. Pas étonnant que le type l'ait vite repéré, et ait pris ses précautions pour tenter de faire perdre la piste, et de nous perdre dans la nature sauvage. J'hésitai à la tuer. Par principe, je l'aurais sans doute fait, après avoir joué un peu à une petite chasse pour faire passer ma frustration accumulée, mais j'hésitai soudainement.

Visiblement, la traqueuse Démacienne semblait bien renseignée sur ce type, plus que moi-même je ne l'étais. Et puis, elle avait raison, je me trouvais sur le territoire Démacien, et la mort de Quinn aurait ouvert des enquêtes, qui seraient vite remontées jusqu'à mon, le poison recouvrant mes lames étant bien tristement connu. Pas qu'endosser un meurtre de plus ne me dérange, mais j'étais supposée laisser ma présence dans les parages discrète, pour éviter d'ébruiter les raisons qui m'avaient conduites ici. Simplement, si je la laissais en vie, je prenais aussi le risque qu'elle discute.
Je restai un instant à réfléchir, sans détacher ma lame de son cou, pesant le pour et le contre. Après tout, nous étions éloignés de Démacia, et le temps qu'on retrouve son corps, il aurait bien le temps de se putréfier et de faire disparaître toute traces de poison. Mais mis à part le risque de la voir ébruiter ma présence à Démacia - et le temps qu'on trouve l'homme, et qu'on y retourne, ça me serait bien égal -, je n'avais pas spécialement de raison de mettre fin à ses jours non plus. Et je n'avais pas envie de me faire picorer par son oiseau.

" Tu crois que j'ai pas vu ton petit jeu avec ton arbalète ? Pose là. Maintenant, ou je te tue. "

J'appuyai mes paroles en même temps que ma lame sur sa gorge. Si elle avait renvoyé son aigle, c'est qu'elle avait visiblement compris que l'affrontement n'était pas la bonne solution. Et pour le moment, elle pouvait m'apporter plus de choses vivante que morte. Tout ce qu'il fallait, était que suffisamment de temps se passe avant qu'elle ne retourne à Démacia pour alerter de ma présence, et je n'aurais plus de souci à me faire... Autrement dit, il était hors de question que je lui livre l'homme qu'elle traquait. Pas avant que j'ai moi-même rempli mon objectif, de remonter plus haut dans la hiérarchie de leur organisation et trouver leur quartier général. Si elle le traquait, elle serait sans doute intéressée elle aussi pour les mêmes objectifs.

Simplement fallait-il que je lui enseigne la discrétion. Parce qu'évidemment, en se sentant suivi de façon aussi évidente, notre homme ne nous amènerait pas jusqu'à chez lui. Une fois qu'il penserait être rassuré, et n'avoir plus personne derrière lui, il finirait bien par nous guider là ou je voulais.

Lentement, j'abaissai mon arme, la détachant de son cou, avant de reculer de quelques pas, en la gardant bien en visuel, sur mes gardes. Que son arbalète se lève dans ma direction, et mon shunpo était prêt, pour que je lui tranche la gorge sans hésiter, cette fois. Mais nous poursuivions le même objectif, aussi, s'allier était la chose la plus intelligente à faire. Je pouvais lui apporter la discrétion, et elle, les informations. Mais encore fallait-il qu'elle se rende compte de la chose.

" Pour ta gouverne ", je dis en croisant les bras, faisant légèrement baisser l'agressivité que j'émanais, pour qu'elle aussi se calme, mais les membres tendus, prête à bondir en cas d'attaque surprise. " Je pourchasse ce fils de chien aussi. Sa tête est mise à prix à Noxus. Sauf que moi, je n'essaye pas de le convaincre qu'un troupeau d'éléphant est à ses trousses "

J'étais toujours pleine d'hésitations. Lui tourner le dos ne serait-ce qu'un instant était un danger, même si je m'étais alliée au prince de Démacia quelques années auparavant, je restai une ennemie dangereuse, qu'elle aurait eu gloire à abattre, même dans le dos. Mais le risque était calculé, car une combattante d'élite serait un atout non négligeable pour pénétrer leur base, et y faire un peu de nettoyage. Comme à mon habitude, c'était en écoutant mon instinct que je l'avais épargnée, et il ne m'avait encore jamais trompé.

" Ne t'en fais pas pour la perte de temps, je sais parfaitement ou il va, et effacer ses traces le fait avancer lentement. Mais si tu veux que je te laisse continuer à le suivre, tu vas devoir apprendre à être plus discrète que ça, ou il finira par nous filer entre les doigts !"


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Quinn
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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Mer 25 Mar - 19:21


– C'est moi qui pose les questions!
Je me retins de lever les yeux au ciel. Ces noxiens étaient si prévisibles. Mais mortellement dangereux, je ne devais pas l'oublier. Je gardais donc mes interrogations pour plus tard, elles  trouveraient probablement une réponse au moment voulu. J'étais patiente et je savais que foncer tête baissée était rarement la solution à un problème, quoi que Garen puisse en penser. Et, contrairement à ce que beaucoup croyaient, j'avais bonne mémoire, pas besoin de tout noter pour me souvenir.

La noxienne semblait hésiter mais sa lame restait fermement plantée sous ma gorge et j'avoue sans honte que je me serais sentie nettement mieux sans, mais je ne voulais pas le montrer. Les noxiens étaient comme des prédateurs, l'odeur de la peur les excitait. J'avais traqué suffisamment de carnivores durant mon adolescence pour savoir comment ils fonctionnaient. Je restais donc immobile en attendant l'occasion de me libérer ou de l'abattre. Toutefois, elle semblait tout aussi en alerte que moi et, malgré ma discrétion, elle remarqua ma tentative pour réarmer mon arbalète. Sa menace me fit sourire malgré la morsure de sa lame sur ma peau.

– Si tu voulais vraiment me tuer, ce serait déjà fait, lançais-je malgré mon coeur battant. Tu n'avais même pas besoin de te montrer pour ça.
Il n'était probablement pas très sage de la défier, mais je n'avais aucune intention de me montrer plus coopérative que nécessaire. Si je devais mourir aujourd'hui par sa main, soit. J'avais voué ma vie au service du prince Jarvan et mourir pour lui ne me faisait plus peur. C'était même un honneur.

– Je pense que tu as déjà compris que me tuer ne t'apporterait que des ennuis. Valor vole vite. Plus vite que tes dagues, plus vite même que tu ne peux courir, et il aura ramené une troupe de démaciens ici avant même que mon sang ne soit froid.
Elle pourrait certainement leur échapper, mais ça compliquerait sérieusement sa fuite et celle de son complice … S'ils étaient réellement complices, ce dont je commençais à douter.

En attendant, elle me faisait perdre un temps précieux. L'écart que j'avais réussi à réduire entre ce type et moi, s'élargissait à chaque minute passée avec la rouquine. C'était probablement son but et ça m'agaçait, mais je savais parfaitement que si j'avais à affronter Katarina en combat singulier, je risquais de perdre bien plus de temps encore. Et ça, seulement si le combat tournait à mon avantage, ce qui était loin d'être évident pour l'instant. Je ne pouvais pas me le permettre.

Curieusement, et à ma stupéfaction, elle baissa son arme et recula. Je m'écartais aussitôt d'elle pour me retourner et pointais mon arbalète sur elle tout en gardant mon index contre la crosse, à l'écart de la gâchette. Son geste m'avais surprise et, je dois l'avouer, j'étais curieuse de comprendre ce qui lui passait par la tête. Valor s'approcha de moi en silence. Je savais qu'il voulait se poser sur mon bras pour se rassurer et me rassurer en même temps, mais je lui fis comprendre d'un geste de rester éloigner encore un peu. Il reprit de l'altitude avec un cri de protestation mas je savais qu'il avait compris. Si Katarina avait soudain l'idée de se transformer en tornade de lames comme elle savait si bien le faire, inutile que nous soyons pris dedans tous les deux.

Je restais silencieuse et fronçais les sourcils quand elle prit la parole en croisant les bras, comme pour prouver qu'elle n'avait pas l'intention d'attaquer. L'espace d'un instant, je songeais qu'en la tuant, je débarrasserais Démacia de bien des ennuis à venir, mais alors je ne vaudrais pas mieux que les noxiens. Si elle ne m'agressait pas, je n'avais aucune raison de le faire. Avec un soupir, je baissais mon arme et la pointait vers le sol. Valor protesta mais je n'y fis pas attention.

Ce qu'elle m'annonça par la suite suffit à attiser mon intérêt et à me convaincre que j'avais fait le bon choix. Elle n'était pas avec ce type? C'était étonnant, mais elle n'avait pas de raison de me mentir, me tuer aurait été plus rapide, bien que potentiellement plus problématique pour elle. Je ne pouvais cependant écarter la possibilité d'un piège. Elle pouvait essayer de m'attirer vers son complice pour me capturer. Je ne connaissais aucun des secrets stratégiques de Démacia, mais ça, ils ne pouvaient pas le savoir. Au contraire, si ce qu'elle disait était vrai, son aide pouvait m'être utile. Je n'étais pas particulièrement encline à faire confiance à une noxienne mais, après tout, Jarvan lui avait déjà fait confiance, et pour un problème bien plus important que la simple traque d'un fugitif. Ce serait suffisant pour le moment, mais j'allais la garder à l'œil.

– Un troupeau d'éléphants? Répétais-je en haussant un sourcil. Ce type a plus de trois heures d'avance sur nous. S'il peut nous entendre de là où il est, c'est qu'il mérite de s'échapper. Et ne t'inquiète pas pour la discrétion. On peut être aussi discret que des ombres, quand on le veut. Pas vrai, Val?
Visiblement fâché, il ne daigna pas répondre.

– Avant que j'accepte de t'accompagner, je veux que tu me dises ce que tu sais de ce type, et je te dirai tout ce que je sais en retour.
Si ce qu'elle disait était vrai, si ce type était réellement recherché à Noxus, Swain pouvait-il vraiment être son commanditaire? Il avait probablement plus d'espions et d'agents qu'il lui en fallait, alors pourquoi envoyer un criminel là où un soldat surentraîné aurait été plus efficace? Sauf s'il voulait que cette mission reste un secret absolu même le pour le Haut Commandement noxien, ça n'avait pas de sens. Avait-il envoyé cet homme en éclaireur, pour tester nos réactions, quitte à le sacrifier comme un pion? Ce ne serait pas si étonnant venant de lui, après tout.

Plus j'avançais dans cette mission et moins je trouvais de réponse.



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Katarina Du Couteau
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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Jeu 26 Mar - 18:48

– Avant que j'accepte de t'accompagner, je veux que tu me dises ce que tu sais de ce type, et je te dirai tout ce que je sais en retour.

J'eut un sourire froid et carnassier à cette phrase. Visiblement, la Démacienne n'avait pas vraiment compris la situation, et une petite piqûre de rappel ne lui ferait pas de mal. Même si mes armes n'étaient pas sous sa gorge à ce moment précis, si je décidais de la tuer, ce serait fait en une demi seconde, et j'étais plus rapide qu'elle.

" C'est toi qui a besoin de moi, pas l'inverse. Tu n'as aucune condition à poser, alors je vais reformuler à ta place : S'il te plait, Katarina, pourrais-tu me dire ce que tu sais de cette cible ? "

Son air agacé de Démacienne coincée valait tout l'or du monde, mais je gardais un oeil attentif sur son arbalète. Je devais rester sur mes gardes, au cas ou elle utilise son oiseau pour tenter de me distraire et me tirer dans le dos. Mais je le sentirai venir, après tout, c'était grâce à mon redoutable instinct que j'étais un assassin aussi efficace et surtout, toujours en vie.

" Je ne sais pas grand chose de lui, mais je sais comment le rattraper. Tout ce qui me revient, c'est qu'il fait partie d'une bande organisée du crime, des voleurs de haut niveau, qui prennent plaisir à se lancer les défis les plus osés. Ils ont prétendu venir de Piltover, mais c'était sûrement pour nous lancer sur une fausse piste, qui serait assez idiot pour donner sa vraie localisation ? "


Si elle était, comme elle le prétendait, capable de discrétion, alors il fallait qu'elle me le montre. Parce que pour le moment, je n'avais eu aucun mal à me sentir pistée, et ma cible non plus. Je voulais avancer, mais la savoir avec une arbalète dans mon dos ne me mettait pas en confiance, je lui laissai donc un ultimatum : me la confier, ou passer devant. Mon but était de quitter le sentier que notre homme suivait, pour couper par la rivière, et le devancer. Ainsi, nous pourrions le voir passer, ce qui l'amènerait sans doute à penser qu'il nous ait semé.
J'avançais avec légèreté, mon pas naturellement entrainé pour ne faire aucun bruit. Bien sûr, il ne pouvait pas entendre, d'ou il était, une branche craquer si nous marchions dessus, mais c'était une habitude que j'avais, cette démarche souple et silencieuse comme celle d'un prédateur. Régulièrement, je grimpai avec agilité en haut d'un arbre, pour guetter les environs. La végétation épaisse rendait difficile de scruter, mais nous étions presque à la rivière Serpentine

Quand enfin, elle se dressa devant nous, le soleil se couchait presque. Mais il était hors de question de s'arrêter maintenant, au risque de perdre sa trace. Même s'il avait dû faire un cruel détour pour trouver le pont le plus proche, et qu'il ne l'avait sans doute pas encore atteint, je ne pouvais pas savoir si lui, continuerait après la nuit tombée, aussi, il fallait retrouver sa trace avant de s'arrêter. Je parcouru rapidement des yeux la grande étendue, dont le fort courant rendait une traversée à la nage sans préparation impossible. Un peu plus loin se trouvait un grand tronc, visible et accessible, qui me paraissait parfait. Mais qui demanderait une certaine confiance en la Démacienne qui m'accompagnait... et réciproquement.

" J'espère que tu nages bien ", je lançais joyeusement. " Lui est une poule mouillée qui est allé chercher le pont le plus proche, a plusieurs heures d'ici. Mais vous les Démaciens, vous n'êtes pas des trouillards, pas vrai ? "

Ma voix était pleine d'ironie et de défiance. Du petit sac que j'avais en bandoulière sur l'épaule, je sorti une corde, longue et solide. J'avais toujours, lorsque je m'aventurais sur le continent, du matériel me permettant de me sortir de n'importe quelle situation ou presque. En temps normal, je me serai contentée de l'attacher au manche d'une lame et de la jeter contre le tronc que j'avais repéré, mais l'arbalète de Quinn serait beaucoup plus sure pour l'accrocher plus fortement.
Si tant-est qu'elle n'ait pas encore pris les jambes à son cou à l'idée de traverser la cinquantaine de mètres de fort courants qui se dressaient devant nous.


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Quinn
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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Lun 30 Mar - 17:43


– C'est toi qui a besoin de moi, pas l'inverse. Tu n'as aucune condition à poser, alors je vais reformuler à ta place: S'il te plaît, Katarina, pourrais-tu me dire ce que tu sais de cette cible?
Nom mais et puis quoi encore? Elle se prenait pour qui cette emmerdeuse? Le jour où je supplierai un noxien pour quoi que ce soit, j’espère que Jarvan aura la bonté de m’achever car je ne pourrais pas tomber plus bas. Je commençais à sérieusement réviser ma décision première, finalement faire équipe avec elle ne pourrait rien m’apporter à part une bonne migraine et je n’avais jamais eu besoin de personne pour traquer mes cibles, contrairement à ce que cette noxienne semblait croire. Croisant les bras sur ma poitrine, je levais un sourcil dubitatif:

– A ton avis, Val, ça vaut le coup ou pas?
Pas de réponse, monsieur semblant toujours décidé à bouder, mais ça n’avait pas d’importance, car malgré ses fanfaronnades, la noxienne avait tout de même décidé de cracher le morceau. Je l’écoutais en silence, repensant à ce que Garen m’avait révélé de ma cible avant mon départ.

– C’est sûr, répondis-je quand elle eut fini. Ils ne sont pas plus de Piltover que tu es une yordle. En tout cas, en ce qui concerne le type que nous poursuivons.
J’insistais sur le "nous" en lui lançant un regard glacial.

– Son accent et sa façon de parler indiquaient clairement qu’il était de Noxus, ou, tout du moins, de la province noxienne. C’est vrai qu’on peut imiter un accent, mais le garder naturellement quand Garen vous "interroge", c’est quasiment impossible. Surtout que … A en croire les informations qu’on m’a transmises, il porterait le tatouage d’une de vos unités d’élite. J’imagine que ça aussi c’est facile à imiter, à moins qu’il n’existe une sorte de tabou à ce sujet.
Personne sur le territoire de Démacia ne se serait amusé à imiter les attributs de nos unités d’élites, c’était même très sévèrement puni et pas mal d’usurpateurs en avaient fait les frais tout au long de l’histoire de la cité, mais allez savoir avec les noxiens. Ils avaient la réputation d’admirer leur armée et d’en vénérer les dirigeants, un tel ornement pouvait ouvrir pas mal de portes. Pouvaient-ils être assez corrompus pour laisser n’importe qui s’affubler d’un tel honneur, si tant est que s’en soit un? La réponse ne me semblait pas évidente, pour l’instant.

– Pour le reste, on ne m’a transmis que des banalités. Il semble être âgé d’une trentaine d’années environ, a probablement connu un voir plusieurs combats violents dont il porte les marques et a l’air parfaitement ambidextre, vu qu’il portait une épée sur sa hanche gauche et une dague sur la droite. Le reste, je l’ai découvert toute seule en le traquant, il mesure environ un mètre quatre-vingt-cinq, pèse dans les quatre-vingt-dix kilos et a le pas sûr et l’endurance d’un homme bien entraîné. A ça on peut ajouter une nette propension à se prendre pour un courant d’air. C’est à peu près tout.
J’évitais d’ajouter que ça semblait corroborer son tatouage élitiste. De toute façon, même si ce type faisait effectivement parti de l’élite de l’armée noxienne, la rouquine ne l’avouerait jamais. Autant ne pas insister.

Après cet échange d’information sans grand intérêt, pour moi tout du moins, la rouquine proposa de prendre un raccourci. L’idée de la suivre sur une piste éloignée de celle de ma cible ne me plaisait absolument pas. Je ne lui fis pourtant pas remarquer qu’on aurait l’air de deux belles idiotes si elle se trompaient et que le type changeait de cap, où tout simplement d’avis, et prenait un autre chemin sans que nous nous en rendions compte. Une maxime que ma mère avait l’habitude de nous dire, à Caleb et moi, quand elle nous envoyait faire une course au village voisin me revint soudain en mémoire: "Les raccourcis font les longs délais". J’espérais de tout cœur que ce ne soit pas le cas cette fois, je n’avais aucune envie de passer avec cette noxienne plus de temps que nécessaire.

Je m’apprêtais cependant à suivre ses indications quand elle se tourna vers moi pour m’imposer un ultimatum: lui confier mon arme où passer devant. Elle était vraiment gonflée celle là. Un peu trop à mon goût. Il fallait croire qu’à Noxus, plus tu étais chiant et plus tu montais vite dans la hiérarchie! Heureusement qu’il n’en était pas de même à Démacia … Quoique, j’avais un doute concernant certains des membres de l’escorte de Jarvan! Mais ça n’avait aucune importance pour l’instant.

– Tu me confierais tes dagues, toi, si je te les demandais? Lançais-je d’une voix froide.
Sans attendre la réponse parce que, pour moi, elle coulait de source, je passais devant elle et prenais la tête de notre petite expédition.

– Garde un œil sur elle, Val, ordonnais-je à mon compagnon tandis qu’il voltigeait au dessus de nous.
Je crus l’entendre répondre d’un petit sifflement à peine audible, signe que, peut-être, il en avait terminé de ses bouderies.

Après quelques minutes, je remarquais que ma compagne de fortune faisait des efforts pour me prouver qu’elle pouvait être plus silencieuse que moi. Levant les yeux au ciel, j’hésitais un instant entre l’imiter où continuer à marcher normalement, juste pour l’agacer. Pourquoi se fatiguer à faire des efforts quand la cible avait tant d’avance sur nous qu’elle était incapable de nous entendre et qu’on aurait certainement besoin de toutes nos forces une fois qu’on lui aurait mis la main dessus? Retenant un soupir, je pris, moi aussi, ma démarche furtive de traqueuse, avançant d’un pas léger et aérien qui faisait à peine bruisser l’herbe sur laquelle je marchais. Remarquant ma démarche précautionneuse, Valor compris qu’il était temps d’être sérieux et adopta, lui aussi, son comportement de chasseur, prenant de l’altitude et évitant de passer au dessus de nous pour ne pas vendre notre position. Dans ces cas-là, il ne descendait même plus pour se percher sur mon bras et ne criait plus qu’en cas d’urgence.

Régulièrement, la rouquine s’arrêtait pour grimper aux arbres, probablement pour scruter les environs et s’assurer que nous suivions toujours la bonne direction ou qu’aucune embuscade ne sous attendait. Je m’arrêtais pour la regarder faire, me gardant bien de lui signaler que Valor était nettement mieux placé pour nous prévenir. Elle ne lui aurait probablement pas fait confiance de toute façon! Elle ne devait voir en lui qu’un vulgaire volatile incapable de comprendre quoi que ce soit, comme la plupart de mes compagnons démaciens. Les idiots!

Nous continuâmes notre route ainsi sur plusieurs kilomètres, sans la moindre halte. Par moment, j’arrachais silencieusement noisettes et noix des branches basses à ma portée et les décortiquaient tout en marchant. Les fruits secs n’étaient pas rares dans les bois et, non content de boucher un petit creux mal venu, ils étaient aussi bourrés d’énergie. Je n’en proposais pas à la rouquine me doutant qu’elle était capable de se débrouiller seule et ne voulant pas avoir l’air de vouloir l’empoisonner. Qui sait ce qui pouvait se passer sous sa tignasse acajou.

Au coucher du soleil, nous atteignîmes enfin la rivière, dont le rugissement furieux nous prévint de sa présence longtemps avant que nos yeux puissent la discerner dans le soir tombant. Là, la noxienne s’arrêta un instant pour juger les possibilités. Valor en profita pour se poser sur mon bras et, toutes bouderies définitivement oubliées, il caressa ma joue de sa tête en ronronnant. Je le caressais à mon tour quand la rouquine se tourna vers nous, des sarcasmes plein la bouche.

– Eh bien, je suppose qu’il y a autant de trouillards chez les démaciens qu’il y en a chez les noxiens, répondis-je avec un sourire carnassier, mais en ce qui me concerne l’eau ne me fait pas peur. Je savais nager avant même de savoir marcher.
Je la vis sortir une corde de son sac et devinais quelles étaient ses intentions. Gonflées et dangereuses mais ça nous ferait gagner un temps précieux, en ça elle n’avait pas tout à fait tort. Fourrant moi aussi une main dans ma sacoche, j’en tirais un carreau spécial utilisable dans ce genre de situation: une fois planté dans une surface, la tête s’ouvrait comme un grappin et garantissait une prise solide et fiable. Je passais l’extrémité de la corde dans l’encoche prévue à cet effet et plaçais le carreau dans l’arbalète en me demandant comment la rouquine se serait débrouillée si je la lui avais confiée. L’autre bord de la rivière était à une cinquantaine de mètres environs, et il commençait à faire très sombre. Les éléments ne jouaient pas en notre faveur, mais je ne m’inquiétais pas outre mesure. J’avais une excellente vue et des années de pratique dans l’utilisation de mon arme. Et je savais qu’en cas d’échec, je pourrais toujours demander à Valor de porter la corde et de l’enrouler autour d’un tronc de l’autre coté, c’était quelque chose qu’il savait faire, je le lui avais appris quand j’avais rejoins les unités d’éclaireurs de l’armée démacienne. Je ne tenais cependant pas à passer pour une idiote aux yeux de la noxienne, non pas qu’elle était déjà fermement persuadé de je l’étais, mais autant lui rabattre son caquet. Je visais soigneusement l’arbre cible avant de décocher mon carreau. Le trait jaillit de l’arbalète avec une force et une vitesse digne de Valor et se planta pile là ou je l’avais décidé. Je tirais un coup sec sur la corde pour tester la solidité de l’ancrage avant de me tourner vers Katarina.

– Après vous, ma chère, lançais-je avec un sourire sarcastique.



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Katarina Du Couteau
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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Mar 31 Mar - 16:57

Visiblement, l’idée de traverser la rivière Serpentine à la nage ne lui faisait pas peur. Bravade, ou inconscience ? Je n’aurais su le dire. Moi-même je n’avais aucun mal à constater le danger qu’une telle entreprise constituait. Que la corde lache, ou que les bras qui la tiennent faiblissent, et les eaux bouillonnantes nous emporteraient, bien trop puissante pour compter y résister. Cela dit, vu le bruit mat qu’avait produit le carreau tiré par Quinn, la prise devait être solide, et je ne m’en faisais pas trop pour ça. Je savais parfaitement de quoi elle était capable avec son arbalète, et si danger il devait y avoir, il risquait plutôt de partir d’une volonté que d’un défaut techniques.

Elle m’invitait à passer devant ? Malgré le sarcasme de sa voix, mes lèvres s’étirèrent en un sourire carnassier, tandis que je la fixait dans l’obscurité qui se glissait tout autour de nous, mes yeux verts luisant dans la pénombre comme ceux d’un chat.

«  Mais avec plaisir », je susurrai sournoisement, en attachant solidement la corde autour de ma taille.

Moi, passer devant me convenait parfaitement. Je n’aurais absolument pas eu confiance à la savoir sur la berge opposée, là où la corde est accrochée, avec moi en train de traverser. Et visiblement, elle avait parlé avant de réfléchir, ou bien elle ne s’en rendait pas compte, mais dans tous les cas, sa stupide fierté de Démacienne l’empêcherait sans doute de revenir sur cette idée après l’avoir formulée, au risque de passer pour une idiote.

Une fois la corde bien fermement accrochée à ma taille, je retirai ma veste et rectifiai la position de mes ceintures, afin de ne pas être gênée par mes lames dans mes mouvements. Me blesser moi-même serait bien la dernière chose à faire. Le cuir allait souffrir de la traversée, mais si je le faisais sécher rapidement, il devrait conserver sa souplesse.  
Bon, bien sûr, elle pouvait toujours demander à son oiseau de décrocher la corde pendant que je traverserai. Mais en faisant ça, elle se priverait de la possibilité de traverser elle-même, et ce serait donc bien idiot de sa part. Et malgré qu’elle soit Démacienne, Quinn était connue pour être une adversaire redoutable, et loin d’être demeurée. Donc je ne m’inquiétais pas trop pour ça.

« Je confierai la corde à Valor une fois de l’autre côté, s’il est d’accord », lui dis-je simplement.

Si son aigle voulait bien accepter de la prendre de mes mains, toutefois. Sion, j’aviserai bien.
M’approchant de la berge, à pas prudents pour ne pas glisser et basculer dans l’eau comme un chien trop curieux, je nouais en queue de cheval mes cheveux vermeils, avant de sauter avec souplesse pour plonger. Immédiatement, avant même de faire surface, je me sentis projetée par les forts courant tentant de m’entrainer, et luttai pour avancer, le plus longtemps possible sous l’eau, ou la force était moins violente. Ce n’était pas la première fois que je me livrai à ce genre d’exercice. J’aimais les défis, et depuis ma jeune adolescence, j’étais toujours en quête de sensation, aussi, j’avais plusieurs fois failli me noyer en sautant de la plus haute falaise de Noxus, communément appelée la baie des naufragés, à cause des courants violents et des rochers saillants en contrebas. J’avais répété l’exercice, inlassablement, malgré les remontrances, jusqu’à le maitriser parfaitement –sans plus jamais avoir à être repêchée -. Aussi, la rivière serpentine, malgré ses forts courants, me paraissait un jeu d’enfant, à l’exception que je devais obligatoirement suivre un sens de nage précis.
Je fini finalement par remonter en surface pour reprendre mon souffle. Malgré ma bonne vue nocturne, j’avais beaucoup de mal à estimer combien de distance j’avais parcouru, mais à vue d’œil, il me semblait avoir franchi une petite moitié. Le plus difficile était maintenant à venir, sans l’impulsion de départ. J’attrapai la corde, la remontant jusqu’à ce qu’elle soit tendue, et me permette de me stabiliser. Sans la lâcher, je luttais, pour nager, en tentant de tirer le moins possible, juste ce qu’il fallait pour ne pas me faire emporter, afin d’éviter tout risque que la prise ne lâche. C’était épuisant, même pour quelqu’un de surentrainé au combat, et bonne nageuse. J’étais en plein dans la partie la plus puissante du courant.

Je ne sais dire combien de temps s’écoula, durant lequel j’avançais, mètre par mètre, m’imposant une cadence régulière, bien qu’évidemment plus lente qu’une nage en eau calme. Ce n’était pas si long, mais face à la puissance déchainée des éléments, les quelques minutes que me dura la traversée me parurent bien plus longue. Enfin, finalement, je parvint à me hisser sur la berge, et prit quelques instants, trempée, pour reprendre mon souffle, et dénouer mes cheveux gorgé d’eau – et douloureusement emmêlés autour de l’elastique – et les essorer. Puis, levant les yeux pour guetter Valor, je dénouai la corde autour de ma taille, afin de le laisser en ramener l’extrémité de l’autre côté. J’aurais aussi pu laisser Quinn en plan et filer, mais je n’avais pour le moment aucune raison de revenir sur ma décision. Et elle avait prouvé qu’elle pouvait avoir une utilité.


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Quinn
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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Ven 17 Avr - 19:23


J'avoue que je fus quand même surprise que la rouquine accepte de passer avant moi sans protester. Je savais parfaitement que c'était dangereux. Ces noxiens étaient de véritables serpents, il ne fallait surtout pas leur faire confiance. Mais je n'avais pas le choix pour le moment. Je savais qu'en la laissant passer devant, je prenais le risque qu'elle coupe la corde pendant que je traversais, mais rien ne disait que si je passais en premier elle n'allait pas essayer de me planter une dague dans le dos et m'abandonner là pour aller traverser plus loin.

D'un œil méfiant, je la regardais passer devant moi pour s'enrouler dans la corde. Elle ôta sa veste et replaça ses ceintures sur ses hanches afin de ne pas être gênée dans sa nage et je pus lancer un regard inquisiteur à son arsenal. Quand enfin elle se lança à l'eau, je l'observais un moment afin de m'assurer que tout allait bien. Valor, qui tournoyait toujours au-dessus de nous poussa un cri plaintif avant de revenir se percher sur mon gant.

– Je sais mon grand, je sais, répondis-je au ronronnement qu'il m'adressa. Ça ne me plaît pas plus qu'à toi, mais pour le moment, il faut faire avec. J'ai une autre corde dans mon sac, au cas où elle ne nous la renverrait pas et il me reste deux grappins.
Non, le  vrai problème ce n'était pas de remplacer ce point de passage de fortune si Katarina s'en allait sans nous renvoyer la corde, c'était ce qui arriverait s'il lui prenait l'idée de couper la corde PENDANT que je traversais. Dans ce cas, même Valor ne me serait d'aucune aide. Il ne me restait qu'à lui faire confiance, ce que mon instinct semblait se refuser à faire pour le moment.

Quand je vis que Katarina arrivait sur l'autre rive après sa pénible traversée, je fis tomber mon sac au sol d'un haussement d'épaule et entrepris rapidement de retirer ma cape et mon gantelet avant de les fourrer dans mon sac en compagnie de mon arbalète et de ma réserve de chargeurs par-dessus. Je sanglais solidement ma sacoche sur mon dos de manière à ce qu'elle ne me gêne pas. Je lançais ensuite un regard vers Valor:

– On se retrouve de l'autre côté, vieux frère!
"Avec de la chance" ne pus-je m'empêcher de penser.

Valor compris ce qu'il lui restait à faire. En trois coups de ses puissantes ailes, il traversa la rivière en furie et décrivit un cercle au-dessus de Katarina. La noxienne lui envoya la corde, comme elle l'avait déclaré. Je vis Val la saisir entre ses serres et revenir vers moi. Il lâcha la corde juste au-dessus de moi et je l'attrapais d'un geste. Elle était détrempée et glissante, je compris que ça n'allais pas être une partie de plaisir. J'enroulais la corde autour de ma taille et m'avançais vers l'eau qui bouillonnait furieusement contre les rochers. Val poussa un cri derrière moi et je lui adressais un signe de la main.

– Ca va aller, Val, assurais-je.
Mais à l'intérieur j'étais loin de me sentir aussi assurée que j'essayais de le paraître et je savais que Val le sentait. Au moment où j'entrais dans l'eau, il se mit à décrire des cercles au-dessus de moi, comme pour me protéger. Mais s'il devait se produire quelque chose, il ne pourrait rien faire pour m'aider. Il essayait juste de me rassurer et de se rassurer en même temps.

Je pris une longue inspiration et m'élançais dans le courant en essayant de ne pas trop réfléchir. Le froid glacial de l'eau me coupa le souffle et il me fallut faire un effort pour parvenir à reprendre une respiration à peu près normal. Le courant était rapide, furieux et me ballotait en tous sens comme une vulgaire poupée de chiffons. Je ne pouvais pas faire grand-chose à part m'accrocher à la corde et avancer, lentement, laborieusement, centimètre par centimètre, tirant sur mes bras et battant désespérément des jambes pour m'aider. Je sentais le froid commencer à me paralyser, mes muscles tétanisés se rebellaient déjà et je n'étais même pas encore à mi-parcours. Au-dessus de moi, j'entendis à peine Val pousser un cri couvert par le rugissement des eaux furieuses. Mes doigts gourds glissèrent sur la corde et je me sentis emporter par le courant. J'avalais une pleine gorgée d'eau. Ca ne dura qu'une seconde à peine, mais la peur m'envahit aussitôt et je resserrais désespérément ma prise sur la corde. Il fallait que j'avance, coûte que coûte, sinon je ne m'en sortirai jamais.

Forçant sur mes bras et mes jambes, en essayant de ne pas penser à l'eau glaciale qui me ballotait d'un côté et de l'autre, je parvins à progresser d'un mètre, puis d'un autre, et d'un autre encore. J'étais épuisée mais je ne voulais pas lâcher prise, je ne pouvais pas lâcher prise. Pas maintenant, pas ici. Cette rivière n'aurait pas ma peau, hors de question! Il me restait encore tant de choses à faire. Je ne pouvais pas mourir ici, pas avec une noxienne comme témoin. Je ne pouvais pas faire faut bon à Jarvan et aux autres. Il fallait que remplisse ma mission et que je rentre avec les renseignements que ça m'aurait appris. Je devais vivre. Il le fallait. J'avais promis à Jarvan que je reviendrai avec ce type.

C'est dans un état second que je sentis enfin mes pieds toucher le gravier de la rive. Je me hissais sur les quelques mètres restant avant de me laisser tomber sur la pierre, le corps secoué de frissons dû au froid autant qu'à la nervosité. Il me fallut un instant pour reprendre mon souffle et parvenir à maîtriser mes nerfs. Valor se percha près de moi et je l'entendis pousser un petit sifflement inquiet. Je le rassurais d'une caresse. Quand je me sentis un peu mieux, je me redressais péniblement et lançais un regard à la noxienne, tout en essayant de détacher la corde de mes doigts rendus malhabiles.

– Et maintenant? Fis-je d'une voix enrouée, éraillée après avoir bu la tasse au moins dix fois.
Une partie de moi espérait qu'elle nous lasserait quelques minutes pour récupérer, sécher nos vêtements dégoulinants et nous  réchauffer mais je savais que ça ne risquait pas d'arriver.



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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Ven 17 Avr - 22:19

Son aigle avait visiblement compris ce qui était attendu de lui, et attrapa la corde, manquant de m'érafler le bras au passage, ce que j'évitais de justesse. L'animal n'avait probablement pas une grande sympathie pour moi, ce qui était compréhensible, mais si je pouvais éviter de me prendre une griffe dans la peau, c'était préférable. Je le guettais du coin de l'oeil tandis qu'il la ramenait à sa partenaire, toujours en essorant ma longue crinière rousse. Quelques instants plus tard, et je n'avais plus, qu'en guise d'indice pour surveiller la traversée, que les mouvements régulières sur la corde qui se tendait lorsque Quinn, dont les forts courant la faisaient disparaitre sous la surface, tirait dessus pour se hisser vers la berge, seul signe qu'elle était toujours vivante. Bien sûr, les eaux des côtes Démaciennes, et leurs plages de sables, étaient bien plus calmes que écumes furieuses des falaises de Noxus, de l'autre côté du continent. Même un excellent nageur n'était pas habitué à devoir jouer contre les courants violents, là bas. La jeune femme semblait peiner, mais avançait tout de même, ces pressions sur la cordes en étaient bien la preuve après tout.

Un léger bruit de craquement attira mon attention, me faisant tourner la tête, ce qui eut pour effet de projeter de nombreuses goutelettes d'eau depuis mes cheveux partout autour de moi, vers la direction du point d'ancrage de la corde. Impuissante, trop loin pour l'attraper, je vis soudainement, dans un claquement sec, la prise lâcher, et la corde se détendre comme un ressort, vers la rivière retombant au sol et entrainée rapidement, sans plus aucun moyen de la retenir face aux courants déchainés.

Instinctivement, sans prendre le temps de réflechir une seconde, je me jetai à plat ventre pour tenter d'en attraper le bout, avant qu'il n'ait disparu dans les flots. Si mes doigts manquèrent la corde, je put sentir le contact froid du carreau d'arbalète toujours accroché au bout de la corde sur ma peau, sous ma peau. La douleur ne vint pas de suite, et je ne m'aperçus pas que le métal coupant venait de s'enfoncer dans ma chair quasiment jusqu'à l'os, tandis que la paume de ma main droite se refermait dessus avec fermeté, mon bras soudainement entrainé d'un coup sec vers l'avant, par la pression du courant qui entrainait Quinn. Grimaçant, luttant de tout mon corps, je tirai sur le carreau pour attraper la corde rugueuse de mon autre main, m'apercevant enfin que la droite dégoulinait de sang sur mon poignet.

J'enroulai la corde autour de mes doigts pour m'assurer une bonne prise, avant de lâcher le carreau, et d'observer les dégâts. Ma main était si couverte de sang, qui coulait depuis mes phalanges et ma paume, que je ne pouvais même pas distinguer la profondeur, mais vu la douleur qui commençait à m'envahir, et l'engourdissement de mes articulations, je pu deviner que je ne m'étais pas manquée. Mais ce n'était pas le plus urgent. Pour le moment, je ne pouvais pas laisser Quinn, même si c'était une Démacienne, se faire entrainer par le courant ainsi, ni moi-même me faire entrainer avec pour elle. Posant le pied sur un rocher pour me servir d'appui, je commençais à tirer sur la corde, y mettant toutes les forces que je pouvais procurer de mon bras indemne. Elle me brulait douloureusement la paume, y imprimant une profonde marque rouge, et la force de l'eau tentait de m'entrainer avec. Usant de toutes mes forces, je parvins cependant à tenir bon, et centimètre par centimètre, à ramener la corde vers moi tandis que la Démacienne continuait de la remonter, jusqu'à la voir s'accrocher sur la berge, saine et sauve, et crachant des gorgées d'eau. Pas trop tôt.

Je me désintéressai de son sort. Elle était vivante, elle était capable de se debrouiller, maintenant. Lentement, je retirai la corde que j'avais enroulé autour de ma main au fur et à mesure que je la remontais. Ma paume était imprimée de profondes brulures rouges et douloureuses... Ce qui restait un bien meilleur état que mon autre main, qui saignait toujours abondamment. Je jurai entre mes dents en apercevant la flaque de sang qui s'était formée à mes pieds, et en réalisant que je ne parvenais plus à remuer les doigts.

Je me rapprochai de la rivière pendant qu'elle s'ébrouait et retirait la corde, pour y tremper mes deux mains, qui en avaient bien besoin. Autour de la droite, le flot bouillonnant se teinta de rouge, et me permis d'apercevoir les profondes plaies. Trois de mes doigts avaient été sectionnés, quasiment jusqu'à l'os. Ma paume était creusée jusqu'au tendon du pouce, qui était visiblement, purement et simplement tranché. Ajoutez à cette vision la fatigue de la traversée et l'importante perte de sang, et je sentis soudainement ma tête tourner, manquant de basculer dans l'eau, et poussant sur mes chevilles au dernier moment pour atterrir assise sur la berge, en sécurité.

- Maintenant, je lançais les yeux fermés, pour répondre à sa question. Si tu pouvais m'amener les bandages qui sont dans mon sac, ça m'arrangeait...

Visiblement, trop occupée à tenter de trouver un peu d'air, elle n'avait rien suivi de la bataille à laquelle je venais de me livrer sur la berge. Sans doute le comprendrait-elle rapidement en apercevant le carreau sorti de son arbre et couvert de sang.


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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Lun 27 Avr - 15:05


Grelottant et frissonnant, je me redressais lentement, épuisée, et laissais la corde tomber sur le sol pour m’avancer vers ma partenaire du moment. Valor poussa un petit cri soulagé et fonça sur moi pour se poser sur mon bras. Il frotta sa tête contre ma joue et je le caressais rapidement en lui murmurant des paroles rassurantes. C’est à ce moment que j’entendis enfin la voix de la noxienne. Ça me tira aussitôt de cet état second dans la lequel la traversée m’avait plongé. Sa voix ne me sembla pas normale et, levant la tête, je la vis étendue sur le sol, non loin de la rive.

– Katarina?
Je m’approchais lentement, méfiante au cas où il s’agissait d’une ruse. Mais ce n’en était pas une, ou alors c’était une sacrée comédienne! M’approchant je remarquais les traînées de sang sur le sol et le long de ses mains. Je me précipitais près d’elle.

– Qu’est-ce qui s’est passé?
M’agenouillant à ses coté, je pris l’une de ses mains dans les miennes pour l’examiner. C’était moche, très moche. Je n’étais pas médecin mais j’avais quelques connaissances, assez pour pouvoir soigner mes blessures sans avoir à regagner la première ville venue pour trouver quelqu’un capable de le faire.

– Attends, j’ai ce qu’il faut.
Jetant mon sac au sol, je l’ouvris et fouillais rapidement dedans, jetant sur le coté tout ce qui me gênait, à commencer par ma cape et mon arbalète, que je gardais toutefois à portée de main. Il ne me fallut pas longtemps pour trouver ce que je cherchais, une boite étanche dans laquelle je gardais un nécessaire de premier secours. Heureusement tout était encore sec. J’en tirais deux rouleaux de bandage et deux fioles de potion. Après en avoir décapsulée une avec mes dents, j’attrapais l’une des mains blessées de la noxienne et versais le liquide rouge directement sur ses plaies. Habituellement on les avalait, mais l’effet en était plus lent et moins radical. J’en fis autant avec son autre main avant de soigneusement les enrober dans les bandage.

Si quelqu’un m’avait dit qu’un jour je soignerais les blessures d’un noxien, je l’aurais certainement pris pour un fou!

Me redressant, je scrutais le ciel. Il ne devait pas être tard. Pas plus de neuf ou dix heures. Cette fichue traversée nous avait fait gagner quatre ou cinq heures. Nous pouvions donc nous permettre une petite pause. Nous avions toutes deux besoin d’un peu de repos et de sécher nos vêtements. Ce n’était certainement pas dans cet état que nous allions pouvoir arrêter ce type.

– Repose-toi un peu, je reviens tout de suite.
Sifflant Valor, je me dirigeais vers la ligne des arbres qui bordait la rive et m’engouffrais entre leur tronc sans la moindre hésitation. Il ne me fallut pas de temps pour récolter assez de bois mort pour faire un feu. J’envoyais même Valor chasser quelque chose. Il revint avec un lapin bien gras entre ses serres. Ce serait suffisant.

Revenant auprès de la noxienne, je préparais rapidement le feu et l’allumais grâce à un briquet à silex qui avait échappé à la noyade. J’accrochais le lapin à une branche basse pour le vider et le dépiauter. Quelques minutes plus tard, il rôtissait au dessus des flammes sur une broche improvisée.  Ce n’étais pas très discret, j’en avais conscience, mais pour le moment, je m’en moquais. J’étais trempée comme une soupe, frigorifiée, et affamée. J’avais vraiment besoin de me sécher. Et tant pis si la noxienne n’était pas d’accord. Au point où j’en étais, je me fichais complètement de ce qu’elle pouvait penser. Si elle était si pressée de mettre la main sur ce type, elle pouvait y aller seule. Dans son état j’aurai vite fait de la rattraper.



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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Mar 28 Avr - 19:20

Trempée, je commençai à trembler de froid. La perte de sang m'affaiblissait, et me faisait tourner la tête, mais je ne devais pas montrer le moindre signe de faiblesse face à une Démacienne. Surtout que je ne pouvais pas espérer me battre à doubles lame avec une main dans cet état, je ne parvenais même plus à bouger les doigts, et une douleur lancinante me parcourait.

" Il s'est passé que le carreau s'est détaché de l'arbre, et que je l'ai rattrapé au vol ", grommelai-je à sa question.

Je n'aimais pas me sentir dans une telle position de faiblesse mais je n'avais pas trop le choix, aussi, je la laissais me verser le liquide rouge sur la paume. Il picotait légèrement, mais je senti rapidement la douleur s'atténuer, à mon grand soulagement. Sans doute s'agissait-il d'un de ces remèdes qu'on trouvait à l'Institut. En tout cas, c'était frais, et apaisante, et sans faire de miracles, je comptais sur son effet pour empêcher les profondes plaies de s'infecter. Les dents serrées, je contenais ma douleur pendant qu'elle bandait ma main, dont le saignement avait légèrement diminué sous l'effet du produit. Mais je continuais à en perdre, et mes forces n'allaient pas aller en s'améliorant.

Ses gestes étaient étrangement doux et soigneux. Elle fit de même avec mon autre main, qui n'en avait pas tant besoin, mais qui eut quand même pour effet d'apaiser la brulure, et de protéger la peau sensible.

" Merci "

Je la laissai m'éloigner, la tête tournant, dans le gaz, et tremblante de froid. J'avais horreur de dépendre de quelqu'un, mais sur le coup, mieux valait que j'économise mes forces, que je sentais affaiblies. Elle ne fut pas longue à revenir, et à allumer un feu, qui était le bienvenu pour nous réchauffer et nous sécher. De toute façon, nous avions de l'avance, et d'après mes estimations, nous avions au moins cinq heures devant nous pour rejoindre un point de passage à moins d'une heure de notre position, ou notre homme serait forcé de se rendre s'il voulait s'éviter l'exercice de l'escalade d'une paroi rocheuse. Ce passage étroit était le lieu parfait pour cueillir quelqu'un au passage, en se plaçant judicieusement pour le coincer entre elles. Même dans le pire des cas, si nous étions en retard, il ne serait pas difficile de retrouver sa trace.

L'odeur de la viande cuisant à la broche me fit saliver. Je n'avais pas vraiment pris le temps de m'arrêter pour manger ces derniers jours, concentrée sur ma traque, et j'étais affamée. Je ne savais pas si la Démacienne avait l'intention de partager sa prise, et je n'avais pas l'intention de lui demander. Par pur fierté. Je ne voulais pas dépendre d'elle, après tout, j'avais encore assez de forces pour aller chasser à mon tour. Mais les utiliser pour ça risquerait de me ralentir pour la suite, aussi, je me contentai de m'allonger près du feu, laissant les flammes diffuser leur douce chaleur pour me réchauffer, et sécher mes vêtements et mes cheveux trempés. Mon bandage, lui, était déjà couvert de sang, aussi, je le défis précautionneusement, afin de le remplacer par celui de mon autre main, qui lui, était immaculé. Je frissonnai sous la douleur, l'inflammation ayant commencé à se répandre, et ne me facilitant pas la tâche.


Marche bien droit sur les lames, sans pouvoir verser une larme
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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Ven 15 Mai - 1:06


Curieusement, la noxienne ne se plaignit pas de ce contre temps. Elle sembla même plutôt soulagée que j’allume le feu. Elle n’avait pas l’air bien du tout, la lueur des flammes faisait ressortir la pâleur de sa peau. Le bain glacé, la perte de sang, la fatigue … tout ça semblait lui tomber dessus d’un seul coup mais je me gardais bien de faire la moindre remarque. Je me sentais lasse, moi aussi, et j’étais frigorifiée. La chaleur du feu me faisait du bien. L’odeur alléchante de la viande en train de rôtir me faisait saliver et je me sentis soudain rougir quand j’entendis mon estomac lancer une plainte sonore. A quand remontait mon dernier repas? ...A mon départ de Démacia? Je ne savais plus mais je me rendis soudain compte que j’étais morte de faim.

Tandis que je jaugeais la cuisson de la viande à l’aide d’une brindille, Valor se posa silencieusement près de moi, un écueil entre ses serres. Je me demandais comment il avait pu l’attraper dans l’obscurité tout en le regardant pensivement attaquer sa proie à grands coups de becs. Il nous arrivait parfois de chasser ensemble quand nous étions en mission et que le temps nous le permettait. Mais la plupart du temps je devais me contenter de rations de campagne en regardant mon compagnon dévorer ses proies. Il était rare que je me permette de faire un feu pour faire cuire mes repas. Mais cette fois c’était différent. Mon regard glissa à nouveau vers la noxienne. Je lui aurais bien proposé une couverture mais je doutais qu’elle accepte et, de toute façon, celle que je transportais était aussi trempée que le reste de mes affaires.

Tandis que le lapin cuisait tranquillement sur la flamme, je tirais mon sac vers moi et renversait son contenu sur le sol. Je fis le tri dans mes affaires et jetais tout ce que l’eau avait abîmé, avant d’étaler mes vêtements de rechange et la couverture sur le sol pour qu’ils sèchent plus facilement. Je fus soulagée de constater que mon journal était intact, protégé par son enveloppe étanche. Je le reposais après l’avoir rapidement feuilleté ne voulant pas m’en servir devant la noxienne. Quand j’eus fini ma tâche, je constatais avec satisfaction que le lapin était cuit à point. Sortant une lame de ma ceinture, j’en découpais un petit morceau pour y goûter. Un peu fade, mais ça irait.

– Tu en veux? Demandais-je à la rouquine en découpant une patte. J’ai déjà fais mieux, mais c’est tout ce que je peux faire avec ce qu’on a. Au moins c’est chaud. Ca te fera du bien.
Ce n’était pas parce qu’elle était noxienne que j’allais la laisser le ventre vide. Même si elle refusais, j’aurais au moins fait ce qui me paraissait juste.

Je découpais le lapin en plusieurs morceaux que je déposais sur un bout d’écorce qui ferait office de plat. Saisissant un morceau avec mes doigts, je l’enfournais dans ma bouche. J’avais déjà été obligée d’avaler des trucs nettement moins agréables au cours de mes traques, des larves d’insecte notamment. Je sentis un frisson de dégoût me remonter le long du dos à cette pensée.

– Ce n’est pas empoisonné, tu sais, ajoutais-je à l’adresse de la noxienne. Après le repas je referai ton pansement. Ensuite, on essaiera de se reposer deux où trois heures. Je crois qu’on en a autant besoin l’une que l’autre.
Valor avait terminé son repas. Il s’envola d’un coup d’aile et se percha sur une branche au dessus de moi pour nous regarder manger à son tour. Je savais que dans ce genre de situation, il se chargeait de surveiller les environs pour moi. Il était comme mon ange gardien.

Après avoir terminé mon repas, et avoir jeté les os dans le feu en même temps qu’une branche morte, je tirais deux pommes de mes affaires. Tout en croquant dans l’une, je proposais l’autre à la rouquine. Jetant à coup d’œil à mes réserves je me surpris à espérer qu’on attrape ce type rapidement, sinon je serais encore obliger de me gaver de noix et de fruit secs. Ce que je préférais autant éviter.

Je mâchonnais pensivement ma pomme en regardant les première étoiles percer le voile de la nuit lorsqu’un bruit me fit sursauter. Valor s’envola en poussant un cri d’alarme et je bondis aussitôt sur mes pieds, m’emparant de mon arbalète dans la foulée. Des craquements provenaient d’un buisson qui s’agitait comme si quelque chose essayait d’en sortir. Je pointais mon arme dans cette direction en retenant mon souffle.

Qu’est-ce qui allait nous tomber dessus, cette fois?



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MessageSujet: Re: Tel est pris ... [PV Kata]   Jeu 28 Mai - 13:00

Ma mission était plus importante que mes sentiments et considérations personnels. Ma fierté n'avait aucune place dans ma décision, et j'acceptai d'un hochements de tête la viande qu'elle me proposait, me fendant même d'un remerciement poli. Pour être efficace, je devais manger. Pour manger, je devais accepter. Il n'y avait pas lieu d'aller chercher plus loin, quant bien même je devais accepter quelque chose venant d'une Démacienne. Après tout, autant profiter de leur stupide sens de l'honneur, et si elle était assez stupide pour m'aider, alors je n'avais aucun scrupule à profiter de sa bêtise.

Le jus de la viande brulant sur mes papilles, la chair chaude emplissant mon estomac... Il n'y avait pas meilleure sensation, lorsqu'on est affamé et affaibli. Et il était primordial que cet affaiblissement passe au plus vite. J'avais perdu du sang, il devait se reformer. J'avais une main qui me rendrait le combat difficile, je devais être bien nourrie et alerte pour utiliser seulement l'autre en attendant que la blessure soit suffisamment refermée. Quant à son commentaire sur l'empoisonnement, je savais qu'il n'y avait pas de risque, puisque j'avais surveillé tous ses faits et geste durant la préparation. Par contre, le ton qu'elle employait commençait sévèrement à m'agacer. Elle était en train de s'improviser leader de la petite troupe que nous formions à nous deux, à dire ce que nous devions ou non faire, place que je n'étais pas du tout prête à lui laisser. Elle m'avait déjà fait perdre assez de temps comme ça.

" J'ai deja fait mon pansement ", gromellai-je en montrant ma main nouvellement bandée. " Et on va surtout décider de ce qu'on fait. On a de l'avance sur lui, et on peut l'intercepter. Mais j'ai pas l'intention de te laisser l'arrêter, je veux voir ou il va, et qui il rejoint. Mais pour ça, faudra qu'il arrête de se sentir suivi "

A la chaleur du feu, mes affaires commençaient à être moins humides et glaciales, à mon grand soulagement. Passant mes doigts dans mes cheveux pour les démêler rapidement avant qu'ils ne soient secs, je surveillai distraitement les alentours, ignorant la douleur lancinante qui me traversait les mains. Je savais vivre avec la douleur. Il ne s'agissait pas de ne plus la ressentir, mais simplement, de savoir qu'il ne s'agit que d'un message que le corps nous envoie, rien de plus. Et a partir de là, la ressentir sans se focaliser dessus, et la garder comme compagne de route.
Je refusai la pomme qu'elle me proposait. Je ne savais pas d’où elle la sortait, et celle là pouvait très bien être empoisonnée, par contre. Et puis, la viande me suffisait pour reprendre des forces, pas besoin de plus. En plus, ses mâchonnements m'agaçaient. J'avais une sensation me parcourant l'échine, comme si un présence était apparue dans les environs et nous observait. Oui, il y avait quelque chose dans le coin, j'en étais certaine. Lentement, je portai la main à ma ceinture pour me saisir d'une lame courte, que je gardai entre mes doigts. Un instant plus tard, nous tournions simultanément la tête vers un buisson, qui se mit à s'agiter.

Silencieusement, je me rapprochai à sa suite, le métal serré entre mes doigts. Et puis, soudainement, je vis avec sidération un yordle chapeauté et armé d'une sarbacane sortir avec un grand sourire, les yeux fermés, poser son sac à dos au sol, en sortir un champignon, le déposer dans le buisson, puis reprendre son sac, et s'éloigner d'une démarche militaire, comptant joyeusement "1, 2, 3, 4 !" à chacun de ses pas, s'éloignant rapidement.

La scène incongrue n'avait pas duré plus de trois secondes, que j'avais observée, sourcils haussés et la bouche ouverte dans une expression éberluée. Avant même que je n'ai le temps de réagir à cette étrangeté, il avait disparu, et tournant les yeux vers Quinn, je la vis tirer à peu près la même expression de surprise que moi.

"Euh... Ok" me contentai-je de lacher, toujours sous la surprise. Il n'y avait visiblement plus rien d'autre aux environs, aussi, je retournai m'asseoir près du feu, clignant des yeux pour remettre de cet évênement incongru, commençant à me demander si je n'avais pas rêvé.
Peu importe. Je ne devais pas me laisser perturber par un stupide Yordle ayant croisé notre chemin par hasard. J'avais mieux à faire.

" Profitons du feu pour nous sécher encore quelques minutes. Ensuite, on se mettra en chemin, pour s'arrêter au passage du col ou notre homme devra forcement passer. On l'attendra sûrement un moment là bas, on pourra s'y reposer, mais autant être certaines de ne pas le manquer. "

Et si ça ne lui allait pas, "nous" deviendrait "je". Ce n'était pas une Démacienne qui allait m'empêcher de suivre ce type et de remonter jusqu'à son repère.


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